Jamal Serhane Notre “petit juge” à nous

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par @@@, 2 Juin 2009.

  1. @@@

    @@@ Accro

    J'aime reçus:
    252
    Points:
    83
    Le juge Jamal Serhane n’a pas attendu le sit-in très controversé d’un groupe d’avocats de Casablanca pour faire l’actualité. Il y a des années de cela qu’il asuscité l’intérêt de l’opinion publique nationale et focalisé l’attention des médias. Pour des affaires judiciaires touchant à la gestion de la chose publique et des faits historiques à caractère hautement politique. On a alors découvert un juge qui est devenu, au fil du temps, une figure emblématique de la magistrature en général et de la justice assise en particulier. Il faut croire qu’il en avait la vocation.Ce natif de Casablanca, un 3 décembre 1960, d’extraction m’dakra, dans la Chaouia nord, a commencé sa carrière par le commencement. Une licence en droit, puis l’Institut supérieur de la Magistrature. Il a gravi tous les échelons de son corps de métier, au rythmedes compétences qui lui sont reconnues et de la qualité du travail accompli. À 48 ans, il atteint le grade exceptionnel, habituellement décerné aux magistrats en fin de carrière. Pourtant son parcours est ce qu’il y a deplus professionnel, à travers les méandres de cette grande institution.Après un passage par le parquet de Marrakech (1990-1992), puis le tribunal de Salé (1992-1995), il renoue avec le parquet à Casablanca (1995-1999)où il assiste aux péripéties de l’assainissement avec Noureddine Riahi et Abdallah Hamoud. Il sera d’ailleurs le substitut de ce dernier à la Cour spéciale de Rabat. Une fois celle-ci dissoute, il sera nommé juge d’instruction à Casablanca.Entre temps, Jamal Serhane fera beaucoup de stages à l’étranger, notamment en France et aux Etats-Unis. Il se spécialisera dans la délinquance financière. Ce sera, désormais, son domaine d’action et de prédilection toute judiciaire. Il n’a d’autre motivation que la lutte nécessaire et salutaire contre l’abusdes biens sociaux, la dilapidation des deniers publics, la fraude fiscale et l’enrichissement illicite. Avec cette obligation de droit qui impose la stricte observance du Code de procédure pénale et du Code pénal aussi bien pendant l’instruction que durant d’éventuels procès. Les publications de Jamal Serhane sur le sujet font autorité. La dernière en date, qui sera incessamment dans les librairies, porte, précisément, sur le droit des présumés coupables au cours de l’instruction.Sa notoriété scientifique établie, en matière de droit, Jamal Serhane héritera des dossiers les plus épineux. Il a eu ainsi à instruire l’affaire fleuve dite Slimani-Laâfora pour laquelle il demandera un complément d’enquête en Suisse à propos du principal plaignant, Jean Victor Lovat. Un travail d’épluchage, de feuilletage, de rapprochement, de recoupement,tout autant que d’érudition juridique, qui en révélera des vertes et des pas mûres et qui fera “des petits” au fur et à mesure que l’instruction avançait. Les rebondissements à répétition, parfois spectaculaires, donneront matière à la presse et tiendront en haleine le public.S’en est suivie une avalanche d’autres affaires, aussi scandaleuses et aussi croustillantes les unes que les autres. La CNSS, la BNDE, le CIH,la CNCA, le dénommé Bin el Oui-dane, gros bonnet du trafic de drogue, et, tout récemment, le réseau de narcotraficants de Nador où des agents d’autorité et des officiers de l’armée sont impliqués. Et puis il y a le dossier récurrent de Mehdi Ben Barka. Ce sont là de véritables feuilletons judiciaires révélateurs de la nature d’une époque, de son système de gouvernance et des mœurs qui y ont prévalu. L’instruction conduite par Jamal Serhane a eu à démêler un écheveau inextricable pour séparer le grain de l’ivraie. Sur l’affaire Ben Barka, par exemple, Jamal Serhane a eu maille à partir avec le juge français Patrick Ramaël, entré au Maroc sous une fausse déclaration à la police, pour mener sa propre enquête, dans la clandestinité. Drôle de manière de faire valoir sa requête pour une commission rogatoire. Ce type de commission devait être à plus forte raison reconnu à la justice marocaine pour qu’elle puisse enquêter au pays où Ben Barka a disparu,à savoir la France; Paris ne l’entend pas de cette oreille. Un blocage de 44 ans dont a hérité Jamal Serhane.Ceci pour dire que si les Français ont “leurs petits juges”, nous en avons, nous aussi, les nôtres. L’un d’eux s’appelle Jamal Serhane et il fait presqu’un mètre quatre-vingt.




    http://www.maroc-hebdo.press.ma/edito.html
     

Partager cette page