Je rumeur, tu rumeur

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par @@@, 16 Octobre 2010.

  1. @@@

    @@@ Accro

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    On dit Fouad Ali El Himma malade, mais peut-être qu’il est plus victime de la rumeur que d’un état de santé supposé fragile


    On dit que, il paraît que et il est sûr que. La rumeur enveloppant Fouad Ali El Himma a fait plusieurs fois le tour du Maroc. Elle se répand comme une traînée de poudre depuis l’été, et plus encore depuis la rentrée parlementaire.

    Parce qu’on l’a aperçu, hein, on l’a criblé de flashs lors des inévitables séances photo, on l’a vu sacrifier aux interminables rounds de salamalecs, on l’a vu sourire comme d’habitude, c'est-à-dire de toutes ses dents.

    Mais au final, le bain de foule de Mister El Himma n’a servi qu’à accélérer le “mouvement”. Parce que le bruit enfle, enfle, au point de ressembler à une grosse tumeur... Même les pensionnaires de l’hémicycle, élus ou simples fonctionnaires, relaient les chuchotements avec ce plaisir malin qui est le propre des usagers du téléphone arabe.

    Il y a forcément quelqu’un qui l’a vu de près, qui lui a serré la main, ou qui a parlé à quelqu’un qui le connaît. Elles sont nombreuses les “sources” qui croient savoir et cherchent à le dire. Toutes ces bonnes âmes se montrent impitoyables : elles vous informent et vous sondent à la fois. Ça gave grave et ça finit par ressembler à un petit jeu. On vous dit “il paraît que…”. Et on attend que vous apportiez un complément d’information, une confirmation, voire une approbation.

    Alors il faut dire “oui je suis au courant”, il faut jouer à celui qui sait, c’est la moindre des choses. Cela prouve que vous êtes dans le coup, connecté, informé. Si le relayeur reste suspendu à vos lèvres, il ne faut pas hésiter à aller plus loin, glissant un commentaire personnel ou une analyse express. Quitte à dire n’importe quoi, ne faites surtout pas celui qui ne sait pas, votre cote d’estime risque une chute aussi libre qu’instantanée.

    Ce petit jeu de société vous plonge, bien malgré vous, dans une spirale infernale. Les langues se délient et elles sont généralement mauvaises. Vous en venez, ironie de la situation, à vous apitoyer sur le sort d’un personnage puissant, que l’on dit malade, mais qui est plus victime de la rumeur que d’un état de santé supposé fragile.


    Par Karim Boukhari


    http://www.telquel-online.com/443/bloc_notes_443.shtml
     

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