Kirkouk aux mains des Kurdes, les djihadistes vers Bagdad

Discussion dans 'Info du monde' créé par dul2, 13 Juin 2014.

  1. dul2

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    BAGDAD/ERBIL Irak (Reuters) - Les forces kurdes ont pris jeudi le contrôle de Kirkouk dans le nord de l'Irak, profitant de la débandade de l'armée régulière face aux progrès spectaculaires engrangés par les rebelles de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), qui avancent vers Bagdad et menacent l'Irak d'implosion.

    A Mossoul, la deuxième ville du pays dont la prise, mardi par l'EIIL, a sonné le déclenchement d'une offensive éclair des djihadistes le long des rives du Tigre en direction de la capitale, les insurgés sunnites ont paradé à bord de Humvees abandonnés par les soldats en fuite. Deux hélicoptères également capturés par les rebelles survolaient la scène

    La télévision publique irakienne a diffusé par la suite des images aériennes de chasseurs de l'armée de l'air tirant des missiles sur des cibles ennemies à Mossoul.

    Au sud de Mossoul, les djihadistes ont fait tomber une à une des localités le long du Tigre, dont Tikrit, le fief de Saddam Hussein.

    Ils contrôlaient certains quartiers de la petite ville d'Oudhaïm, à 90 km au nord de Bagdad, où les milices chiites mobilisent leurs hommes, au risque d'une répétition du sanglant conflit de 2006-2007 entre partisans des deux grands courants de l'islam.

    Des camions de volontaires chiites en uniforme roulaient jeudi vers la ligne de front pour défendre la capital.

    L'offensive éclair de l'EIIL, groupe dissident d'Al Qaïda dont l'objectif est d'établir un califat sunnite englobant une grande partie de l'Irak et de la Syrie, menace l'unité irakienne comme jamais depuis le départ des derniers soldats américains du pays en 2011.



    MALIKI DÉNONCE UN "COMPLOT"

    Le parlement s'est réuni en session extraordinaire pour voter l'état d'urgence, mais le quorum n'a pas été atteint, reflet des profondes divisions qui minent l'exercice du pouvoir à Bagdad, où le Premier ministre chiite Nouri al Maliki ne semble plus compter sur une armée gouvernementale démoralisée et corrompue.

    Nouri al Maliki a estimé que la chute de Mossoul découlait d'un "complot" et a assuré que les soldats qui avaient abandonné leurs postes seraient punis. Des Irakiens se portent volontaires dans plusieurs provinces pour rejoindre les rangs de l'armée dans leur lutte contre EIIL, a-t-il dit par ailleurs. Les insurgés sunnites ont déjà pris en début d'année le contrôle de Ramadi et Falloudja et d'une bonne partie de la vallée de l'Euphrate à l'ouest de Bagdad.

    Ils s'emploient également à faire disparaître les marques de la frontière entre l'Irak et la Syrie, témoignent des habitants au poste-frontière de Rabia.

    Les forces kurdes ont annoncé de leur côté qu'elles contrôlaient désormais la totalité de la grande ville de Kirkouk, après le retrait des forces irakiennes.

    Les Kurdes rêvaient depuis longtemps de mettre la main sur Kirkouk et ses immenses réserves pétrolières. Ils considèrent cette métropole de 1,2 million d'habitants, située juste en dehors de leur région autonome, comme leur capitale historique, et des unités de "peshmerga" y étaient déjà présentes, face aux troupes de Bagdad. Environ 500.000 Irakiens ont fui Mossoul, ville de deux millions d'habitants, et la province environnante, Ninive, cherchant pour une grande part refuge au Kurdistan autonome.



    "MENACE RÉGIONALE"

    Le Conseil de sécurité des Nations unies devait se réunir à 11h30 (15h30 GMT).

    L'ambassadeur d'Irak en France a demandé aux grandes puissances un soutien militaire. Le Conseil de sécurité doit "soutenir l'Irak parce que ce qui se passe en Irak est une menace pas seulement pour l'Irak mais pour toute la région", a dit Fareed Yassin sur France Inter.

    A Paris, le Quai d'Orsay a estimé que "la situation en Irak (était) très préoccupante et fai(sai)t peser une menace sérieuse pour la stabilité de toute la région".

    Même son de cloche à Moscou, où la Russie a jugé menacée l'intégrité territoriale de l'Irak.

    Les combats en cours ont fait grimper les cours du brut, même si le ministre irakien du Pétrole, Abdoul Karim Louaïbi, assure que les principales installations pétrolières irakiennes sont concentrées dans le Sud chiite et "très à l'abri".

    La plus grande raffinerie du pays, située à Baïdji au nord-ouest de Tikrit, demeure aux mains de l'armée gouvernementale, a assuré le ministre du Pétrole, mais des témoins ont déclaré par la suite que des djihadistes arrivés à bord d'une cinquantaine de véhicules encerclaient le site. La ville de Baïdji elle-même est contrôlée par l'EIIL.



    CONSEILS MILITAIRES

    A Tikrit, les insurgés ont mis sur pied des conseils militaires chargés de diriger les villes passées sous leur contrôle, ont rapporté des habitants.

    "Ils sont arrivés par centaines dans ma ville et ont assuré qu'ils n'étaient pas là pour faire couler le sang ou se venger mais qu'ils voulaient engager des réformes et instaurer la justice. Ils ont choisi un général en retraite pour diriger la ville", a déclaré une personnalité d'une tribu à Alam, au nord de Tikrit. "'Notre destination finale sera Bagdad, la bataille décisive se jouera là-bas', voilà ce que répète le chef des djihadistes", a-t-il ajouté.

    A la mi-journée jeudi, les insurgés n'avaient pas approché Samarra, la prochaine grande ville sur leur route vers Bagdad, qui abrite une population majoritairement sunnite mais constitue aussi un haut-lieu du chiisme.

    L'Iran, qui finance et arme des groupes chiites en Irak, pourrait devoir s'impliquer davantage, tout comme la Turquie.

    A Mossoul, 80 Turcs sont toujours captifs de l'EIIL, et Ankara a menacé de représailles si du mal était fait aux otages, parmi lesquels figurent des diplomates et des enfants.

    Les ambassadeurs des pays de l'Otan ont tenu une réunion d'urgence mercredi soir à Bruxelles à la demande de l'Otan et le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a eu un entretien avec le vice-président américain, Joe Biden, sur la situation. Joe Biden a également téléphoné à Nouri al Maliki.


    Les Etats-Unis ont exprimé leur inquiétude et se sont dits prêts à fournir "toute aide appropriée" mais écartent l'hypothèse de frappes aériennes.

    Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a dit qu'il n'envisageait aucun rôle pour l'Alliance atlantique en Irak

    Kirkouk aux mains des Kurdes, l'EIIL avance vers Bagdad - Le Nouvel Observateur
     

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