"L'éther Pur", extrait...

Discussion dans 'toutes les poésies...' créé par titegazelle, 17 Juillet 2008.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Quand un grand navire d’amitié prend le vent du large pour entrer dans le golfe de ta douceur, si le galion à l’équipage bleu brille de ses ors dans le havre de tes eaux profondes, c’est qu’un étranger, capitaine aux yeux d’aigue marine, va apparaître sur le pont de tes désirs, à la rencontre de l’initiale qui rayonne au centre de ta poitrine.

    Et lorsque chaque mousse t’a adressé son sourire radiant, lorsque les ors de la nef ont élevé ton aspiration, le solitaire marin t’offre dans une boîte aux parfums d’épices et de fleurs étranges, le cadeau qui te restait à recevoir.

    Tu l’ouvres et sur le velours écarlate repose la statuette de porcelaine claire. C’est la silhouette de celle dont l’histoire se confond avec celle de ta ronde Terre d’ocre et de feu.


    La petite figurine te sourit et désigne d’un doigt tendu le centre de ton sein, comme si tu devais ne garder que cela de la visite magique du galion messager.

    Et ce sont les cris des matelots qui ramènent ton âme au port de ta vie, ils te saluent et courent remonter l’ancre d’argent et larguer les amarres du temps.

    Le capitaine à la barre tient la roue à huit branches, aux pommeaux de cèdre, surie pont ciré du miel des anges. Les voiles neigeuses se gonflent et le vaisseau quitte ton rivage, dans le doux froissement du flot tranquille par son étrave de bois odorant.

    Les mousses blonds agitent des mouchoirs rouges, les mousses bruns des mouchoirs blancs, et la voilure tend l’esquif vers sa destination à l’autre rive de l’océan de vos rêves où l’attend un autre ami, impatient, sur la grève, de recevoir du mystérieux pilote maritime, la boîte tendue de velours où repose la clef bénie du porche de son âme.

    Au loin il ne reste qu’une goutte de lait sur les pétales de la mer, la dernière voile disparaît sous la ligne de l’horizon, et ton regard contemple le visage de celle qui te sourit. [06c]


    Im Hwa Soeng
    Extrait du carnet poétique "L'éther Pur"
     

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