L’affaire de la petite Zineb interpelle les Marocains d’ici et d’ailleurs : Un colle

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par Info du bled, 28 Septembre 2009.

  1. Info du bled

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    Le 20 août 2009, la presse marocaine avait l’écho de l’affaire Zineb Chtet. Une fillette de 11 ans placée en bonne, à tout faire et à tout subir, chez un juge et son épouse par un père que la pauvreté pousse à échanger le travail harassant de son enfant contre une poignée de dirhams.
    Echappée miraculeusement de la villa qui abritait son calvaire quotidien, la petite Zineb a été découverte dans un état de suppliciée insoutenable par des passants qui l’ont amenée au commissariat de police avant d’être transférée à un hôpital d’Oujda.
    Résidents marocains et Franco-Marocains de France, nous étions nombreux à être bouleversés à la vue des traces de tortures sur le corps frêle de Zineb : de profondes brûlures avec de l’huile bouillante et des piques à brochette métalliques chauffées à blanc, y compris sur les parties intimes de la gamine.
    Mais, ces sévices insupportables ont vite été relégués par la justice locale au rang de simple délit, atténuant largement ainsi la culpabilité du juge et de son épouse dans ce qui est clairement un acte de barbarie que nous condamnons et appelons à ce qu’il soit jugé comme tel.
    La justice marocaine dispose de tout un arsenal juridique pour punir sévèrement de telles tortures.
    Si l’extrême brutalité subie par la petite Zineb est apparue au grand jour, il n’en demeure pas moins que d’autres bonnes telles Najat, 11 ans, battue au fil de fer, ou Saïda, 15 ans, la tête écrasée contre un mur (...). Elles ne représentent pas des cas isolés dans une situation générale où ces petites travailleuses dans l’ombre souffrent toutes des violences physiques et psychiques. Sans omettre « Le viol et les attouchements sexuels » qui sont le lot permanent de ces petites filles, note un rapport des Nations-Unis publié en 2002.
    C’est dans cet enfer domestique, clos et loin des regards extérieurs, que vivent ou survivent au Maroc 600 000 « Cosette » âgées de 7 à 14 ans selon une enquête de Human Rights Watch (HRW). D’autres études menées à Casablanca estiment leur nombre à 25 000 « Zineb » à tout faire, privées, comme toutes leurs semblables, de scolarité. Dans ces conditions d’un autre âge, leur avenir et d’ores et déjà condamné. « La plupart des mères non mariées ont été domestiques dans une vie antérieure », constate un rapport de HRW et qui signale aussi « que le statut de petite bonne mène soit à la rue, au mariage précoce, à la prostitution ou au trouble psychologique insurmontable ».
    Ces bonnes sont payées mensuellement entre 300 et 500 dirhams (environ 30 à 50 € dans un Maroc où les bas salaires tournent autour de 180 €) pour un horaire moyen variant entre 14 et 18 heures par jour ! Elles ne disposent d’aucune couverture juridique ni de protection sociale dans un Etat qui de surcroît a ratifié la convention des Droits de l’Enfant et dont le code du Travail interdit l’emploi de mineurs de moins de 15 ans !
    Par cet appel, nous condamnons toutes les violences faites à ces enfants.
    Nous demandons que la justice marocaine honore son rôle en poursuivant les employeurs criminels quel que soit leur rang social et qu’elle applique sa loi en toute indépendance et qu’il ne soit plus question que des magistrats réduisent à un simple délit les tortures indélébiles subies par la petite Zineb.
    Nous réclamons que le Parlement marocain épouse enfin et pleinement « son temps et sa société » en légiférant sérieusement sur des sujets qui ne doivent plus rester des tabous.
    Que le gouvernement fasse appliquer véritablement les dispositions du code du Travail marocain interdisant l’emploi de mineurs de moins de 15 ans, qu’il modernise les outils juridiques afin que le métier d’employée de maison se formalise dans de véritables contrats de travail et que la relation employeur-employé quitte définitivement le siècle des ténèbres !
    Nous, Marocains de France et d’ailleurs*, émus et révoltés par ces injustices, invitons toutes les femmes et tous les hommes à se joindre à cet appel pour rompre le silence entourant ces pratiques ignobles, ces atteintes intolérables à la dignité humaine. Les accepter et continuer à se taire, c’est se séparer d’une grande partie de notre humanité.
    Cet appel « justice pour les Zineb » et Pour un Maroc Juste sera envoyé aux autorités marocaines concernées, à la presse marocaine et française, aux partis politiques et aux associations civiques au Maroc et à l’étranger.
    Réagissez et envoyez vos signatures à l’adresse électronique:
    collectif.zineb@yahoo.fr


    Le collectif pour un Maroc juste a pour ambition de fédérer tous les Marocains et les Franco- Marocains vivant à l’étranger afin de mobiliser l’opinion publique nationale et internationale contre toutes les injustices au Maroc.
    Nous sommes foncièrement attachés à notre pays. Nous les portons dans nos entrailles et nous voulons que le Maroc soit un Etat de liberté, de justice, de tolérance et irréversiblement un Etat de droit.
    AYOUCHE Chakib (Gérant de commerce), AYOUCHE Souad (agent préfectoral), BELBOUKHARI Fetah, (Doctorant), DAOUDI Bouziane (Journaliste), EL GOURARI Abdennasser, (Intervenant), ESSETRE Abderrahim (Economiste), HAISSOUBI Jamal (Gérant de commerce), KHOUDAR Rachid (Conseiller en Formation), KHOUDAR M’HISSER Aîcha (Gérante de commerce), SAFI Abdellatif (Gérant), Halima, Aide (soignante), M’HISSER Mohamed (Informaticien)









    Source : libe.ma
     

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