L’affaire du corps découpé en morceaux à Hay Hassani, la suite...

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 5 Juin 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    Derb Raja 2 à Hay Hassani, préfecture des arrondissements de Hay Hassani-Aïn Chok a été investi, jeudi, par une foule vindicative, venue assister à la reconstitution d’un meurtre horrible dont la victime, une femme, a été découpée en morceaux par son bourreau qui est allé se débarrasser des morceaux du corps en les jetant dans des poubelles.

    Six cents mètres plus loin, à Derb Nejma, même foule et le même assassin abominable qui revenait sur les lieux d’une boucherie presque similaire commise en 2002. Une grande réussite pour la police casablancaise qui n’a pas fermé l’½il, depuis la découverte, mardi matin, de parties du corps de la victime de Derb Raja.

    La reconstitution des deux crimes, menée par le staff de la brigade criminelle du service préfectoral de la police judiciaire, en présence du Préfet de Police du Grand Casablanca et du substitut du Procureur Général, a permis au présumé assassin de revivre différemment, libéré du lourd poids qui pesait sur sa conscience, des scènes d’une rare violence dont il a été l’acteur après avoir auparavant avoué dans le détail aux enquêteurs son mode opératoire. Le personnage en question, D. Abdelmoula, 34 ans, divorcé à deux reprises, sans profession depuis qu’il a passé son service militaire, vivait de petits métiers. Il s’était marié et remarié, procréant au passage 4 enfants, avant d’opter pour le concubinage.

    A chaque fois, le motif du divorce était sa violence. Depuis quelques mois, il a noué des relations avec une m’zabia, F. Fatima, 33 ans, qui occupe avec lui une chambre sur la terrasse d’un petit immeuble de deux niveaux, au 994, à Derb Raja 2 à Hay Hassani.

    Sur cette terrasse vivent dans des chambres exiguës trois locataires dont la victime M. Bouchra, 28 ans, originaire de Sidi Slimane, venue travailler comme femme de ménage avant de trouver un job dans un café populaire où elle préparait des crêpes marocaines. Abdelmoula, dans un espace d’à peine 10 mètres carrés, avait placé un lit, une petite armoire, une étagère chargée de cassettes audio, une cuisinière ainsi qu’un assez spacieux réfrigérateur.

    D’après les aveux du présumé assassin, il y a déjà 3 mois qu’il avait proféré des menaces de mort à l’adresse de sa voisine d’infortune, Bouchra. Depuis le temps qu’il cherchait à lui faire l’amour et qu’elle refusait ses avances, ce jour là, celle-ci se serait enfermée dans sa chambre avec un homme.

    A la sortie de ce dernier, il lui aurait signifié qu’elle couchera avec lui morte ou vive.

    Samedi, 28 mai, vers 10h, Abdelmoula, qui n’avait rien à faire alors que les autres locataires étaient dehors, est resté chez lui, préparant sa vengeance. Constatant que sa voisine avait découché, il était à bloc. Bouchra est allée chauffer de l’eau pour se laver dans les toilettes collectives situées toujours sur la terrasse. A sa sortie, il l’a surprise, au moment où elle ouvrait la porte de sa chambre, en la foudroyant dans le dos avec une décharge électrique. Pour ce faire, le présumé assassin s’est servi de fils électriques qu’il a branché sur le courant et qu’il manipulait avec un bâton. Sur une personne trempée, l’effet est immédiat. Une fois sa victime par terre dans l’étroit couloir à ciel ouvert de la terrasse, il l’a traînée jusqu’à sa chambre, trois mètres plus loin, pour lui ôter la vie, utilisant dans un premier temps un tournevis qu’il lui a planté du côté du c½ur, lui portant un coup de hache à la tête et constatant que sa victime respirait encore, il l’a achevée en appuyant de son pied sur sa gorge.

    Mettant ses menaces à exécution, et toujours d’après les aveux étayés par la reconstitution, Abdelmoula se serait mis sur sa victime Bouchra, morte et ensanglantée, pour satisfaire son instinct non seulement bestial mais tout ce qu’il y a de plus monstrueux. Et c’est la concubine F. Fatima qui fait apparition par la suite pour qu’elle constate le cadavre étendu par terre, recouvert d’une couverture. Le monstre lui ordonna de revenir une demie heure plus tard.


    Le présumé assassin s’est alors saisi du corps pour le placer sur une table à manger et commencer la découpe par la tête. Les membres à partir des articulations, le tronc à partir du bas ventre suivront.

    Tous les morceaux, six au total, emballés dans la précipitation et l’angoisse dans des sacs en plastique, ont été mis dans le grand réfrigérateur qui trône dans la petite chambre de la terrasse du 994 de Hay Raja 2.

    Toujours samedi, dans l’après midi, avec sa concubine Fatima, Abdemoula a décidé de faire une virée chez sa famille dans un douar à Dar Bouazza (une vingtaine de kilomètres de Casablanca) pour se débarrasser d’un premier morceau du corps, en le prenant au pif parmi les plus volumineux et en le plaçant dans une valise. De retour à Derb Raja, dimanche matin, le présumé assassin a commencé à disperser les autres parties dans les poubelles du quartiers, aussi proches de son domiciles soient elles, avant de prendre un taxi pour aller jeter la tête dans un terrain vague du côté de Aïn Diab.

    Et tout se serait passé ainsi, avec comme seul témoin Fatima, jusqu’à la découverte, mardi, des premiers morceaux du corps de Bouchra à proximité du lieu où elle vivait.

    En éloignant la tête du reste du corps, le présumé assassin n’était certainement pas au courant que l’identification d’un cadavre, avec l’institution de la carte nationale d’identité, est une affaire de minutes. Le relevé des empreintes digitales de la victime, dont les doigts ont été retrouvés en parfait état d’identification, ne pouvaient faire planer aucun doute quant à l’identité de la victime. Tous les renseignements concernant M. Bouchra ont été communiqués à la police casablancaise, avec en prime sa photo.

    Et la lumière fut grâce à l’une des connaissances de la victime, une femme qui l’a reconnue sur la photo fournie par le fichier central de l’identité judiciaire, ce qui a conduit à son lieu de résidence et à celui de son présumé assassin, D. Abdelmoula, son voisin de palier qui la menaçait souvent car elle refusait de coucher avec lui. L’étau s’est ainsi resserré autour du suspect n°1 rapidement, depuis mercredi. Partant de tous les éléments de présomption le présentant qui pesaient sur lui, il fut interpellé dans la soirée pour passer immédiatement aux aveux. Les résultats des analyses effectués par le laboratoire de la police scientifique sur les instruments ayant servis au meurtre, d’après les aveux au meurtre, et qui ont été retrouvés dans le domicile du présumé assassin, portaient du sang humain. Dans la nuit de mercredi à jeudi, et jusqu’à 3h du matin, et en présence du Préfet de Police du Grand Casablanca, qui n’a pas non plus fermé l’½il, d’autres aveux ont suivi.

    Il ne s’agissait plus de la seule victime Bouchra. Il y a 3 ans, un autre cadavre d’une femme a été retrouvé dans un état de décomposition avancée dans un terrain vague, à Souk Ould Mouina, là où fut retrouvé l’un des morceaux de la victime demeurant à Hay Raja 2. La victime n’a jamais pu être identifié. Et c’était Abdelmoula qui allait livrer son secret maintenant qu’il est trempé jusqu’au coup dans l’affaire de Bouchra.

    Retour sur les faits, comme consignés dans les aveux du suspect. La victime de l’époque vivait effectivement à Hay Nejma, toujours à Hay Hassani, à la même adresse où logeait à l’époque Abdelmouma. Il se trouvait au n° 557, bloc 443, au 3ème étage, avec d’autres locataires, et était également confronté à une autre affaire de sadisme. L’un de ses voisins de palier est venu le soir avec une fille, et après son départ, le matin, un autre homme de ses connaissances, puis un troisième, se sont isolés à tour de rôle avec l’inconnue. Voulant lui aussi en profiter, après le départ des autres, il fut rejeté, ce qui l’a obligé à user de la force. Il aurait été ainsi obligé d’étouffer sa victime, la violer, avant de la tuer en lui planter (encore) un tournevis dans le corps. Cette affaire de cadavre presque momifié, jeté du côté de la ferraille de Souk Mouina, toujours Hay Hassani, et du côté où furent retrouvés des morceaux du corps de Bouchra, n’a pas été résolue. Abdelmoula est venu l’élucider.

    Toujours d’après la reconstitution, mercredi dernier, en présence de la foule qui l’a reconnu comme ancien voisin au bloc 443 de Hay Najma, Abdelmoula aurait procédé par un mode opératoire différent.

    Il a pris sa victime morte pour la découper cette fois seulement en deux morceaux qu’il est allé placer dans un placard de sa chambre et expliquer par la suite à son voisin qu’elle est sortie après son départ prendre un bus pour renter chez elle. Le cadavre coupé en deux morceaux a été emballé par la suite dans un grand sac en jute que l’assassin est allé placé directement au soleil, sur toit de la maison. Cela n’a pas empêché que les mauvaises odeurs ont commencé à empester l’immeuble au point que les locataires ont fait appel à un nettoyeur, croyant qu’il ne s’agissait que de restes en putréfaction appartenant à un commerçant de têtes de moutons qui vivait avec eux et qui s’est absenté pour un certain temps. Le préposé au nettoyage, qui avait retrouvé sur la terrasse le sac de jute puant n’a pu vérifier son contenu et est allé directement le jeter dans un terrain vague du côté de Souk Mouina, là où on avait retrouvé à l’époque le cadavre momifié.

    Un couplé, dans un temps record, pour la nouvelle brigade criminelle de la police judiciaire préfectorale et l’infatigable et omniprésent Préfet de Police qui a mobilisé ses équipes pour solutionner l’affaire M. Bouchra.



    Source: l'opinion.
     

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