L’image du Maroc et du Maghreb dans les romans d’espionnage

Discussion dans 'Scooooop' créé par safinaze, 24 Juillet 2007.

  1. safinaze

    safinaze Visiteur

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    L’image du Maroc et du Maghreb dans les romans d’espionnage

    Ce texte aborder l’image du Maroc et du Maghreb dans les romans d’espionnage franco-américains (REF-A) de 1956 à 2007 : du terrorisme anti-colonial au terrorisme international. .
    Du “Poisson chinois de bagarre à Tanger” de Jean Bommart (1958) et “Tuerie à Marrakech” de Gérard de Villiers (1995), à “Les Passagers pour Alger”, de Cécil Saint-Laurent (1960), etc., on se croirait tant face à la une des médias à sensation que des jacquettes de romans noirs ou d’espionnage franco-américains (REF-A), déclinant l’image d’un Maroc et d’un Maghreb terroristes-terrorisés. “On ne voit guère, note Guy Scarpetta, pourquoi nous irions chercher dans des romans des informations sur l’histoire de notre temps que nous pouvons trouver, par exemple, dans les journaux…Il s’agit, précise-t-il, d’explorer l’envers ou le négatif de l’image que nos sociétés donnent d’elles-mêmes.” – “Ce que seuls les romans peuvent dire”, “Le Monde diplomatique” , Mars 2003.

    Partant des titres des REF-A ci-dessus, l’envers et le négatif de l’image du Maroc et du Maghreb, foyers et cibles de terrorisme, oscillent thématiquement entre un terrorisme anti-colonial (1953-1962) et un terrorisme international (1962-2007). Cela s’observerait notamment dans La définition et la genèse des REF-A ou L’image du terrorisme anti-colonial au Maroc et au Maghreb dans les REF-A (1953-1962) ou L’image du terrorisme international au Maroc et au Maghreb dans les REF-A (1962-2007) ou encore Le dénigrement dans et autour des REF-A.

    La définition et la genèse des REF-A

    Comme définition et de genèse des REF-A (romans d’espionnage franco-américains), on pourrait citer a priori celles de deux articles du Net : “Le roman d’espionnage. Variante politique du roman policier. Né dans l’entre-deux-guerres, il connaît un essor à partir de 1945 avec la guerre froide, la montée du communisme et l’angoisse de l’ère atomique.” Ou de façon contrastive : “Si le roman policier met en scène des intérêts privés, le roman d’espionnage fait appel à la raison d’Etat. C’est on s’en doute, un style en phase avec l’actualité politique et historique.”

    Quant au qualificatif “franco-américain” des REF-A, il se justifie, selon Patrick Pécherot, par l’imitation des auteurs français épigones des Américains dans ce sous-genre du polar. “Les auteurs français ne font pas exception (…). Aussi, lorsque le hard boiled [lit. héros “dur à cuire”] traverse l’Atlantique à la fin de la seconde guerre mondiale, il trouve un terreau favorable à la greffe.

    Même si ceux qui cherchent alors à « faire américain » en reproduisent certains aspects (violence, exotisme de l’american way of life…) déconnectés d’une réalité sociale originelle qu’ils ignorent. Très vite, à côté des imitateurs et des tacherons du roman d’espionnage qui fleurit sur fond de guerre froide et de gaullisme barbouzard, arrivent les francs-tireurs de la contestation.” Toutefois, l’image du Maroc et du Maghreb foyers et cimbles du terrorisme anti-colonial (1953-1962) et international (1962-2007) foclisée par les REF-A capte d’emblée l’attention.

    L’image du terrorisme anti-colonial (1953-1962) au Maroc et au Maghreb dans les REF-A :

    Dans un témoignage sur la résistance anti-nazie en France, Henri Faure conteste l’image qu’en faisait les REF-A des James Bond et des O.S.S. 117, en arguant : “Pourquoi suis-je devenu un Résistant ? Un terroriste ? Ma réponse est simple : je ne pouvais accepter l’idée que ma patrie fût envahie et mise en esclavage (…). Maintenant, les James Bond, les O.S.S. 117, les espions venus on ne sait d’où, certains récits romancés de ce qu’a pu être notre action, présentent une image de la Résistance qui n’a rien de commun avec ce que nous étions en ce temps-là.” – “Etais-je un terroriste ?” Ce serait le cas de l’image du terroriste anti-coloniale au Maroc et au Maghreb dans des REF-A tels : “Le Poisson chinois se bagarre à Tanger” (1959) de J. Bommart et “Les passagers pour Alger,I-II” (1960) de Cécil Saint-Laurent.

    L’image du terrorisme anti-colonial au Maroc et au Maghreb dans“le Poisson chinois se bagarre à Tanger” (1956-1962) :

    Le conflit politico-miliaire (1953-1962) de la France et de la Ligue Arabe , sur l’indépendance du Maroc et du Maghreb, a été amplement évoqué dans les coupures de presse, citées par Katia Rubinstein dans “Mémoire illettrée d’une fillette d’Afrique du Nord à l’époque coloniale” tels que : “ POUR OBLIGER LA FRANCE A ÉVACUER L”AFRIQUE DU NORD [LE MAGHREB], LES DIRIGEANTS DE LA LIGUE ARABE PROJETTENT DE LA PRIVER DE PETROLE” – Ed. Stock, 1979. C’est dans ce même contexte que s’inscrit le REF-A, “Le Poisson chinois se bagarre à Tanger”.

    C’est la mission du capitaine Sauvin, super-agent secret du DB (DGSE) français, dépêché pour démanteler le réseau des membres du siège de la Ligue Arabe à Tanger, suspecté de convoyer des armes au FLN en Algérie (1954-1962), par le Nord-Est du Maroc. Et comme à l’accoutumée, il arrive d’un tour de main à éliminer le nommé Bouhamala, le chef du siège et ses agents, après avoir fait sauter leur cache d’armes et mis à sac leur siège et leur bateau convoyeur, au port de la zone dite internationale du Maroc sous domination étrangère.

    A cela faisait écho des titres de la presse au Maghreb comme : “MENACES PAR DES TERRORISTES DES COMMISSAIRES MAROCAINS SONT DÉCIDÉS A RÉSILIER LEURS FONCTIONS OFFICIELLES.” , ou : “SÉVÈRES ENGAGEMENTS AU SUD-EST DES AURÈS ET AUX CONFINS ALGÉRO-TUNISIENS : 1000 A 1500 NÉO-FELLAGAS SÉVISSENT EN TUNISIE.” – “Mémoire illettrée…”. Collusion ou pas entre la presse et les REF-A, la propagande y fait rage ici contre le terrorisme (la résistance) anti-colonial au Maroc et Maghreb (désignés : “terroristes”, ou “fellagas”).

    En vérité, J. Bommart, comme ses homologues des REF-A , appartient aussi au monde de la presse et de l’espionnage. “Diplomé des Hautes Etudes commerciales en 1921, dit-on sur le Net, il devient attaché de presse et représentant de l’Agence Havas en 1921 et 1922 à Belgrade, journaliste à l’Action française (…)., il écrit sur la suggestion de Benjamin Crémieux des nouvelles (1931) dont il prend le thème dans les intrigues internationales et les histoires d’espionnage qu’il a connues ou vécues.” Ainsi en va-t-il des “Passagers pour Alger” suivant.

    LA SAUCE

     

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