L’Union européenne change les règles du jeu sans crier gare

Discussion dans 'Info du bled' créé par Med Omar, 25 Avril 2014.

  1. Med Omar

    Med Omar MoUl DéTaILS-GaRoU PiPaS Membre du personnel

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    L’Union européenne change les règles du jeu sans crier gare



    Au lieu de dédouaner leur marchandise sur la base du prix réel de vente, les exportateurs marocains seront taxés sur la base d’une valeur forfaitaire d’importation calculée par l’UE.
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    Ce qui devait arriver arriva. Le Conseil de l’Union européenne a acté, lundi 14 avril, la réforme de sa politique agricole, votée par la commission de l’agriculture au sein du Parlement européen quelques jours auparavant. Elle devrait donc entrer en vigueur en octobre prochain. C’est un véritable coup de massue donné aux agriculteurs nationaux. Les exportateurs marocains de fruits et légumes se plaignent de la modification intervenue dans le système de dédouanement des produits agricoles.
    Actuellement, les producteurs nationaux opèrent principalement à travers le régime de la consignation. Ce régime leur permet de faire appel à des transitaires qui font rentrer la marchandise sur le marché européen, le dédouanement se faisant a posteriori sur la base des prix réels de vente.
    La réglementation toujours en vigueur impose aussi, pour une grande partie des produits agricoles exportés par le Royaume, un prix minimum de vente en dessous duquel l’exportateur ne peut pas écouler sa marchandise, au risque d’être surtaxé. Or, à partir d’octobre prochain, le dédouanement devrait se faire sur la base d’une valeur forfaitaire d’importation, calculée par les services de l’UE selon des critères qui lui sont propres.
    Ceci pose un double problème. D’abord, le dédouanement ne pourra plus se faire sur la base de la valeur réelle du produit mais sur une valeur forfaitaire qui, si elle est plus élevée, donnerait lieu à des droits d’importation supplémentaires qui ne seront pas justifiés. Ensuite, le dédouanement ne se fera plus sur la base des prix individuels de chaque produit, mais plutôt sur une valeur forfaitaire de tous les produits calculée pour chaque pays.
    De même, s’il advient que les services de l’Union européenne fixent, pour une quelconque raison, une valeur forfaitaire d’importation inférieure au prix minimum d’entrée exigé, l’exportateur ne pourra tout bonnement plus faire entrer sa marchandise dans le marché européen, même s’il respecte dans les faits le prix minimum d’entrée, au risque d’être lourdement taxé.

    Effet domino
    Cette situation serait d’autant plus problématique que les clients européens, principalement des centrales d’achats, exigent de leurs fournisseurs une condition essentielle : la régularité et la continuité de l’approvisionnement. Si par malheur un fournisseur marocain ne peut pas faire entrer sa marchandise sur le sol européen ne serait-ce qu’une fois, le client se retournera directement vers d’autres fournisseurs (notamment européens qui ne seront pas soumis aux mêmes règles) aptes à assurer des livraisons sans interruption. Dans ce cas de figure, les agriculteurs marocains redoutent de passer d’un statut de fournisseurs principaux de ces centrales à de simples partenaires d’appoint auxquels le client européen n’aura recours que pour combler des commandes exceptionnelles.
    En d’autres termes, le régime basé sur la valeur forfaitaire d’importation devient comme une épée de Damoclès menaçant en continu les exportateurs marocains de fruits et légumes. L’Union européenne pourra ainsi réviser cette valeur forfaitaire de manière à permettre l’entrée des produits agricoles importés quand le besoin s’en fait sentir, ou bien pour freiner l’entrée de ces produits quand elle souhaitera privilégier ses propres agriculteurs. Selon les premières estimations des professionnels, ce changement de mode de dédouanement devrait se traduire dans un premier temps par une baisse pouvant atteindre 50% des exportations de fruits et légumes vers l’Europe.
    Or, la problématique qui se pose est que les agriculteurs marocains n’ont pas actuellement d’alternatives pouvant leur permettre de se passer du marché européen. Ce dernier absorbe une grande partie des exportations en raison de sa proximité. Les produits concernés étant quasiment tous périssables, il est difficile de trouver des débouchés plus éloignés.
    De même, le marché national ne peut absorber tout l’excédent qui peut découler de cette baisse d’importation vers l’UE, surtout qu’une grande partie des investissements opérés dans le secteur visaient à permettre de répondre à la demande européenne, que ce soit qualitativement ou quantitativement.
    Pire, s’il arrivait que les produits censés être exportés se retrouvent sur le marché national, les prix risquent de s’effondrer, causant la perte même des petits agriculteurs qui écoulent leur production au niveau local. C’est dire la situation critique dans laquelle se trouvent les producteurs marocains de fruits et légumes.

    L’Union européenne réagit aux critiques
    Face à la grogne qu’a suscitée cette mesure de la part des officiels et professionnels marocains, l’ambassadeur de l’Union européenne au Maroc n’a pas tardé à réagir. D’abord, Rupert Joy réagit aux déclarations de certains agriculteurs qui considèrent que cette mesure, purement politique, cible principalement le Maroc.
    Pour l’ambassadeur, il n’en est rien puisque «ce nouveau système s’applique uniformément à tous les fruits et légumes importés par l’UE de tous les pays du monde, donc il ne s’agit pas d’une mesure destinée spécifiquement aux produits marocains». Dans le même sens, il réfute l’idée selon laquelle ce changement vise à mettre un frein au commerce vers l’UE, mais son objectif est plutôt de clarifier un système qui a été la source de critiques récurrentes.
    Pour ce qui est des craintes exprimées par la partie marocaine, l’UE se dit ouverte à discuter et à analyser les répercussions de cette décision sur le Maroc. Suite à un entretien téléphonique entre Aziz Akhannouch, ministre de l’agriculture et de la pêche maritime, et le commissaire européen de l’agriculture et du développement rural, Dacian Ciolos, une première rencontre a été fixée pour le 23 avril afin de discuter des solutions à même de rétablir l’équilibre dans les échanges entre le Maroc et l’UE.
    Younes Tantaoui. La Vie éco
    www.lavieeco.com
     
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  2. Med Omar

    Med Omar MoUl DéTaILS-GaRoU PiPaS Membre du personnel

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    normalement si ma mémoire ne me trompe l'OMC prévoit qu'il n 'y a pas de valeurs minimales ?

    donc ach hada ils ont adhèré l'OMC ?


    s'il y a des experts dans le domaine ya3rtiwna plus de précisions plz ?
     
  3. popo40

    popo40 Accro

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    Les producteurs marocains doivent chercher d'autres marchés, l'Europe traverse une crise sans précédant et il faut bcp de temps pour s'y adapter, puisque la sortie de crise n’existe pas mais plutôt une mutation et positionnement que ces pays refusent.
    S'engage alors des idées et voix protectionniste qui s'imposent dans les urnes, la marge de manœuvre est très étroite et les bras sont très court, La politique européenne s'attaque au plus faibles qu'elle, dans un seul souci : plus de dividendes au détriment d'une situation salariales dans les milieux agricoles plus que déplorable, chose que les grands groupes pratiquent à merveilles envers la production textile en Asie.
     
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  4. Med Omar

    Med Omar MoUl DéTaILS-GaRoU PiPaS Membre du personnel

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    c'est difficile, si on voit que la majorité de nos exportations sont à destination de l'Europe, et pire encore, on ne fait qu'etre un bon eleve qui essaye de se mettre aux normes de l'UE des bailleurs de fonds (BM et FMI) on devient de plus en plus ouvert aux arnques juridiques alors pour eux jouent comme ils veulent et nous subissons
     
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  5. popo40

    popo40 Accro

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    Le gouvernement doit se pencher sur le problème même si cela ne portera ses fruits qu'à long terme , et arrêter d'être l’élève exemplaire tout en bradant notre main d’œuvre pour satisfaire une demande qui vous met la corde au coup.
    Sans se rendre compte nous devenons esclave du monde financier qui étouffe l’Europe, et qui profite du développement de notre pays plus que nous les citoyens, le paradoxe c'est que nous sommes devenus esclave dans notre propre pays, tout en contribuant au maintien des bas prix dans une Europe en perdition.
    notre production doit mutée vers d'autres produits et marchés, ce qui occasionnera une insuffisance pour l’Europe et une gronde citoyenne.
     
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