La Banque Mondiale critique le secteur privé marocain

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 22 Octobre 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    Incapable de faire face aux défis de la croissance, le Maroc ne dispose pas encore d'un secteur privé très dynamique. Le constat de la banque Mondiale est sans appel. Alors que le gouvernement met sur les rails des grands projets socioéconomiques pour édifier un développement intégré et durable du Pays, le secteur privé peine. Le fameux taux de croissance de 6% par an est un objectif non seulement nécessaire, mais «indispensable pour résorber le phénomène du chômage et favoriser l'accès aux services de base à toutes les couches de la société marocaine», a déclaré Farid Belhaj, chef du bureau de la Banque Mondiale à Rabat,

    lors d'un ftour-débat organisé, mercredi soir à Casablanca, autour de la nouvelle stratégie de coopération de l'institution internationale avec le Maroc, appelée le «CAS» ou le Country Assistance Strategy.

    Le secteur privé est appelé à la rescousse. «Il n'est pas du tout difficile pour le Maroc d'atteindre ce taux de croissance s'il avait un secteur privé émancipé, anticipant et compétitif», a-t-il soutenu, avant de mettre l'accent sur la nécessité d'intégrer au textile d'autres produits pour ne pas perdre la part des marchés internationaux, et ce, à un moment où le gouvernement vient d'annoncer son plan de relance.

    Passant en revue les grands projets de développement durable mis en chantier par le gouvernement, M. Belhaj a indiqué que le CAS, approuvé en mai 2005 par la Banque, décrit le cadre de la coopération de la Banque avec le Maroc pour les quatre prochaines années (2005/2009), précisant que ce programme cadre parfaitement avec l'esprit de l'Initiative nationale pour le développement humain, lancée par S.M. le Roi Mohammed VI.

    "Surtout quand on sait que le CAS s'articule autour des objectifs généraux d'accélération d'une croissance durable créatrice d'emplois et de réduction de la pauvreté et de la marginalisation, axes qui constituent en effet la philosophie finale de l'INDH", a-t-il poursuivi.

    Cette fois, la nouvelle stratégie insiste sur la nécessité d'améliorer la compétitivité, le climat de l'investissement, les conditions de vie des pauvres, la gestion et l'efficacité du système éducatif et les services de l'eau et de l'assainissement.

    Pour les responsables de la Banque, l'optimisation des résultats escomptés du CAS passe par l'implication, outre les responsables politiques, des opérateurs économiques et des acteurs de la société civile et la mise en place de la bonne gouvernance en tant que système de contrôle transversal de tout dérapage managérial dans l'exécution des projets socioéconomiques.

    La nouvelle stratégie de coopération inclut également deux rapports détaillés sur la pauvreté et propose des outils pour analyser les tendances et la distribution géographique de ce phénomène et la réforme de l'administration publique, ainsi que des études sur l'enseignement supérieur et la réforme des retraites, en plus de notes de politique sur le secteur de l'eau, de l'assainissement et les options de réforme pour le secteur céréalier.

    Au niveau de l'enseignement primaire et secondaire, la Banque envisage de s'impliquer directement pour veiller au succès de la Charte nationale de la réforme du système éducatif à travers des études et des conseils techniques dans le cadre de la mise en place d'un système d'évaluation des acquis pédagogiques, notamment au niveau primaire, pour rentabiliser la contribution budgétaire de l'Etat qui atteint 25 % du PIB.

    A cet égard, les experts de la Banque estiment qu'aujourd'hui l'efficacité et la performance du système éducatif se mesurent à l'aune de la capacité d'un pays de réadapter son enseignement aux variables du contexte international.


    Revenant sur la différence entre la période actuelle du CAS et la précédente (2001/2004), M. Belhaj a fait remarquer que l'environnement politique et administratif est aujourd'hui plus favorable pour la mise en oeuvre des réformes institutionnelles garanties par la nouvelle vision pour le développement humain, qui attachent une plus grande importance à l'amélioration des conditions sociales sur l'ensemble du territoire national.

    A la question de savoir comment atteindre les objectifs fixés par le CAS, les artisans de la nouvelle coopération avec le Maroc proposent une meilleure efficacité de l'action publique, un recours accru aux approches pragmatiques, un financement de 250 à 350 millions de dollars par an à l'appui des objectifs stratégiques du CAS et un programme sélectif.

    La Banque mondiale s'engage aussi à prendre en charge les risques éventuels qui pourraient contraindre le succès de ces objectifs, notamment à travers l'analyse systématique de l'économie politique du pays, la sensibilisation des acteurs importants, les conseils techniques ponctuels et le renforcement des synergies avec les autres partenaires du développement du Maroc.

    Le Matin
     

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