La Chambre des Conseillers et les tares handicapantes

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 8 Septembre 2006.

  1. freil

    freil Libre Penseur

    J'aime reçus:
    52
    Points:
    48
    « Reconsidérer le caractère de la deuxième Chambre du Parlement de manière à ce qu’elle ne demeure plus une simple copie de la Chambre des Représentants ». C’est en ces termes que le 14e Congrès national du Parti de l’Istiqlal, tenu en 2003, s’était exprimé au sujet de la Chambre des Conseillers. La phrase traduit une volonté profonde de réforme dans ses volets constitutionnel, réglementaire et pratique. A la veille du scrutin pour le renouvellement du tiers de la Chambre des Conseillers, le propos nous paraît opportun


    De l’avis de presque tout le monde, la seconde Chambre du Parlement bicaméral marocain laisse beaucoup à désirer pour un éventail de raisons allant du nombre des sièges qui la composent à la durée de son mandat, en passant par ses attributions de « Chambre des Représentants bis » et, point d’importance première, le profil de ses membres et les procédés dépravateurs qui ne manquent pas de dominer à chaque renouvellement d’un tiers sortant.

    Ces tares, particulièrement handicapantes, appellent à une réforme urgente en vue de sauver notre démocratie naissante et de rationaliser l’action parlementaire.

    Ce qui se passe à l’occasion du renouvellement du dernier tiers de cette Chambre, fait, en effet, craindre un « effondrement » démocratique.

    L’argent s’érige en maître-décideur, les pressions menées par certains ministres sur des électeurs d’autres partis que le leur portent un sérieux coup à la neutralité du gouvernement, le choix des candidats par les partis politiques n’est pas toujours réjouissant, voire parfois compromettant, les mesures prises par les pouvoirs publics pour garantir la régularité de l’opération s’avèrent insuffisantes et... de petites combines sont montées dans les ténèbres des alliances faites et défaites en fonction de l’intérêt du moment.

    Si l’on se limite au seul profil de la grande majorité des candidats en lice, on réalise à quel point l’argent et la richesse personnelle passent avant la compétence et l’engagement sérieux. On choisit de plus en plus les « Moul Choukkara » pour se garantir un maximum de sièges, la règle électorale dans les scrutins indirects, tel que l’ont voulu et institué les « requins opportunistes », étant désormais celle du plus offrant.

    Plus préoccupants encore sont les candidats détenteurs de fortunes à origine douteuse. Si le ministère de l’Intérieur a pris l’initiative, que nous saluons au passage, de dissuader, non sans fermeté, certaines personnes entrant dans cette catégorie et qui voulaient se porter candidats, il n’en demeure pas moins que cette initiative reste limitée à une petite poignée « d’indésirables ».

    La mise en place de mesures dissuasives fermes et pratiques contre la dépravation électorale devient une nécessité démocratique urgente, étant désormais clair que la volonté de démocratisation des plus hautes autorités du pays trouve en face d’elle, dans la pratique, une résistance anti-démocratique farouche malgré les « séduisants » discours et les « belles intentions’ affichées par les uns et les autres.

    La démocratie étant un tout indivisible et un comportement quotidien, son renforcement doit porter sur toutes les échéances électorales quelles soient grandes ou petites, directes ou partielles.

    Le renouvellement du tiers de la Chambre des Conseillers, loin d’être une simple opération de routine, constitue un formidable test de la maturité démocratique pour les candidats, les électeurs, les pouvoirs publics et les partis politiques qui assument une grande part de responsabilité pour ce qui est de leurs choix et de leur approche.


    Lopinion
     

Partager cette page