La course de fond

Discussion dans 'Info du bled' créé par Info du bled, 7 Août 2009.

  1. Info du bled

    Info du bled Writer

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    Il n'y a pas plus triste que les histoires de divorce et de garde d'enfants. Particulièrement celles des « peoples » et des autres gens qui brassent de la fortune tout en ayant de la renommée et de l'entregent.
    Même si elle a les mêmes ingrédients que ces dernières, l'histoire de l'enlèvement des enfants de l'ancien maître incontesté du tartan, Khalid Sekkah contient des éléments tellement croustillants qu'ils pourraient servir à un de ces feuilletons télé dont les Américains ont le secret.
    Ils remettent néanmoins sur le métier et dans des termes plus crus, les sempiternelles difficultés de tous les couples mixtes qui s'entre-déchirent.
    Dans le cas de Sekkah, il serait, entre autres, question de divorces prononcés en deux pays différents, de jugements contradictoires , de rapt d'enfants et le reste à l'encan.
    Le hic, c'est que tout déplacement d'enfant est une situation très délicate et complexe. Particulièrement lorsque plusieurs pays sont concernés. Chaque cas est unique et chaque pays a sa propre législation et son propre système juridique, ce qui fait qu'une décision judiciaire prononcée dans un pays ne sera pas forcément applicable dans un autre. Pour éviter cela, certains Etats se contentent de signer des accords bilatéraux où ils font jouer les principes d'exequatur, d'entraide judiciaire en matière de droit de garde des enfants et des droits de visite et autres obligations alimentaires alors que d'autres préfèrent verser, de prime abord, dans le multilatéral et ratifier le traité international sur les aspects civils de l'enlèvement d'enfants, en l'occurrence la Convention de La Haye.
    Même si la Norvège est signataire de celle-ci, rien n'indique qu'elle soit liée au Maroc par un quelconque traité d'entraide judiciaire en matière de statut personnel. Mais même si tel avait été le cas, l'exequatur serait demeurée nécessaire pour les décisions de dissolution du couple Sekkah puisque statuant forcément sur la garde des enfants. Le problème ne se situe donc pas à ce niveau. Il serait ailleurs, si l'on en juge par l'intervention directe, impromptue, inélégante et fort peu diplomatique de l'ambassadeur de Norvège à Rabat. Une attitude que rien ne justifie. Ni les explications alambiquées que ce dernier a données de son geste ni celles que le porte-parole du ministère norvégien des Affaires étrangères a rendues publiques.
    Il est, en effet, pour le moins étonnant qu'un chef de mission diplomatique laisse disparaître dans la nature des enfants mineurs qui « craignaient pour leur vie » et qu'il a accueillis sur décision personnelle de son ministre. Il est également inadmissible qu'il prétende les avoir laissé partir à leur demande et justifier cela par le fait qu'il n'avait pas à leur poser de questions sur ce qu'ils comptaient faire.
    A moins qu'Oslo ne veuille cacher quelque chose de fort grave, il n'aurait pas usé d'un jargon qui rappelle celui de certains de ses hauts commis de l'Etat qui avaient refusé, durant la Seconde Guerre mondiale, de tendre une main secourable à des gens qui étaient, eux, menacés d'une mort on ne peut plus certaine. Espérons que le procès de Khalid Sekkah a promis d'intenter au gouvernement norvégien devant la justice internationale et en particulier européenne, jettera la lumière sur cet épisode peu glorieux de l'histoire des relations entre la Norvège et le Maroc.








    Source : libe.ma
     

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