La croissance à bout de souffle

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 17 Juillet 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    Elle est aujourd’hui bien connue cette logique du ministre des Finances consistant à substituer aux résultats négatifs de l’économie d’hypothétiques performances à venir, qui ne se réalisent jamais.

    Cette logique est politique où l’occultation de la réalité et les faux espoirs entretenus se substituent, encore, à l’analyse, aux constats objectifs et à la politique du possible. Elle démobilise, incite à l’attentisme et fausse la visibilité, au lieu d’établir des repères sûrs et de responsabiliser.

    C’est le cas de l’analyse du ministre des Finances, fondée sur cette logique, dont le Conseil de gouvernement, réuni jeudi, eut à prendre connaissance.

    A mi-chemin du parcours d’un exercice qui ne se termine qu’au 31 décembre 2005, M. Ouallalou parle d’une année 2006, satisfaisante, dit-il, avec un taux du PIB de 5,4% en prix constant, un déficit budgétaire ne dépassant pas 2%, sur la base d’hypothèses retenant un prix de 50 dollars le baril de pétrole et un taux de change de neuf dirhams contre un dollar.

    Porté par cette logique, M. Ouallalou franchit allègrement le creux de l’année 2005 qui ne s’est pas encore achevée et où le PIB plonge à 1,8% à peine, soit un recul de près de 50% par rapport à son niveau escompté. Le recul de 12,5% du taux des PIB agricole, n’explique qu’en partie, la chute du PIB laquelle est entretenue par d’autres facteurs et contraintes.

    L’analyse du ministre des Finances se confine dans un schéma classique qui n’offre nulle perspective de rompre le cercle vicieux aléa climatique - croissance - déficit budgétaire - faiblesse de l’investissement, où les contraintes sont insoutenables.

    Les agrégats économiques sont, en quelque sorte, les points reliant les pics et les creux de la partie visible de l’iceberg que constitue l’économie avec sa plus grande partie immergée au-dessous d’une ligne par où se prolongent les graves déficits.

    L’impact des résultats négatifs de l’année 2005 se fera immanquablement ressentir sur 2006, avec les lourdes contraintes cumulées au cours des années passées et celles imposées par les défis présents et à venir.

    A la logique du ministère des Finances et à la politique économique des pouvoirs publics qui entretiennent l’attentisme et des espoirs difficiles à nourrir, en réalité, devraient se substituer un réalisme, une objectivité et des espoirs qu’entretiennent la mobilisation et l’effort d’investissement, de compétitivité et d’amélioration au niveau des exportations, se traduisant par une résorption progressive des déficits, et ce, dans le cadre d’une gestion efficiente de l’économie et de la mise en place des réformes de l’administration, de la justice et d’autres qui tardent à venir.

    Par: Mostafa NASSIRI

    Source: L'opinion.

     

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