La croissance économique en ralentissement

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 16 Novembre 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    Entamé depuis plus de deux exercices, le cycle de croissance ascendant est en passe de connaître une nette rupture, comme l'attestent les signes d'essoufflement du profil de l'activité économique.

    Selon le Haut commissariat au Plan (HCP), dans un contexte international particulièrement difficile, corrélé de surcroît par un facteur climatique pesant, «l'économie nationale a évolué, au cours du premier semestre 2005, dans une conjoncture marquée par une flambée des prix du pétrole, un fléchissement de la production agricole et un creusement sensible du déficit commercial».


    Le système économique et son environnement se sont caractérisés par d'intenables fragilités, comme le prouve l'inflexion de l'activité de certains grands moteurs de la conjoncture. Les fortes perturbations de la conjoncture internationale ont plongé l'économie nationale dans un climat d'incertitudes.
    Avec la faible pluviométrie et une demande extérieure sur les produits nationaux marquant le pas, nombreux sont les moteurs de l'activité économique qui ont tourné au ralenti.

    Au plan sectoriel, cette situation s'est traduite par des évolutions contrastées. Les mêmes sources indiquent ainsi que la valeur ajoutée agricole a enregistré une baisse d'environ 15,8%, en comparaison avec la même période de l'année précédente, attribuable à une chute de la production végétale, notamment celle des céréales et des légumineuses.

    Dans cette conjoncture morose, certaines activités minières, industrielles, de construction et de services arrivent à réaliser des progressions notables. Il en est ainsi des activités marchandes qui ont affiché une croissance de 4,9%, au cours de la même période. Pour le HCP, à l'origine de cette évolution, on relève une bonne orientation de la plupart des secteurs productifs, à l'exception de l'industrie manufacturière qui a, quelque peu, pâti de la contraction des activités du textile et de la quasi-stagnation de l'agroalimentaire.

    La production minière a été soutenue par des activités phosphatières et un bon comportement des minerais métalliques, avec l'affermissement de la demande étrangère et l'embellie des cours sur les marchés internationaux. L'amélioration du secteur énergétique a bénéficié d'une accélération du rythme de croissance des activités de raffinage et d'un renforcement des capacités de production électrique. Le BTP s'est favorablement comporté, profitant de l'exécution de grands projets d'infrastructures de base et d'habitat social. La branche «transport et communication» a été stimulée par le raffermissement du trafic aérien et ferroviaire et la croissance marquée des télécommunications.

    Cette évolution favorable des activités marchandes hors agriculture s'est accompagnée d'une amélioration de la demande intérieure, favorisée par une hausse modérée des prix de détail. Pour les analystes du Centre marocain de conjoncture (CMC), ces ressorts internes de l'activité économique doivent, par conséquent, être soutenus et renforcés afin «de créer des conditions propices pour la libéralisation du potentiel existant et favoriser le redressement de l'activité». Au cours des neuf premiers mois, l'Indice du coût de la vie n'a crû que de 0,8%, en glissement annuel, contre 1,9% une année auparavant.

    La consommation publique a été dopée par l'augmentation des dépenses de fonctionnement, celle des ménages résidents a pâti d'un fléchissement de l'offre primaire et d'un repli des revenus en milieu rural. La demande des non-résidents a, par contre, été renforcée par le bon comportement des entrées touristiques.

    Les échanges extérieurs ont été marqués, au cours des neuf premiers mois de l'année 2005, par le creusement du déficit commercial et le recul du taux de couverture qui a atteint 6,3 points. Les importations en valeur ont augmenté de 12,9%, en variation annuelle, pâtissant, en particulier, du renchérissement de la facture pétrolière de 63%.

    Les exportations (+0,1%) semblent s'essouffler, en raison principalement d'un fléchissement des ventes de produits de la confection et de la bonneterie. Ce sont les expéditions de phosphates et dérivés, soutenues par une demande externe plus forte, qui ont permis d'en éviter une plus grande dégradation. Les secteurs d'activité tournés vers l'extérieur ont subi les conséquences d'un essoufflement de la demande émanant des marchés traditionnels doublé d'une concurrence plus acharnée sur certains segments de produits.

    Le marché du travail s'est caractérisé, au cours du troisième trimestre 2005, par une légère hausse du taux de chômage, atteignant ainsi 10,9%. Les créations nettes d'emplois au niveau national n'ont pas dépassé, en une année, 36.000 postes.

    Au chapitre des finances publiques, le contexte conjoncturel difficile dans lequel évolue l'économie nationale en raison de l'incidence négative de la sécheresse mais aussi de l'environnement extérieur ne semble pas avoir affecté la programmation budgétaire.

    Sur ce plan, le budget de l'Etat a dégagé un excédent de 7,3 milliards de DH, au terme des sept premiers mois de l'année 2005. Les recettes se sont améliorées de 21,6%, en glissement annuel, tandis que les charges globales n'ont augmenté que de 8,7%.

    Cette situation demeure toutefois provisoire du moment que le budget 2005 reste soumis à deux contraintes majeures, à savoir la hausse persistante des cours du pétrole et les charges supplémentaires de l'opération «départ volontaire à la retraite».

    Concernant le financement de l'économie, l'offre de monnaie a affiché, au deuxième trimestre, une progression soutenue des moyens de paiements. La masse monétaire s'est accrue de 12%, en variation annuelle, suite à un rebond des concours à l'économie de 12,5%.

    La vigueur de cette hausse a été accompagnée d'une légère reprise des taux interbancaires et d'une baisse des taux des adjudications des Bons du Trésor, notamment ceux à court et moyen termes. Le cours du dirham s'est déprécié, en un trimestre, de 6% par rapport au dollar et s'est apprécié de 1,4% vis-à-vis de l'euro.

    Pour sa part, la Bourse des valeurs de Casablanca a affiché une performance de 13%, au terme des neuf premiers mois de l'année 2005. La capitalisation du marché a réalisé une hausse de même ampleur, s'inscrivant à un niveau de 234,8 milliards de DH, soit 52,9% du PIB. Le volume des transactions s'est sensiblement accru, suite à un début de retour des capitaux étrangers sur le marché boursier national.

    La mise à jour des estimations des agrégats du PIB, à prix constants, pour 2005, conclut au maintien de la prévision antérieure d'un taux de croissance de 1,2%, précédemment avancé.

    L'investissement global poursuivait son dynamisme, soutenu par la poursuite des programmes de l'habitat, l'extension et la modernisation des infrastructures de base et le lancement des programmes inscrits dans le cadre de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH).

    Les actions, estime le CMC, peuvent constituer des éléments importants au service d'une croissance soutenue. La construction des logements continuerait à être favorisée par les facilités de crédits accordés au secteur immobilier et par la détenue qui caractérise les taux d'intérêt pratiqués par le système bancaire. Globalement, la croissance annuelle de la FBCF, en valeur, pourrait s'établir à 7,2% et la consommation finale intérieure évoluerait d'environ 5,4%.

    Dans cette perspective où les incertitudes qui pèsent sur l'activité économique concernent la pluviométrie et le comportement de la demande extérieure, le CMC estime toutefois que «le climat des affaires devrait s'améliorer progressivement pour induire des anticipations plus positives .

    L'Observatoire privé de l'économie marocaine s'attend même à un rebond au titre de l'exercice 2006.

    Abdelali Boukhalef
    Le Matin
     
  2. Friend

    Friend Bannis

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    Re : La croissance économique en ralentissement

    Je n'ai jamais bien saisi les parametres ou les indicateurs pour evaluer et juger la croissance economique au maroc! Quant les institutions financieres genre FMI ou BM tirent la sonnette d'alarme pour ce qui est de la situation au Maroc , nos reponsables (toujours optimistes) attribuent leur incapacité à gerer l'economie et les finances de l'Etat à des aléas d'ordre climatique , ou de conjoncture internationale défavorable!!! Le fait est que la culture de la mediocrité, la corruption , les detournements des deniers publiques , l'absence de nationalisme et la mauvaise gouvernance sont les causes reelles!! allah ird bina !
     

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