La Fée des Dunes

Discussion dans 'toutes les poésies...' créé par titegazelle, 18 Décembre 2008.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    La Fée des Dunes

    C'est ainsi que je me suis trouvée, avançant,
    D'un pas irrégulier et lourd dans le couchant,
    Aux lumières brûlantes d'un soleil mourrant,
    Derrière les dunes, au nord du désert du Soudan.

    Un vent asphyxiant battait ma robe noire,
    Je respirais à peine, j'étais au désespoir,
    De trouver un abri, une source pour boire,
    Les démons du trépas, tournaient dans ma mémoire.

    J'espérais, qu'une caravane de chameaux,
    Qui déplaçait la vie, en transportant de l'eau,
    Profile à mon horizon flou de sirocco,
    La grâce de son ombre, chimérique tableau.

    Et puis la nuit venue je me mis à trembler,
    Le froid et la peur d'un manteau, m'enveloppaient,
    Camisole invisible qui me paralysait
    C'est alors qu'apparût sur le sable la fée.

    Elle était costumée comme les hommes bleus,
    Sous ses voiles indigo, je n'ai vu que ses yeux,
    Maquillés de Kohl noir, son regard lumineux,
    Qui brillait sous la lune, me semblait dangereux.

    Mais il n'était pour moi plus possible de fuir,
    Les épaules couvertes d'un drap de cachemire,
    Je voyais défiler tout prêts à m'éblouir,
    Des cavaliers superbes, dans un fiévreux délire.

    Ma tête était si sourde et mon esprit confus,
    Que je m'abandonnais sous des soieries pendues,
    Dans ce faste de cuivre, d'or et de tissus,
    Aux onguents, à l'encens, Ô paradis perdus!

    Sa voix aérienne s'accordait à la musique
    Des sistres et des flûtes en un doux chant mystique,
    De ses mains, elle détenait le pouvoir magique,
    De me rendre la vie, en ce lieu fantastique.

    Je ne sais combien de temps j'ai vécu là bas,
    Entourée de danseuses, musiciens et ulémas,
    Dans la joie de leurs rires, et la chaleur des bras,
    De ce monde généreux, étoile du Sahara.


    La princesse du conte des mille et une nuits,
    Avait la grâce pure des perles de pluie,
    Adorée, vénérée, fille de chef targui,
    Au coeur bien plus précieux que le plus beau rubis.

    Transformée à jamais par les rites d' Orient,
    La culture, la sagesse, infiltrées dans mon sang,
    Je ne peux que mêler à mes jours maintenant,
    Les secrets d'infini de Sarah au néant.

    Poème offert par Marine Delange le 13 mars 2005 à une jeune fille, Sarah, morte à l'âge de 20 ans.

    """Au moment où j'écrivais ce poème j'ai reçu un message très gentil d'une dame qui est la maman d'une Sarah. J'ai visité le site de Sarah et j'en ai été bouleversée. Cette poésie lui est dédiée. Sarah, veut dire princesse et la Sarah de Yvette en était une. Aujourd'hui elle danse pour les anges, et parfois la nuit lorsque l'on entend des bruissements dans les feuilles des arbres, ce sont les voiles de Sarah qui volent autour de ses pas......"""
    Commentaire de Marine Delange
     

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