La femme, oubliée de l'égalité à l'emploi

Discussion dans 'Info du bled' créé par omarigno, 20 Mars 2006.

  1. omarigno

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    “Les économistes ont naïvement cru pendant des années que le niveau d'éducation des femmes suffit pour dépasser les inégalités. Or, ce n'est pas vrai. On note une absence d'une tendance normale d'égalité”.

    La déclaration est celle de Danièle Meulders, chercheur à l'université libre de Bruxelles. Elle est l'une des intervenants au colloque international pluridisciplinaire sur le thème “marché du travail et genre dans les pays du Maghreb”.

    Une manifestation organisée par le Haut commissariat au Plan en collaboration avec les organismes scientifiques belge et français et dont les travaux, de deux jours, se poursuivent aujourd'hui à Rabat.

    L'accès des femmes à l'emploi est au c½ur des discussions de cette rencontre. Il ne s'agit pas d'une réunion de sociologues, mais de chercheurs qui, pendant des années, ont beaucoup travaillé sur le sujet et qui aspirent à arriver à des solutions efficaces pour établir l'égalité des chances.

    Pour Danièle Meulders, il a fallu du temps pour se rendre compte que c'est au niveau politique que les chercheurs n'arrivent pas à avoir des solutions satisfaisantes. Le Maroc où est organisé le colloque intéresse les chercheurs internationaux vu les changements qu'il connaît. L'emploi, que ce soit au Maroc ou en Europe, est caractérisé par de fortes similitudes. Mais, dans notre pays, le taux d'activités des femmes est assez faible.
    “Le taux d'activité des femmes est un indicateur significatif. Moins de 30 % contre 80 % pour les hommes au Maroc, par exemple, où il est cependant, selon la banque mondiale, l'un des plus élevé du monde arabe.
    Encore reste-t-il bien en deçà de ceux enregistrés dans des pays d'Asie ou encore en Europe de l'Est où il se situerait autour de 70 %”, souligne Ahmed Lahlilmi, Haut commissaire au Plan. Les femmes marocaines souffrent à cause d'un passé historique qui empêche bon nombre d'entre elles à accéder à l'autonomie matérielle et surtout au pouvoir.
    Ahmed Lahlimi est convaincu de cette réalité, expliquant que les charges domestiques n'ont pas cessé, dans plusieurs aires de notre géographie humaine, de mobiliser sans rémunération une grande partie de la force du travail féminine disponible.
    L'injuste est que cette réalité continue de hanter la femme même si on enregistre des changements de la situation socio-économique.
    Les mentalités commencent au fil du temps à changer. La femme accède à l'éducation et à l'emploi. Mais, pas assez !
    L'évolution ne répond pas, comme il faut, aux aspirations et ne concrétise pas réellement l'égalité des chances. On note une baisse rapide de la fécondité (2,5 enfants/femmes en 2004) et une hausse de l'âge du mariage (26,3 ans). La femme se libère de plus en plus de plusieurs stéréotypes.

    En dépit de tout, la discrimination reste toujours de mise au milieu du travail. Les femmes demeurent mal payées par rapport aux hommes et plusieurs d'entre elles exercent des métiers de qualité moins bonne que les hommes. La précarité de la situation des femmes dans le marché de l'emploi est due aussi à une inégalité des chances dans l'accès à des formations qualifiantes
    Ahmed Lahlimi tient à tranquilliser la gent féminine du Maroc.

    “L'Initiative nationale pour le développement humain donne à la demande féminine d'emploi une impulsion de plus en plus forte.

    Ce programme de grande envergure devrait résorber les déficits sociaux en matière d'adduction d'eau potable, d'électrification, de routes et de formation, notamment en milieu rural. En allégeant les charges domestiques des femmes et en leur favorisant leur accès à des services sociaux de base et à une participation plus active à la vie économique locale, l'INDH a vocation à favoriser une expression plus forte de cette demande”.
    Le Maroc entreprend des efforts pour instaurer l'égalité des chances. Or, il reste encore un long chemin à arpenter.
    Les Marocaines à Bruxelles
    La Belgique porte un grand intérêt au colloque "marché du travail et genre dans les pays du Maghreb".
    La participation à cette rencontre de Brigite Grouwels, secrétaire d'Etat à la région de Bruxelles-Capitale, chargée de l'égalité des chances en est la preuve.
    “Différentes dimensions de ce colloque sont importantes pour la région de Bruxelles-Capitale et pour la politique d'égalité des chances que j'y mène”.
    En effet, pas moins de 30 % des habitants de la région sont d'origine étrangère.

    Plus de la moitié des 225.000 Marocains ou Belges d'origine marocaine habitant en Belgique en 2000, habitent à Bruxelles, soit 10 % de la population bruxelloise.
    “J'ai appris que Bruxelles est la ville, en dehors du Maroc, où habitent le plus de Marocains vis-à-vis de la population totale de cette ville.
    La moitié des Marocains sont des femmes.
    C'est pourquoi je souhaitais être présente ici lors de ce colloque”, signale Brigite Grouwels.

    Une enquête en 2003 fait ressortir que le taux d'emploi des personnes issues de l'immigration est inférieur à celui de la population autochtone. La situation de la femme est pire encore.
    1/4 des femmes est issue de l'immigration. “Je remarque que les travailleurs féminins ressortissant des pays du Maghreb sont très prisés dans le secteur des soins de santé.


    Elles jouissent également d'une excellente réputation dans le secteur de la comptabilité d'entreprise”. Cependant, les femmes qui ont un haut niveau d'éducation sont confrontées à plusieurs obstacles dans le marché de l'emploi.


    Jihane Gattioui | LE MATIN
    Article propose par Angilika99
     

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