La fin du premier jour de débats sur le sort de l'AKP

Discussion dans 'Info du monde' créé par osiris, 28 Juillet 2008.

  1. osiris

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    Turquie: fin du premier jour de débats sur le sort de l'AKP


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    Les juges de la Cour constitutionnelle turque ont terminé lundi un premier jour de délibérations sur une possible interdiction du parti au pouvoir soupçonné d'islamiser le pays, ce qui pourrait plonger le pays dans une crise politique et mener à des élections anticipées.

    Les magistrats ont levé la séance qu'ils avaient entamé à 06h35 GMT vers 19h10 GMT, a rapporté l'agence Anatolie.

    Les délibérations doivent se poursuivre mardi matin.

    La réunion cruciale des onze magistrats intervient alors que les tensions déjà fortes ont été exacerbées par l'explosion dimanche soir de deux bombes à Istanbul qui ont fait 17 morts et des dizaines de blessés.

    Les juges ont prévu de débattre tous les jours, pendant une durée indéterminée. Mais selon Osman Paksüt, vice-président de la Cour, les juges souhaitent rendre un verdict "le plus rapidement possible".

    Ce procès est le premier ouvert en Turquie contre un parti au pouvoir.

    Théoriquement, le verdict, qui requiert une majorité de sept voix, pouvait tomber dès le premier jour, mais un tel cas de figure semblait assez improbable, selon les spécialistes.

    Le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) est accusé d'être devenu le "foyer d'activités allant à l'encontre de la laïcité" et doit être interdit, estime le procureur de la Cour de cassation, à l'origine de la procédure déposée en mars.

    Le tribunal pourrait accepter ou rejeter le recours, ou choisir une voie intermédiaire, privant, par exemple, l'AKP de financement public.

    Mais la dissolution de la formation islamo-conservatrice est le pronostic le plus souvent avancé. En 1998 et en 2001, la Cour constitutionnelle avait déjà interdit, respectivement, les partis islamistes de la Prospérité et de la Vertu, dont est issu l'AKP, également au motif qu'ils menaient "des activités anti-laïques".


    Au pouvoir depuis 2002, très largement victorieux aux législatives de 2007, l'AKP s'est attiré depuis les foudres des milieux pro-laïcs en voulant légaliser le voile islamique dans les universités, sujet hautement sensible dans ce pays majoritairement musulman, mais fondé sur une stricte laïcité.

    En plus de la dissolution du parti, la justice demande aussi que 71 de ses dirigeants, dont le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et le président Abdullah Gül, soient interdits d'appartenance à un parti politique pendant cinq ans.

    De l'avis général, si l'AKP venait à être dissous, des législatives anticipées devraient être organisées.

    Pour les milieux libéraux, une fermeture de l'AKP, qui rejette les accusations de vouloir éroder la séparation de la religion et de l'Etat, serait anti-démocratique dans un pays qui aspire à intégrer l'Union européenne.

    "Même si l'AKP a un bilan très mitigé en matière de laïcité, interdire un parti au pouvoir serait un grand coup porté à la démocratie et provoquerait des turbulences politiques", a estimé Sedat Ergin, du journal Milliyet, sur la chaîne Habertürk.

    L'AKP, qui dénonce un "coup d'Etat judiciaire", a annoncé avoir mis au point des solutions de rechange, dont la possible création d'une nouvelle formation.

    Selon les sondages, le parti qui succéderait ainsi à l'AKP aurait toutes les chances de remporter les élections et, de l'avis des juristes, M. Erdogan pourrait retourner au Parlement comme député indépendant.

    Le chef du gouvernement s'est livré ce week-end à un exercice d'autocritique dans un entretien au quotidien Hürriyet, en admettant qu'il avait "commis des erreurs", allusion probable à l'autorisation du port du voile islamique dans les universités.

    La tenue d'élections anticipées, que le parti soit ou non interdit, est de plus en plus évoquée dans les coulisses politiques. Elles pourraient avoir lieu dès l'automne.

    Les tensions sont très vives entre les islamo-conservateurs et le camp laïc, mené par l'administration judiciaire et universitaire ainsi que par l'armée.

    Un complot présumé nommé "Ergenekon" visant à renverser le gouvernement a provoqué l'arrestation de nombreuses personnalités pro-laïques.

    Leur procès doit s'ouvrir en octobre.


    AFP
     

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