La France Qui Galère

Discussion dans 'Maroc' créé par Le_Dictateur, 17 Novembre 2007.

  1. Le_Dictateur

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    Les Bleus ont concédé un résultat nul à une équipe marocaine séduisante et soutenue par tout le Stade de France, vendredi en amical (2-2). Impliqué sur le premier but, Landreau passera cinq jours dans sa bulle avant Ukraine - France, où les Français devront être beaucoup plus efficaces dans les zones décisives. Nasri (une passe, un but) a marqué des points.

    Un vrai bon match de football

    Au moins, ce match-là est allé au bout. Pour ceux qui étaient au Stade de France le 6 octobre 2001 et qui y sont revenus vendredi, ça n'allait pas de soi. La joie démonstrative et débordante des milliers de supporters marocains avait quelque chose à voir avec celle qui avait alors saisi les Algériens, au point de précipiter l'envahissement du terrain et l'interruption du match. Malgré de trop nombreux sifflets à l'encontre des Bleus (encore vêtus de blanc), quelques-uns encore pendant la Marseillaise, France - Maroc s'est déroulé dans une vraie ambiance de football, trop rare au Stade de France.

    Les deux équipes en sont en grande partie responsables : il y eut sur la pelouse un match de football passionnant. Il n'en a pas toujours été ainsi lors des longues soirées d'hiver réservées aux rencontres amicales. En 2001, c'était le début de l'automne, et l'humiliation que subissait l'Algérie (4-1) avait paru insupportable aux supporters maghrébins. Cette fois, l'espoir d'une victoire marocaine a fait se lever du siège plus d'une âme fidèle au Royaume, mais personne n'a quitté la tribune, guettant un possible exploit, et finalement un résultat nul mérité (2-2).

    L'équipe d'Henri Michel a ouvert le score à la 8e minute. Elle n'a pas connu de temps faible, égalisant à la 83e alors que la France menait 2-1. Surtout, elle a développé par séquences des enchaînements auxquels pas grand monde ne résistera à la CAN. L'équipe de France a répondu avec un mordant qu'elle n'avait peut-être pas prévu de mettre dans une telle soirée. Elle a surtout manqué d'efficacité dans les zones de vérité.

    Pas terrible terrible si Ukraine - France devait être décisif. En fait, les bonnes et les mauvaises nouvelles s'équilibrent. Les bonnes : Nasri avance à toute vitesse vers la grande forme, lui qui fut décisif sur sa conservation du ballon et sa passe à Govou pour le premier but des Bleus (16e), avant de marquer son deuxième but international d'une frappe du gauche précise (76e). Toujours au rayon individuel, Thuram, Govou ou Clerc ont rassuré.

    Sur le plan collectif, il y a la satisfaction d'être revenu au score pour la première fois depuis le test amical post-Coupe du monde en Bosnie (victoire 2-1). Entre-temps, la France n'avait pas su le faire contre l'Ecosse (deux fois 0-1) et l'Argentine (0-1). Mais les Bleus n'avaient plus concédé deux buts dans un même match depuis seize rencontres et leur défaite contre la Slovaquie (1-2). Ils n'auraient pas davantage dû être menés.

    Chauds bouillants d'entrée de jeu, les Marocains trouvèrent l'involontaire concours de Mickaël Landreau pour ouvrir la marque. Le gardien parisien a repoussé dans les pieds de Sektioui une frappe de Hadji. Cela pourrait bouillir sous son crâne de joueur mature d'ici Kiev. A cet instant-là, sur leurs onze derniers matches, les Bleus n'ont encaissé que deux buts. Celui-là et celui de McFadden. Dans les deux cas, Landreau y est pour quelque chose, aujourd'hui plus qu'hier.

    Le froid sibérien de Saint-Denis, cela dit, sembla l'ennemi des gardiens, puisqu'un dégagement raté (au pied) de Lamyaghri mena Govou vers un but jumeau de celui qui lui avait permis d'ouvrir le score, dans la même cage, contre l'Italie (3-1) en septembre 2006 (15e). C'est un match dans lequel il y eut plus de mouvements séduisants, bloc contre bloc, technique déliée contre aisance dans les petits espaces, que d'authentiques occasions. Evra sembla vouloir imiter son gardien lorsque, dans la foulée de l'égalisation, il remit dans l'axe à Sektioui ! A côté, cette fois (16e).

    Landreau rattrapa son erreur initiale sur un coup franc vicieux de Safri (38e). Mais à part ça, même si l'intensité était marocaine, et l'occupation de l'espace plutôt à l'avantage des Tricolores, les surfaces furent quasi désertées avant les vingt dernières minutes : une frappe molle d'Anelka (72e) précéda le but du 2-1 de Nasri. Il fut suivi d'une occasion nette pour Hadji de près (76e). Vint, à la 83e, l'égalisation de Mokhtari sur un centre en retrait d'Alloudi. Egalisation méritée, même si sur l'action, les Bleus donnaient l'impression d'être déjà rentrés au vestiaire pour ne pas manquer le dernier RER.

    Le choix du 4-2-3-1 effectué par Raymond Domenech, immuable au-delà des six changements, semblait taillé pour entretenir les certitudes des Bleus sur l'imperméabilité de ce système avant d'aller chercher un billet pour l'Euro 2008. Sous ce prisme, le 2-2 est rude à encaisser, même si les dites certitudes ne sont pas toutes mortes. Les Bleus ne perdent toujours qu'en 4-4-2. Les Bleus n'ont pas perdu vendredi. Et en Ukraine, il faudra surtout ne pas perdre.

    AFP

     

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