La généralisation des Observatoires d'écoute dans les écoles s'impose

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 30 Janvier 2006.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    Les établissements scolaires marocains prêtent peu d'attention à la psychologie même si cette dernière s'avère d'une plus haute importance. Les élèves ont, en effet, besoin d'écoute. Malheureusement, ils ne rencontrent qu'un grand mur d'incompréhension au point que bon nombre d'entre eux finissent par détester l'école.

    Aujourd'hui, rares sont les établissements qui ont pris l'initiative de créer un observatoire d'écoute. Le lycée Omar El Khyam de Rabat est le premier qui a tenté depuis l'année dernière cette expérience on ne peut plus réussie.
    Cette année, c'est à Ifrane et Agadir que des observatoires d'écoute ont été lancés. Le ministère de l'Education nationale qui a organisé des rencontres avec des responsables pour développer davantage cette idée ne semble pas contribuer comme il faut dans ce domaine.

    Les observatoires qui ont été créés se comptent sur les bouts des doigts. Ils ne sont le fruit que d'une initiative personnelle des éducateurs. A Omar El Khyam, à titre d'exemple, c'est une professeur de philosophie, Amina Baji, qui en a eu l'idée. Elle a créé un espace dédié aux élèves pour exprimer leurs besoins et leurs appréhensions. «Le point fort de l'observatoire c'est qu'il effectue des rencontres collectives. L'élève est encouragée à y participer.

    Ce n'est pas le cas lorsqu'il s'agit des rencontres individuelles, l'élève craint d'être repéré par ses camarades», explique Amina Baji. Ainsi, plusieurs élèves ont été sauvés des griffes de la délinquance et de la drogue. Il a suffi que quelqu'un les écoute et s'intéresse à leurs préoccupations pour arpenter le bon chemin.

    Multiples sont les problèmes des adolescents. Ils ont éminemment besoin de l'aide d'un psychologue et d'une assistante sociale.
    « Nombreux sont les élèves qui ont dû arrêter leurs études à cause de problèmes psychologiques et sociaux même s'ils sont brillants». Amina Baji tient à tirer la sonnette d'alarme.

    L'école (surtout les collèges et les lycées) n'a plus une image de sécurité. La délinquance y existe. Il suffit juste de passer à côté des établissements scolaires pour faire cette remarque. Des adolescents d'à peine treize ans se droguent et font des pratiques douteuses en plein public. Les écoles ne sont plus considérés par les parents comme un lieu des transmissions des valeurs.
    Ce rôle est souvent remis en cause vu que les élèves ne «subissent» pas comme il se doit l'influence des professeurs. Ces derniers se contentent de transmettre leur savoir aux élèves sans s'occuper de l'aspect psychologique. La situation actuelle est donc le résultat de tout un système éducatif qui n'accorde pas assez d'importance à la psychologie.

    Celle-ci nécessite en premier lieu une grande volonté politique pour être instaurée dans les établissements scolaires. Il faut également mobiliser le personnel adéquat : des psychologues, des assistantes sociales, des pédagogues, la société civile…Bon nombre de spécialistes sont prêts à être volontaires. Le docteur Jalal Toufik, à titre d'exemple, a beaucoup travaillé avec les lycéennes d'Omar El Khyam. Ce psychologue a même affiché sa volonté d'½uvrer dans d'autres villes.

    La réalisation des partenariats est une solution efficace. C'est pour cette raison que l'on a créé une association de «création des observatoires d'écoute» dont les travaux vont démarrer prochainement. La première action vise la création de trois centres à Yaacoub Al Mansour à Rabat.

    Notons que le rôle d'un observatoire d'écoute n'est pas seulement d'entendre les problèmes des élèves mais aussi de les aider à s'épanouir en exerçant plusieurs activités : théâtre, chant, danse, peinture, conférence de sensibilisation. Bref, il faut que l'élève aime l'école.



    LEMATIN
     

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