La justice pénale "n'est pas toujours la meilleure voie" pour réparer les erreur

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 3 Février 2006.

  1. Casawia

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    Driss Benzekri: la justice pénale "n'est pas toujours la meilleure voie" pour réparer les erreurs du passé

    Le président de l'Instance Equité et Réconciliation (IER), M. Driss Benzekri a affirmé jeudi à Madrid, que la justice pénale n'est pas toujours la meilleure voie pour affronter les violations passées des droitsde l'homme, soulignant que "chaque société doit trouver la formule la plus appropriée pour assumer son passé".

    Lors d'une rencontre avec un groupe de journalistes espagnols, M. Benzekri s'est livré à une analyse comparative des expériences de transition démocratique dans plusieurs pays : l'Espagne, le Portugal et la Grèce ont choisi de tourner la page sans constituer de commissions de vérité, les pays latino-américains ont opté pour des commissions d'enquête et la justice pénale,alors que d'autres pays, comme le Maroc, ont choisi la réconciliation à traversla vérité et la justice réparatrice.


    "Permettre à la société de sortir du silence, de parler librement des violations passées des droits de l'homme et de chercher la vérité, est en soi une forme de justice", a expliqué M. Benzekri qui a souligné que le Maroc a opté pour "la justice réparatrice" des dommages subis par les victimes des violations passées des droits de l'homme et leurs familles.


    "Dès la mise en place de l'Instance Equité et Réconciliation, notre prioritéa été de chercher d'abord la vérité", a dit M. Benzekri, soulignant que les travaux de la commission ont débouché sur des conclusions et des recommandations qui visent à faire sortir le pays du "cercle vicieux de la transition démocratique pour l'installer définitivement dans la normalité démocratique".



    Le président de l'IER a mis en exergue la ferme volonté de SM le Roi Mohammed VI de mettre le pays sur la voie de la démocratisation et de la modernisation. Il a qualifié de "pas très important la décision de SM le Roi derendre public, le rapport de l'IER qui est très dur quant aux responsabilités de l'Etat dans les violations passées des droits de l'homme au Maroc", mettant aussi en exergue la sympathie exprimée par le Souverain aux victimes et à leursfamilles.


    M. Benzekri a assuré que tous les partis politiques sont d'accord pour menerles réformes qui s'imposent et promulguer les lois nécessaires pour la démocratisation et la modernisation du pays, relevant toutefois des divergencesquant au rythme des réformes.


    "Nous avons remarqué qu'il y a des secteurs conservateurs aussi bien dans l'administration qu au sein des partis politiques qui sont pour un changement progressif, alors que d'autres secteurs modernistes veulent un changement plus rapide", a-t-il affirmé.


    "Le souverain veut imprimer un rythme rapide aux réformes à entreprendre, mais la société politique est-elle préparée pour un tel rythme ?", s'est-il demandé, relevant que l'IER attend la réponse de la classe politique aux recommandations et réformes proposées par l'Instance.

    Jeune Afrique
     

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