La Ligne du Martyr défie la direction du Polisario et persiste à tenir son congr

Discussion dans 'Scooooop' créé par MATAPAYOS, 25 Décembre 2006.

  1. MATAPAYOS

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    La Ligne du Martyr défie la direction du Polisario et persiste à tenir son congrès à Tindouf
    Le Sahara met à mal les relations entre Madrid et Alger




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    Le dossier du Sahara connaît certaines évolutions régionales, dont notamment la détérioration des relations hispano-algériennes, en raison des positions fort contradictoires des deux capitales vis-à-vis de ce problème. Alors que les regards se tournent vers les camps du Tindouf pour voir ce que va donner le congrès du Mouvement populaire-Ligne du Martyr prévu en fin du mois en cours. Ce serait le premier congrès d’un mouvement porteur d’une nouvelle vision du conflit du Sahara, qui se présente comme le substitut au Polisario, qu’il accuse de corruption.
    En annonçant sa décision de tenir son congrès les 28 et 29 décembre à Tindouf, le Front populaire-Ligne du Martyr (connu essentiellement sous le nom de Ligne du Martyr) voudrait s’imposer en force politique incontournable face au Polisario. Les premières prémisses de son apparition remontent à l’an 1997, lorsqu’une grande partie des Sahraouis ont exprimé leur refus des résultats du congrès qui s’est tenu alors. Ce mouvement de contestation s’est renforcé grâce aux discussions qui eurent lieu dans les camps et en Europe, notamment en Espagne et en France. Il a essayé à maintes reprises d’organiser son congrès constitutif, mais s’est toujours heurté au refus des dirigeants du Polisario. Il est, semble-t-il, résolu cette fois à braver cette direction, pour tenir son congrès en fin de ce mois.
    Les dirigeants du Polisario n’ont pas encore réagi à l’annonce du congrès. Désireux de donner sur les Sahraouis des camps l’image d’une communauté cohérente et unie, Ils se sont toujours opposés à toute activité organisée par la Ligne du Martyr. Cette fois, ils se trouvent devant un dilemme, car toute interdiction serait perçue comme une violation des droits d’expression et de rassemblement, et soulèverait contre eux l’opinion publique internationale.
    Le congrès, s’il a lieu, promet nombre de questionnements : quels sont les liens que ce mouvement entretiendrait avec les autorités algériennes ? Quelle est sa capacité à mobiliser les Sahraouis ? Quelles sont ses propositions pour le règlement du problème du Sahara ? Sauraient-elles mettre fin à ce conflit, ou bien aggraveraient-elles plus la situation en place ?
    «L’objectif de ce congrès, a déclaré à l’hebdomadaire La Vérité Mahjoub Essalek, l’un des grands dirigeants dudit mouvement, est d’essayer de fonder un mouvement qui se substituerait au Polisario, ou du moins s’inscrirait au sein de ce dernier, avec de nouvelles propositions pour résoudre ce conflit et une volonté ferme de lutter contre la direction corrompue du Polisario.» L’un des dirigeants de la Ligne du Martyr, a bien voulu, sous couvert d’anonymat, nous éclairer sur les dites propositions : «Pragmatiquement parlant, le peuple sahraoui n’accepterait jamais de regagner le Sahara sans quelque véritable acquis politique qui puisse préserver sa dignité en compensant 35 années de lutte et de sacrifices énormes. De même le Maroc n’est pas prêt à s’avouer vainqueur, après 35 ans de présence sur le terrain, et de grands sacrifices en termes d’investissements et d’efforts. Mieux, nous savons qu’il y va aussi de sa stabilité. Partant, il faudrait s’attendre à une solution qui tienne compte de ces donnes.» Cette déclaration est significative à plus d’un titre, d’autant que le mouvement n’a pas encore tenu son premier congrès, pour qu’on puisse connaître au juste les principes fondateurs susceptibles d’orienter son action à l’avenir.
    Primo, il existe au sein de ce mouvement un certain courant préconisant une solution médiane, assortie de l’ajournement du référendum d’autodétermination. L’autonomie accordant à la population de larges prérogatives, telle qu’elle est universellement reconnue, est la bienvenue, mais sans abandonner définitivement la carte de l’autodétermination.
    On est devant le même scénario du Pays basque, où les mouvements nationalistes radicaux acceptent l’autonomie sans renoncer au droit d’autodétermination. Pour ce courant : «Le peuple sahraoui s’enlise dans les sables du Sahara, vaut mieux donc qu’il retourne au Sahara, pour qu’il y mène son combat. »
    Secundo, il existe au sein de La Ligne du Martyr un autre courant prônant la nécessité d’entreprendre quelque action pour faire avancer le dossier. Le retour aux armes n’est pas exclue, pour ce courant, afin d’imposer à l’ONU une nouvelle réalité sur le terrain. Quant à la relation que La Ligne du Martyr entretient avec l’Algérie, maints observateurs pensent que ce mouvement essaye de garder quelque distance vis-à-vis d’Alger, afin de préserver son autonomie, d’autant qu’il est encore dans ses débuts, d’où la nécessité pour lui de renforcer ses rangs loin de toute emprise étrangère. D’autre part, à défaut d’informations crédibles émanant des camps, toutes les sources que La Vérité a consultées, n’on pu l’éclairer sur la force et la présence de ce mouvement au sein des Sahraouis des camps. Néanmoins, la direction du Polisario s’abstient de qualifier La ligne du Martyr d’être à la solde du Maroc. C’est dire qu’il jouit d’une certaine sympathie dans les camps, due en grande partie au discours critique qu’il adopte vis-à-vis de la même direction, qu’il accuse de corruption et de sujétion à l’égard du clan de Mohammed Abdelaziz. Entre-temps, le congrès de la Ligne du Martyr constitue une nouvelle donne dans le dossier du Sahara. On ne saurait en aucun cas faire l’impasse sur ses éventuels impacts sur les camps du Tindouf, partant sur le dossier du Sahara.

    Le dossier du Sahara remet en cause les relations hispano-algériennes.

    Le conflit du Sahara a longtemps été, notamment sous le gouvernement de José Maria Aznar entre 2001 et 2003, l’un des éléments clés de l’amitié hispano-algérienne. Désormais, après la visite effectuée par José Luis Zapatero en Algérie, une pomme de discorde entre les deux pays, compromettant profondément leurs relations bilatérales. A dire vrai, cela remonte à deux ans, lorsque Zapatero s’est montré compréhensif à l’égard de la position marocaine, s’alignant sur la nécessité de trouver au conflit du Sahara une solution consensuelle. Ce qui n’a pas été au goût de l’Algérie, dont le ministre des Affaires étrangères n’a pas hésité à critiquer ouvertement Madrid. On a cru que les deux pays ont réussi enfin à surmonter leurs différents. Or, les dernières évolutions semblent contredire cette impression, avec les dernières déclarations du président algérien, Abdelaziz Bouteflika, et la réponse de Zapatero qui n’a pas tardé.
    En effet, lors de la visite de Zapatero en Algérie, mardi 12 décembre,Bouteflika a essayé, au cours d’un déjeuner officiel, de mettre dans l’embarras son invité en déclarant : «Nous souhaiterions que l'Espagne s'engage de manière plus résolue à amener le royaume du Maroc et le Front Polisario à accepter de mettre au point les modalités du référendum d'autodétermination libre et régulier, qui permettra l'expression de la volonté souveraine du peuple du Sahara occidental, conformément à la légalité internationale. L'Espagne ne peut pas rester indifférente au sort actuel du peuple sahraoui que vous avez colonisé de 1885 à 1975.» Selon ses sources politiques du Parti socialiste espagnol, Zapatero s’est abstenu de répondre sur le champ à son hôte, de crainte de jeter encore de l’huile sur le feu. Pressé par les journalistes, il s’est trouvé, vendredi, la semaine dernière, contraint de répondre : «L’Espagne ne s’est jamais contentée du rôle du spectateur. Elle a toujours adopté une position cohérente : la solution du conflit du Sahara devrait être le fruit d’un consensus. Comme cela n’a pas été le cas, il n’y a pas eu de solution. Le reste devrait être perçu comme autant de points de vue historiques et de principes. Mais, si l’on veut une solution, il faut qu’il y ait, comme le pense l’Espagne, un compromis.»
    De l’avis des observateurs, la réponse de Zapatero constitue un tournant dans les relations hispano-algériennes. Madrid aura donc mis fin à toute sorte de surenchères politiciennes de la part d’Alger, adoptant de ce fait une position qui bénéficie en premier lieu à l’Espagne. Le chef de file des socialistes aura donc compris qu’une grande partie de la sécurité de son pays passe impérativement par la stabilité du Maroc. D’où la nécessité de préserver la sécurité de son voisin du Sud.

    SOURCE: http://www.lobservateur.ma/zoom.asp

     

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