La Lydec se met à dos les abonnés et les élus de la ville

Discussion dans 'Info du bled' créé par imadici, 25 Octobre 2006.

  1. imadici

    imadici Pr. Ìpşø Fąċŧǿ...

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    Après les dernières augmentations des prix de l’eau et de l’électricité, La Lydec se met à dos les abonnés et les élus de la ville.

    Rien ne va plus entre La Lyonnaise des Eaux de Casablanca (Lydec) et se abonnés qui sont venus manifester bruyamment devant les agences du concessionnaire délégué pour dénoncer les augmentations conséquentes apparus sur les dernières factures d’eau et d’électricité. Après la série d’augmentations des prix qui ont affecté différents produits de premières nécessités ces derniers, les frais engagés dans la rentée scolaire, ceux occasionnés par le Ramadan et en attendant les dépenses de l’Aïd, c’était le coup de grâce pour de très nombreux ménages qui arrivent difficilement à joindre les deux bouts.


    La grogne monte de jour en jour et risque de provoquer des dérapages si les hausses décidées ne seront pas retirées. Pour temporiser, la distribution des factures salées de ce mois a été interrompue au niveau de plusieurs quartiers chauds de la ville.

    Il convient de rappeler que lors de la session de juillet 2006 du Conseil de la Ville de Casablanca, l’augmentation du prix de l’eau a été dénoncée par les élus de l’opposition auxquels se sont joints ceux de la majorité qui réclamaient au préalable et depuis longtemps la révision du contrat de gestion déléguée au motif que la Lydec n’aurait pas réalisé notamment les investissements qu’elle a promis et que ses redevances à la communauté n’ont pas évoluées.

    De là à ce que la Commission de Suivi Technique de la gestion déléguée donne en premier son aval pour une hausse des prix à la consommation, la majorité des conseillers de la Ville ne l’a nullement avalé. Devant la vive contestation du conseil et des abonnés qui ont vu leur facturation flamber, le maire, qui fait cavalier seul, devait expliquer que la révision du contrat de Lydec faisait l’objet d’étude et de concertation entre les différentes parties signataires, renforcées par des experts externes, qui doivent achever d’ici fin 2006 la copie rectifiée devant être présentée pour examen et approbation.

    Dans un rapport préliminaire rendu public par la commune urbaine de Casablanca, il ressortait de la comparaison entre les données communiquées par le délégataire et les données contractuelles un déficit des investissements réalisés et financés par le délégataire, une baisse des volumes de ventes relatives à l’eau potable et l’assainissement liquide, des taux atteints des rendements des réseaux d’eau et d’électricité inférieurs aux rendements contractuels, des écarts qui ont de grandes retombées économiques et financières sur les structures essentielles de la gestion déléguée.

    L’autorité délégante et le délégataire devraient se rencontrer à ce sujet pour décider d’un commun accord des mesures qui s’imposent et qui seront arrêtées à l’occasion de la revue globale du contrat, a-t-on indiqué. Ils devront également s’entendre sur le contrôle dont dispose l’autorité délégataire à l’égard du délégataire pour une meilleure efficience, le financement du fonctionnement du service permanent de contrôle local, le suivi et le contrôle des budgets d’équipements annuels, les conditions de passation des marchés par le délégataire au titre de la gestion déléguée, les redevances à l’autorité délégante, les périmètres des services délégués, les relations avec les producteurs et notamment avec l’ONE ainsi que sur l’éclairage public.

    Dans cette optique et pour une mise à jour la nouvelle mouture du contrat devant être présentée en fin de l’année en cours, le comité technique de suivi et de la gestion déléguée a déployé un comité de pilotage et des commissions de travail qui sont la commission juridique, la commission économique et la commission investissement. Ces commissions traiteront les volets suivants :

    - le volet juridique porte sur la révision des dispositions du contrat, le contrat de la gestion déléguée et la structure de contrôle, le suivi de la gestion déléguée, l’autorité délégante, le périmètre de la gestion déléguée, l’extension de l’objet du contrat, le fonds de travaux, la clarification des dispositions juridiques et la publication au bulletin officiel des cahiers des charges d’exploitation.

    - Le volet économique porte sur l’examen et l’évaluation du contrat, la valorisation des immobilisations, le programme d’investissement (réalisation et valorisation), l’actualisation du programme d’investissement, les formules de révision, la valorisation des projets réalisés, les travaux réalisés en interne, les prix moyens de vente, les structures de consommation, les travaux remboursables, les peines et soins, l’évolution du système tarifaire, la para tarification, les bordereaux des prix des travaux et les volumes d’eau et quantités d’électricité prévisionnels.

    - Le volet financier porte sur l’équilibre global, l’interprétation des charges, l’interprétation des recettes, les dépôts de garantie, les prévisions et le financement du renouvellement, les grosses réparations, l’assistance technique, les volumes prévisionnels, le financement du contrat, le financement du fond de travaux, de financement des régimes de retraite, les financements extérieurs (onep, organismes internationaux), l’équilibre financier du contrat et les frais d’études et de contrat.

    - Le volet technique porte sur les rendements des réseaux (eau, électricité), les taux de desserte, les branchements sociaux et la qualité de service. Le volet contrôle et régulation porte sur la nature du contrat, la revue de l’application du contrat avec actualisation, l’équilibre global du contrat, l’équilibre financier du contrat, le reporting et le suivi des investissements.

    En attendant la révision du contrat de gestion déléguée, la Lydec a expliqué les dernières augmentations qu’elle a appliquées par Arrêté ministériel (n° 214-06 du 6 février 2006, publié le 2 mars 2006) par lequel le Gouvernement a décidé d’augmenter le prix de l’eau potable avec lequel les distributeurs (régies et délégataires) achètent ce produit aux producteurs (ONEP et autre société). Simultanément, poursuit Lydec, le Gouvernement a décidé par Arrêtés ministériels (n° 215-06 du 6 février 2006) publié le 2 mars 2006 et n° 427-06 du 3 mars 2006 publié le 30 mars 2006) de changer la structure des tranches de consommation d’eau potable et d’assainissement en vigueur, à travers le rétrécissement de la 1ère tranche de consommation qui passe de 8 m cubes à 6 m par mois. Cette décision ne s’applique pas seulement pour Casablanca mais à l’échelle nationale.
    Conformément à l’article 32 du contrat de gestion déléguée toujours en vigueur, Lydec poursuit qu’elle a saisi auparavant l’autorité délégante pour lui soumettre une demande d’ajustement de la 1ère tranche comme cela a été fait à l’échelle nationale. Lors de la réunion de la commission technique de suivi du 12 mai 2006, l ’autorité délégante, en présence des représentants du Ministère de l’Intérieur (Autorité de tutelle), a donné son accord pour l’application de cette nouvelle disposition, à compter du 30 mars 2006.

    En dehors de l’augmentation du prix des producteurs et du réaménagement de la première tranche, rien d’autre n’a été entrepris à croire toujours Lydec qui signe et persiste en assurant que les prix unitaires de toutes les tranches (eau et assainissement), ainsi que leurs redevances n’ont pas changé. Et d’argumenter en indiquant que près de 40% de ses clients consomment dans la nouvelle 1ère tranche, soit jusqu’à 6 m cubes /mois, donc 200 litres par jour et paient une facture mensuelle maximale de 23,60 Dh HT pour l’eau potable ( ?). La grande majorité de ces familles sont à revenu limité et ne sont pas concernées par ces nouvelles dispositions. Cela veut-il dire que toutes familles qui manifestent actuellement sont aisées et consomment sans compter plus de 200 litres par jour ?

    Ceci dit, Lydec précise qu’elle s’approvisionne auprès des producteurs d’eau à 4,34 Dh HT le mètre cube et continue à le facturer aux Casablancais à 2,92 Dh HT le mètre cube en 1ère tranche. Elle rappelle enfin qu’elle a présenté les nouvelles dispositions tarifaires pour approbation au Bureau du Conseil de la Ville et aux Présidents des Arrondissements, respectivement les 17 mai et 26 juin 2006. Pourquoi alors une majorité des abonnés et des élus contestent aujourd’hui ces augmentations tarifaires ?

    www.lopinion.ma

     

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