La mort de Bhutto aurait pu être évitée, selon l'ONU

Discussion dans 'Info du monde' créé par @@@, 16 Avril 2010.

  1. @@@

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    Selon le rapport des Nations unies, la police pakistanaise a «sciemment» fait échouer l'enquête sur la mort de l'ex-premier ministre, qui «aurait pu être évitée si des mesures de sécurité adéquates» avaient été prises.

    Pour l'ONU, pas de doutes : les autorités pakistanaises n'ont pas fait correctement leur travail, ni avant, ni après l'assassinat de l'ex-premier ministre Benhazir Bhutto lors d'un meeting de campagne à Rawalpindi le 27 décembre 2007. Dans un rapport de 65 pages, dont la présentation publique, reportée une première fois, a finalement eu lieu hier soir à New York, les Nations unies soulignent que «l'assassinat de Mme Bhutto aurait pu être évité si des mesures de sécurité adéquates avaient été prises».

    La commission d'experts, emmenée par l'ambassadeur du Chili à l'ONU Heraldo Munoz, estime que la responsabilité de la sécurité de Benhazir Bhutto reposait sur le gouvernement, les autorités locales et la police. Or, «aucune de ces entités n'a pris les mesures pour répondre aux risques urgents, extraordinaires et récents qui (la) menaçaient», lit-on dans le rapport.

    Le 18 octobre 2007, l'ex-premier ministre avait déjà failli perdre la vie dans un attentat suicide, qui avait tué 139 de ses partisans. Malgré cela, elle ne bénéficiait pas d'un service de sécurité aussi rigoureux que celui qui avait été mis en place dans le même temps pour les anciens premiers ministres, pourtant moins exposés, du parti de Perzev Musharraf, le général-président d'alors.


    La scène du crime aussitôt nettoyée

    Autre conclusion accablante du rapport onusien : la police a «sciemment» fait échouer l'enquête. «Des responsables, craignant notamment l'implication de services de renseignement, ne savaient pas vraiment jusqu'où ils pouvaient aller dans l'enquête, même s'ils savaient pertinemment, en tant que professionnels, que certaines mesures auraient dû être prises», dénoncent les Nations unies.

    Les experts avancent pour preuve le fait que la scène du crime ait été passée au jet d'eau tout de suite après le drame. Ce qui, selon l'ONU, n'a pas pu se produire sans l'aval des plus hautes autorités. Le rapport dénonce aussi le peu d'éléments venus enrichir l'enquête. Hier soir à New York, Heraldo Munoz a déploré «un ensemble de 23 preuves dans un dossier qui aurait dû en contenir un millier».


    «Satisfaction» du PPP

    Des cadres du Parti du Peuple Pakistanais (PPP), la formation politique de Benhazir Bhutto et de son époux Asif Ali Zardari, devenu président en 2008, ont assuré à la BBC que les conclusions des Nations unies correspondaient «exactement à ce (qu'ils disaient) depuis le début». La présidence attend de son côté de «lire le rapport avant de rendre publique une réaction détaillée» et rappelle qu'elle mène sa propre enquête.

    Actuellement, la justice pakistanaise tient pour responsable de l'attentat le Mouvement des Talibans du Pakistan (TTP), proche d'al-Qaïda. Le chef de ce groupe, Baïtullah Mehsud, avait été inculpé le 1er mars 2008.

    En remettant en cause l'enquête, les Nations unies jettent un doute sur cette accusation. Au Pakistan, les bureaux de l'ONU sont fermés pour trois jours dans tout le pays par mesure de sécurité.




    http://www.lefigaro.fr/internationa...-benhazir-bhutto-l-onu-accable-islamabad-.php
     

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