La pollution, un tueur en série qui assassine nos enfants

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 20 Février 2006.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    La pollution de l’air est une grave menace environnementale pour la santé des enfants. Une étude américaine révèle que la capacité respiratoire des adolescents peut diminuer de 80% dans lez zones polluées. Des chercheurs français affirment, pour leur part, qu’un enfant dont le domicile se trouve à proximité immédiate d’une station d’essence ou d’un garage aurait quatre fois plus de risques de faire une leucémie.

    Une étude américaine récemment publiée par le « New England Journal of Medecine » a fait le point : la pollution diminue la capacité respiratoire des enfants. Cette étude, la plus longue jamais réalisée dans le domaine des effets de la pollution sur la fonction respiratoire, souligne combien les risques de maladie respiratoire et de mort prématuré à l’âge adulte sont importants chez les adolescents ayant grandi dans des zones urbaines très polluées qui diminuent leur capacité respiratoire.

    Les auteurs, chercheurs à l’université de Californie du Sud, ont suivi pendant huit ans des enfants élevés dans des communautés urbaines situées aux alentours de Los Angeles, certaines très polluées, d’autres non. Selon les résultats, environ 8% des jeunes de 18 ans vivant dans les zones les plus polluées présentaient une capacité respiratoire réduite de 80%, alors qu’ils n’étaient que 1,5% dans les zones les moins polluées. Les effets étaient comparables chez les garçons et les filles, qu’ils soient ou non asthmatiques ou fumeurs.

    « Attendons-nous à ce que ces résultats s’appliquent à d’autres villes », a fait valoir Patrick Breysse, directeur du département de santé environnementale à l’école de santé publique Johns Hopkins Bloomberg.

    Au total, 1759 enfants répartis dans 12 communautés urbaines du Sud de la Californie ont été suivis du printemps 1993 au printemps 2001. leur capacité respiratoire était mesurée tous les ans entre 10 et 18 ans, une période de la vie pendant laquelle les poumons se développent de façon importante pour atteindre leur capacité maximale.

    Les polluants étudiés provenaient des voitures, des pots d’échappements des camions, des usines et des centrales électriques. La diminution de la capacité respiratoire était liée à de fortes concentrations de dioxyde d’azote, aux fumées chargées en acide nitrique ou autres acides, et à la présence de carbone contenu dans les petites particules de suie qui peuvent pénétrer les poumons. L’Agence Américaine de l’environnement a limité début 2005 l’émission de ces particules de la taille d’1/30ème de cheveu.


    Les résultats obtenus par cette étude sont semblables à ce que la communauté scientifique savait depuis longtemps, mais vont au-delà en apportant la preuve que les effets de la pollution sont cumulatifs.

    Par ailleurs, aucun des problèmes respiratoires que les enfants ont présenté dans les quatre premières années ne se sont améliorées au cours de leur vie, souligne James Gauderman premier auteur de l’étude et professeur associé de médecine préventive à l’université de Californie du Sud.

    Selon lui, la capacité respiratoire est limitée du fait de l’inflammation qu’entraîne la pollution. Lui et ses collègues continuent de suivre les adolescents afin de détecter d’autres problèmes pulmonaires. Quant à elle, l’Agence Américaine de l’Environnement s’est engagée à faire diminuer de 40% d’ici 2015 les niveaux de dioxyde d’azote.

    La pollution de l’air est ainsi une grave menace pour la santé des enfants en même temps qu’un risque environnemental de maladie respiratoire aiguë ou chronique, voire de décès prématurés.

    Vivre près d’un garage ou d’une station d’essence pourrait fortement augmenter le risque de leucémie infantile a suggéré une étude française publiée en septembre 2004 dans la revue américaine spécialisée « Occupational and Environmental Medicine ». Des recherches complémentaires sont en cours afin de confirmer ces résultas.

    L’étude, réalisée dans quatre villes (Nancy, Lille, Lyon et Paris), s’est basée sur 280 cas de leucémies aiguë d’enfants, pour les deux tiers âgés de 2 à 6 ans et un groupe de comparaison de 285 enfants non-atteints.

    Les mères de tous les enfants ont été interrogées sur leurs emplois et leurs lieux de résidence et sur la présence d’entreprise ou garage « mitoyens » (dans l’immeuble ou à côté).

    Sur 280 cas de leucémies, 17 concernent des enfants qui habitaient près d’un garage commercial ou une station d’essence contre sept enfants dans le groupe témoin.

    L’étude ne montre pas d’association claire entre le travail des mères pendant la grossesse ou les niveaux de trafics automobiles près de chez elles et le risque de développer une leucémie chez leur enfant.

    Cependant, le f½tus peut-être contaminé par les polluants chimiques environnants contenus dans l’air respiré par la femme durant la grossesse.

    Mais, un enfant dont le domicile se trouve à proximité immédiate d’une station d’essence ou d’un garage aurait quatre fois plus de risque de faire une leucémie que les autres enfants.

    Le risque semble augmenter avec la durée de l’exposition.

    La fréquence de la leucémie infantile est de 4 pour 100 000 enfants, mais c’est le plus courant des cancers de l’enfant et il y a peu de facteurs de risques connus pour cette maladie.

    Le benzène est utilisé comme dégraissant détachant dans les teinturiers comme solvant des peintures et l’essence en contient. Les stations d’essence et les garages sont des sources potentielles d’émissions de benzène même s’il s’agit d’expositions très faibles par rapport à certaines expositions professionnelles qui causent des leucémies chez l’adulte, il s’agit là d’un risque chimique effrayant.

    Il faut également souligner que les enfants sont très vulnérables aux efforts neurotoxiques du plomb présent dans les peintures, certains carburants et dans l’air : ce qui peut provoquer des difficultés d’apprentissage et affecter leur quotient intellectuel.

    Ce qu’il faut retenir en conclusion, c’est que les menaces environnementales et les risques chimiques peuvent être évités.

    A condition toutefois de mettre en place les outils et les mécanismes qui permettent de repérer les risques chimiques, de rendre l’environnement plus sain et protéger les enfants de toute exposition.

    Le mieux, c’est encore de stopper la pollution à la source en attaquant le mal à sa racine.


    LOPINION
     

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