La précarité des revues marocaines

Discussion dans 'Scooooop' créé par kochlok03, 2 Mars 2006.

  1. kochlok03

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    Sur un échantillon de 379 revues 200 titres (53%) ont cessé de paraître
    Dans l’étude de Mohamed Sghir Janjar incluse dans le rapport de 50 ans de développement humains une analyse est fournie sur la précarité de la vie des revues marocaines.
    L’étude s’est intéressée à visualiser l’évolution au cours des années de 379 titres de revues toutes disciplines confondues sciences humaines et sociales.
    Il s’agit aussi bien des revues culturelles généralistes que de celles plus spécialisées, les périodiques d’informations scientifiques, documentaire ou bibliographique. Dans l’ensemble ces revues sont publiées soit par des institutions publiques (départements ministériels, instituts de recherche, facultés...) ou des associations professionnelles ou encore par des personnes. L’étude remarque « l’énorme décalage entre la périodicité théorique de la revue marocaine et le rythme réel de sa parution »
    L’étude fait état de 66 % des revues qui sont publiés en arabe contre 34 % en langue française. Les revues généralistes viennent en tête pour le nombre constituant un total de 63 titres. On trouve ensuite, suivant le volume des titres, les disciplines suivantes : droit (59 titres) ; littérature (49 titres) ; économie/gestion (37 titres) ; science politique (34 titres) ; histoire (29 titres) ; islam (28 titres) et science de l’éducation (27 titres).
    Beaucoup d’autres disciplines comptent moins de dix titres (géographie, philosophie ou psychologie).
    Outre les problèmes de diffusion et l’irrégularité chronique du rythme de leur parution, les revues marocaines souffrent aussi d’un taux très élevé de mortalité précoce. Ainsi la moyenne d’âge des titres ne dépasse pas deux ans et demi.
    Aussi, sur les 379 revues recensées, 200 titres (soit 53 % de la collection) ont cessé de paraître. Cette précarité est liée à une série de facteurs dont notamment les difficultés financières qu’affrontent les éditeurs de revues, qu’ils soient des individus ou des groupes. Il n’est pas étonnant que les dix plus anciennes revues marocaines vivantes soient le produit éditorial d’institutions publiques ou d’associations professionnelles.
    C’est communément admis, les revues sont des outils indispensables au développement de la recherche scientifique, à la formation des communautés intellectuelles et à la cristallisation de courants d’idées et d’écoles de pensée. Or, la précarité profonde et structurelle du paysage des revues marocaines ne garantit pas l’institutionnalisation de traditions et de réseaux intellectuels de façon durable. Ainsi, sur l’ensemble de notre corpus, plus de 151 revues ont moins de trois ans d’existence, et seulement 100 revues sont vieilles de 10 ans et plus.
    Cependant, la longévité d’une revue n’est pas suffisante si la régularité de sa parution n’est pas garantie. Ainsi, l’une des plus vieilles revues marocaines comme le « Bulletin d’archéologie marocaine » n’a réussi à publier depuis la date de sa création (1956) que 19 numéros. D’ailleurs, sur l’ensemble de la collection (379), seulement 165 titres de revues (soit 43,50 %) ont dépassé le seuil du dixième numéro.


    Source : l’opinion.
     

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