La régulation de la presse écrite confiée à la HACA ? : Le gendarme des ondes en inst

Discussion dans 'Info du bled' créé par Info du bled, 2 Novembre 2009.

  1. Info du bled

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    La nouvelle n’a rien d’officiel, mais en coulisses le débat fait rage. La Haute autorité de la communication audiovisuelle, HACA, pourrait-elle ajouter à ses prérogatives, celles de la régulation de la presse ? Depuis plusieurs semaines déjà, l’hypothèse est examinée avec grand sérieux. Les analyses se multiplient dans un dossier, la presse écrite, qui fait la «une» de l’actualité judiciaire. Les condamnations foisonnent –la profession a désormais un directeur de journal en prison- les amendes et autres dommages et intérêts sont autant de condamnations à mort d’un titre alors qu’un quotidien vient d’être condamné à la fermeture définitive.
    « Aujourd’hui la régulation de la presse est un problème majeur. Ni les pouvoirs publics ni le corps journalistique ne sont parvenus à résoudre cette équation que représentent liberté et respect de la déontologie. La liberté de tout dire n’est pas celle de dire n’importe quoi et surtout pas porter atteinte à l’honneur, à la dignité de citoyens. Force est de reconnaître que depuis 2 ans, la situation est bloquée. Chacune des parties concernées est restée campée sur ses positions, parfois allant jusqu’à monter au créneau.
    Résultat, toute forme de débat notamment sur le code de la presse, a été purement et bonnement interrompue », explique un journaliste qui continue de plaider pour un retour à la table des négociations.
    Face à un tel blocage et, surtout, à la lune de fiel entre Etat et microcosme médiatique, le premier appelant à la responsabilité comme nécessaire corollaire de la liberté et le second à une liberté d’expression et de presse débarrassée de ces fameuses lignes rouges jamais codifiées, des scénarii sont élaborés et débattus derrière le rideau.
    Confier la régulation du secteur de la presse écrite à la HACA est aujourd’hui sur la table des hypothèses et les discussions vont bon train. « La proposition ne fait pas l’unanimité. D’ailleurs aucun des scénarios étudiés, ils sont au nombre de trois, n’est exemplaire. On parle de la mise en place d’un conseil de presse mais sa composition ne fait pas l’unanimité. On étudie la possibilité de la mise en place d’une instance consultative et indépendante. Mais à qui serait-elle adossée? Maintenant, le scénario de la HACA qui prendrait en charge la régulation de la presse s’est invité au débat. Comme pour toutes les autres hypothèses, il y a du bon et du mauvais dans un tel cas de figure », soutient un professionnel de la presse, tout à la réforme du code de la presse.
    Pour une instance indépendante d’arbitrage
    Que les Sages de la HACA aient réussi dans leur mission de régulation du champ audiovisuel les assurent-ils d’un succès dans un secteur aussi épineux, compliqué, mouvant que celui de la presse écrite, devenu de surcroît champion des défricheurs de tabous et autres interdits? Rien n’est moins sûr pour nombre d’observateurs. «La HACA est née dans un contexte historique particulier où il s’agissait de mettre fin au monopole de l’Etat dans l’audiovisuel. Le travail de libéralisation de cette instance est fondateur dans le sens où elle a mené une révolution dans les ondes. Une révolution certes mais tranquille car tout est contrôlé à travers un cahier des charges extrêmement précis et contraignant. Il ne s’agit pas aujourd’hui de casser toute cette œuvre monumentale, gigantesque en entraînant la Haute autorité dans un secteur dont elle n’a certainement pas vocation. Pire encore, et même si les textes changent et que ses prérogatives soient élargies à la presse écrite, la HACA risque fortement de porter atteinte à sa crédibilité parce que jusqu’ici, elle a incarné la démocratisation de l’espace public à travers la libéralisation. Etre le gendarme des ondes est une chose mais se transformer aujourd’hui en instrument de répression au prétexte de la régulation de la presse écrite est tout à fait différent et, surtout, lourd de conséquences ». Autre risque -et on n’ose même pas y penser du côté de la HACA- celui de voir les opérateurs audiovisuels gagnés par la contagion en se rebellant contre l’ordre établi et ne plus accepter les décisions de la Haute autorité de la communication audiovisuelle.
    Les instances régulant tout à la fois l’audiovisuel et la presse écrite existent, particulièrement sur le continent africain. Des expériences peu probantes sont données à voir au Mali, au Bénin et au Burkina Faso. «Pourquoi le Maroc s’inspirerait-il d’exemples qui ne marchent pas vraiment et qui en plus casseraient un modèle, celui de la HACA, qui a fait un presque sans faute?», s’interroge un juriste tout en émettant des réserves sur le rôle d’arbitrage que l’on voudrait faire jouer aux Sages.
    Dans ce foisonnement de propositions, il reste qu’une chose est sûre : La régulation de la presse écrite doit provenir des rangs même de la profession. Au Syndicat national de la presse marocaine, l’on penche en faveur d’une instance indépendante mais qui disposerait des moyens de l’Etat pour pouvoir fonctionner. Il s’agira alors de mettre en place un cadre déontologique aux principes universels et «tel qu’il est en vigueur à l’international». «Une instance d’arbitrage qui se substituerait aux tribunaux et pourrait même retirer la carte de presse à celui ou celle qui a failli aux règles de la profession et à laquelle pourrait s’adresser le citoyen lambda».
    Le débat est en tout cas ouvert. Dans les coulisses et chez les faiseurs de décision qui agissent, masqués, derrière le rideau.








    Source : libe.ma
     

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