La tension monte dans les banlieues de Paris

Discussion dans 'Scooooop' créé par tar-tar, 27 Octobre 2006.

  1. tar-tar

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    Plusieurs bus ont été attaqués et incendiés dans la nuit de mercredi à jeudi dans des banlieues de Paris, dont un par une bande armée, marquant un net regain de tension à la veille de l'anniversaire du déclenchement des émeutes urbaines ayant ébranlé la France fin 2005.

    Le Premier ministre Dominique de Villepin a jugé jeudi ces violences " inacceptables" et promis des "sanctions immédiates et exemplaires" contre les auteurs de telles attaques, assurant qu'il refusait l'existence de "zones de non droit".


    De son côté, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a annoncé dans la soirée que des renforts policiers seraient présents à bord des bus qui traversent des zones sensibles.

    "Nous ferons tout notre possible pour que le service public ne soit interrompu nulle part sur le territoire de la République", a ajouté M. Sarkozy, candidat favori de la droite pour l'élection présidentielle de 2007.

    A l'occasion de l'anniversaire des émeutes, les forces de l'ordre ont reçu des consignes de "vigilance sans excès de zèle" dans les quartiers sensibles du pays, a-t-on assuré de sources policières.

    Après plusieurs incidents ces derniers jours entre des jeunes et la police, la tension est montée d'un cran dans la nuit de mercredi à jeudi avec l'assaut spectaculaire mené contre un bus par une bande encagoulée dont au moins cinq membres étaient armés.

    Selon une source policière, un agresseur a placé son arme sur la tempe du chauffeur pour lui ordonner de quitter son siège. Les passagers et le chauffeur, très choqués, n'ont pas été blessés. Une autre attaque a eu lieu à Nanterre, à l'ouest de Paris, où plusieurs personnes encagoulées, sans armes visibles, ont mis le feu à un bus. La dizaine de passagers a pu s'échapper du véhicule en flammes et aucun d'eux n'a été blessé.

    Dans le sud de la capitale, à Athis-Mons, trois jeunes ont aussi attaqué un bus, ordonné aux passagers de descendre et ont jeté un cocktail-molotov à l'intérieur. Le chef de la police en Seine-Saint-Denis, David Skuli, a parlé d'"incidents limités", inspirés par "un phénomène de mimétisme", mais "révélant tout de même une gradation de la violence dans un état de tension existant".

    Le 27 octobre 2005, la mort de deux adolescents d'origine immigrée à Clichy-sous-Bois, électrocutés dans un transformateur où ils s'étaient réfugiés par peur de la police, avait donné le coup d'envoi de trois semaines d'émeutes sans précédent. Celles-ci avaient fait des centaines de blessés. Plus de 10.000 véhicules et quelque 300 bâtiments, dont des écoles, avaient été incendiés.

    Ces violences avaient mis en lumière les graves problèmes d'insertion des jeunes Français d'origine étrangère, victimes de discriminations et d'un taux de chômage élevé, atteignant dans certains quartiers défavorisés jusqu'à 40%.

    Dans une note récente révélée par la presse, les services de renseignements ont estimé que "la plupart des conditions qui ont amené, il y a un an, un déclenchement de la violence collective sur une grande partie du territoire sont toujours réunies". Lors de sa conférence de presse mensuelle, tenue symboliquement à Cergy, une ville de la banlieue parisienne, M. De Villepin a défendu jeudi la politique de son gouvernement.

    "J'entends dire ici ou là que rien n'a été fait pour les banlieues, j'entends dire que rien ne change. Cela je ne peux l'accepter", a-t-il lancé. Assurant que les choses ne pouvaient pas changer en profondeur "du jour au lendemain", le Premier ministre a annoncé la reconduction en 2007 d'une enveloppe de 100 millions d'euros pour aider les associations sur le terrain.

    Il a aussi rappelé que l'Etat s'était engagé à mobiliser 35 milliards d'euros jusqu'en 2013 pour la rénovation urbaine.

    source http://www.lematin.ma/
     

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