La toile des grandes familles

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par Pe|i, 12 Novembre 2008.

  1. Pe|i

    Pe|i Green heart ^.^

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    Liés par le sang, les réseaux familiaux fournissent l’essentiel des élites qui dominent l’économie et la politique du royaume. TelQuel vous explique comment et pourquoi.


    Dimanche 28 septembre, cimetière Achouhada de Rabat, à quelques encablures du quartier des Oudayas. Alors que le muezzin vient d’annoncer la prière d’Al Asr, une marée humaine se déverse sur le vaste terrain saturé de milliers de tombes. La présence des femmes n’est pas souhaitée, tradition oblige. Les hommes donc, nombreux à
    avoir fait le déplacement, passent par la porte arquée, sous le regard vigilant de policiers en faction dépêchés pour l’occasion. Une foule dense emprunte le chemin goudronneux, qui divise le cimetière en deux parcelles distinctes. La plus grande est réservée au chaâb, au peuple. La plus petite accueille les notables dans leur dernier voyage. Là même où Driss Basri a été enterré, près d’un an plus tôt.

    Les mines sont défaites en cette après-midi de ramadan. Aujourd’hui, on pleure Abdelkrim Khatib, fidèle serviteur de la monarchie, de Mohammed V à Mohammed VI, en passant par Hassan II. L’état-major du PJD a répondu présent, pour un ultime hommage au patriarche, tout comme le reste de la classe politique marocaine. Le gouvernement de Abbas El Fassi est là, l’opposition aussi. Egalement de la partie, le prince Moulay Rachid, émissaire de son frère, est escorté de conseillers royaux. L’ami du roi, Fouad Ali El Himma, a lui aussi été “convoqué”. Bref, “ils sont venus, ils sont tous là”, comme dans la chanson.

    Après la mise en terre du Dr Khatib, ses proches forment une “haie d’honneur” pour recevoir les condoléances. Celles de Mohammed VI d’abord. Le conseiller Mohamed Moôtasim remet à la famille du défunt une lettre frappée du sceau royal. Au premier rang, le tout-puissant général Housni Benslimane paraît atteint. Saâd Hassar, secrétaire d’Etat à l’Intérieur, ne parvient pas à étouffer ses sanglots, pas plus qu’un Ismaïl Alaoui, secrétaire général du PPS (Parti du progrès et du socialisme). “Souab” de circonstance ? Certainement pas. Les trois hommes sont en fait les neveux du défunt Dr Khatib.

    Il est 18 heures. La cérémonie protocolaire prend fin, plus de deux heures après son coup d’envoi. Les Khatib et apparentés rebroussent chemin vers leur villa du quartier résidentiel Souissi. En famille, bien sûr…

    “A chaque mariage ou enterrement, la palette politique est variée, nous explique Ismaïl Alaoui. Mais ces moments ne ressemblent ni à un congrès, ni à une réunion de parti. Nous n’abordons pas de question politique et, en général, chacun garde ses idées pour lui”.


    Comme dans toutes les familles, le sujet qui fâche, en l’occurrence la politique, est soigneusement évité. Aucune entorse à la règle ? “Bon, il arrive qu’on échange des points de vue, avoue le numéro 1 du PPS, sans se souvenir d’une prise de bec à raconter. En revanche, quand nous revêtons la casquette d’hommes politique, nous nous disons nos quatre vérités”. Ismaïl Alaoui se remémore, sourire aux lèvres, une anecdote. Alors âgé de 17 ans, son oncle le Dr Khatib l’avait présenté comme “le révolté de la famille” à un leader tunisien, rencontré au domicile des Alaoui. “Je n’avais pourtant pas le crâne rasé à la Yul Brynner, ni les cheveux longs. Le seul écart que je me permettais était de retrousser aux chevilles mes socquettes, portées en principe jusqu’aux genoux”, plaide le fils spirituel de Ali Yata, père du communisme à la marocaine.

    Politique, religion et argent
    Dans Les élites du royaume, Enquête sur l’organisation du pouvoir au Maroc (Editions L’Harmattan 1997), Ali Benhaddou distingue trois ensembles caractérisant, hier comme aujourd’hui, l’élite marocaine : les chorfas, les oulémas et les commerçants. Chacune de ces entités détient une sorte d’avantage comparatif, qui lui permet de se distinguer de la plèbe. Point commun : elles se réclament d’une autorité supérieure aux hommes et extérieure à la société. Les chorfas, descendants du prophète Mohammed, sont assimilés par l’auteur à la noblesse musulmane. “Ils possèdent, entre autres, la baraka, domaine de la foi pure, et font de cette vertu l’objet d’une crainte révérencielle”, analyse le chercheur en sciences humaines. Pour leur part, les oulémas, respectés du fait du double caractère de leur institution, morale et intellectuelle, “incarnent les pouvoirs de la science religieuse et de la science profane”. Les commerçants, eux, sont parvenus à tirer leur épingle du jeu et détiennent désormais “le pouvoir exclusif de l’argent”. L’aristocratie marchande existe au Maroc bien avant l’arrivée du protectorat. En 1873, le sultan Moulay Hassan, engagé dans “la voie de la civilisation et des réformes”, fait appel à leurs services.

    Objectif : améliorer la gestion du pays, au niveau des affaires économiques et de l’administration. C’est à cette époque, rappelle Benhaddou, que Moulay Hassan “réhabilite la figure charismatique du grand vizir”. Dès lors, de grandes dynasties bourgeoises se forment. Un siècle plus tard, elles ont la quasi-mainmise sur “les grands appareils économiques, bureaucratiques et politiques”. Aujourd’hui encore, leur nom demeure familier pour tous les Marocains : les Benjelloun sont au service de l’Etat depuis le règne de Moulay Hassan 1er et les Bennouna ont failli, au lendemain de l’intervention française en Algérie, en 1830, se tailler une principauté à Tlemcen. Les Bennis voient leur nom rentrer définitivement dans l’Histoire, en 1873, quand El Madani, alors ministre des Finances, fomente l’insurrection des tanneurs en réaction à la taxe imposée au marché des peaux. A cette même époque, d’autres familles émergent : les Benslimane, les Tazi, les Benchekroun, les Bennani sont vizirs ou chargés de l’exploitation des domaines fonciers et, accessoirement, de la gestion du Trésor public. Les Chraïbi, les Benkirane, les Guessous, les Berrada, occupent, quant à eux, des postes importants dans le négoce, la finance, la diplomatie et l’administration fiscale. Dans un échange de bons procédés, les commerçants sont courtisans et courtisés à la fois. “Le sultan avait aussi besoin d’eux, soit pour le prestige, soit pour garantir leur fortune acquise contre des spoliations toujours possibles”, analyse Benhaddou.

    Des noms vieux de plusieurs siècles
    Les oulémas ont, très souvent, reçu le pouvoir en héritage de leurs aïeuls. La famille El Fassi en est l’archétype. Avant de devenir théoricien de la réforme islamique Allal El Fassi, figure du nationalisme marocain, a usé les bancs de l’Université islamique d’Al Qaraouiyine, où son père enseignait quelques décennies plus tôt. Abdellah El Fassi, grand-père de Abbas, actuel Premier ministre, fut grand vizir de Mohammed V. Abdeslam, oncle de Abbas, dirigeait l'Université Al Qaraouiyine , avant de devenir ministre de l'Education nationale. C’est lui qui a lavé le corps du souverain Mohammed V après sa mort. Dans un dictionnaire dédié aux noms de famille du Maroc, l’écrivaine Mouna Hachim fait même remonter l’ascendance des El Fassi “au conquérant du Maghreb Oqba Ibn Nafi El Fihri, né une année avant l’Hégire”. Comme quoi, l’histoire remonte loin, très loin…

    Aujourd’hui encore, la famille El Fassi continue de pourvoir la classe politique marocaine. Taïeb Fassi Fihri, ministre des Affaires étrangères, n’est autre que le neveu d’Abbas El Fassi, ancien ambassadeur et chef du gouvernement depuis 2007. Adil Douiri, ancien (et jeune) ministre du Tourisme de Mohammed VI, est le fils de Mhammed Douiri, un des dirigeants historiques de l’Istiqlal. D’autres familles se sont fait un nom sur le tas, comme les Bensouda ou les Guennoun, dont l’ancêtre Mohamed El Madani Guennoun, très influent, fit rénover l’enseignement islamique en 1883. “Aujourd’hui, les descendants de ces familles siègent, les uns, au conseil de régence, symbole de leur pérennité, les autres, diplômés de grandes écoles, aux administrations centrales. Et grâce à la reproduction sociale, ils naviguent dans toutes les sphères dirigeantes du pays”, croit savoir Benhaddou.

    De leur côté, les chorfas jouissent d’une grande liberté et de nombreux avantages. Exonérés d’impôts, ils bénéficiaient de concessions foncières auxquelles le reste de la population ne pouvait prétendre. “On compte deux principaux groupes de chorfas. Les Alaouites qui, depuis 1668, se rattachent à la dynastie régnante, et les Idrissides, qui descendent de la première dynastie marocaine. On trouve également des chorfas, dits étrangers, venus, les uns, de Sicile et de Mésopotamie, comme les Skalli et les Iraki, les autres, plus nombreux de Tlemcen, de Mascara ou de Figuig”, rapporte l’universitaire. Parmi les signes distinctifs de cette population bien née : ses membres s’appellent Lalla, Sidi, ou encore Moulay.

    Le dénominateur commun à ces trois classes (marchands, oulémas, et chorfas) est la possession terrienne. “Près de 40 000 hectares détenus par les familles chérifiennes, lettrées et commerçantes en 1968, leur étaient acquis au début du XXème siècle”. Après l’indépendance, ces familles confirment leur prédominance. “En 1973, 50 0000 hectares de terres de colonisation privée ou officielle sont passés entre les mains de représentants de l’élite politique, bien placés au gouvernement”, indique le chercheur. Plus loin dans le temps, au 19ème siècle, certaines familles ont fait leur beurre grâce à la spéculation sur le blé, surtout en période de famine. Durant ces années, des terres furent cédées contre un seul sac de grains.

    Trois classes et une caste
    Dans une thèse de doctorat, précédant l’ouvrage sur les élites marocaines, Benhaddou s’intéresse déjà à la formation de la classe dirigeante. D’après cet état des lieux édifiant, plus de la moitié des 285 personnalités aux commandes du pays (administration, politique, économie…) sont de souche marchande. Les autres descendent des lignées chérifiennes et lettrées. “L’étude de la généalogie montre que leurs pères, grands-pères et arrière-grands-pères fournissent à l’Etat chérifien ses vizirs, ses secrétaires, ses diplomates, ses magistrats et ses idéologues religieux et politiques, sans interruption depuis la deuxième moitié du XIXème siècle”, analyse t-il. L’identité généalogique fonctionne comme un véritable pedigree, un moyen d’identification des “lignages prestigieux”. Ainsi, l’endogamie prévaut dans ces trois milieux.
    Dans les maisons aisées, on se marie entre gens fortunés pour le rester. Les chorfas se reproduisent entre nobles pour “préserver la pureté du sang”. Et les familles makhzéniennes convolent entre membres du même monde pour s’assurer l’hérédité des tâches publiques. Le Maroc s’apparente alors à une société de classes plus ou moins fermées, qui évoluent au gré des alliances. Mais il n’est pas rare qu’un individu appartienne à plusieurs groupes. “Pour redorer leur blason, plusieurs chorfas n’ont pas hésité à monnayer leur nom et à s’allier à des familles non chérifiennes”, explique John Waterbury dans son livre Le Commandeur des croyants, la monarchie marocaine et ses élites (Editions PUF, 1970). Benhaddou étaye : “Les commerçants, eux, cherchaient avec empressement à donner de la respectabilité à leurs affaires. A côté de ces mariages de prestige, les liens avec des familles du Makhzen assuraient aux milieux d’affaires la bienveillance de l’administration”. Aujourd’hui encore, les ténors de l’économie marocaine cherchent des alliances avec le pouvoir politique. La même logique a-t-elle poussé Sâad Kettani, héritier de l’empire Wafabank, à épouser la fille de Abdelhadi Boutaleb, puissant conseiller royal sous Hassan II ? Mariage d’amour ou de raison ? La question reste posée…

    Jamais sans mon Fassi
    Les premiers à avoir tissé de telles alliances sont les Fassis, qui quittèrent leur ville dès qu’ils s’y sentirent trop à l’étroit. “Leur fortune est due initialement au sultan Moulay Slimane, qui, au début du 19ème siècle, en a fait son groupe favori. Il leur avançait argent et marchandises”, rapporte l’historien Abdelahad Sebti dans L’Anthropologie et l’histoire, cas du Maghreb (éditions Toubkal, 1988). A l’époque, les Fassis se partagent en deux groupes. Les premiers (Jamaï, El Mokri, Benslimane, Bensouda, El Fassi…), grands commis de l’Etat de génération en génération, puisent leur puissance et leur fortune de la proximité du sérail. Les seconds (Benjelloun, Tazi, Lazrak, Lahlou, Berrada, Sqalli…) sont rompus aux affaires (import-export et finance) qui les mèneront jusqu’à Manchester ou aux Indes. Mais ces “héritiers de la fonction publique et du commerce”, comme les appelle Ali Benhaddou, n’ont jamais constitué deux ensembles distincts. Les Fassis sont connus pour se marier entre eux. “Alach nhdiw khirna lghirna ?”, (pourquoi donner nos richesses à ceux qui ne sont pas comme nous ?) est une maxime qu’ils appliquent à la lettre. La preuve en chiffres : “Sur les 300 hommes de pouvoir, âgés de 30 à 70 ans et représentant les 50 familles les plus riches du Maroc, 17% sont mariés avec leurs cousines parallèles, 69% d’entre eux ont contracté un mariage communautaire, une forme déguisée de l’endogamie parentale”, relève Ali Benhaddou. Objectif ultime : la préservation du patrimoine familial, foncier surtout, et culturel au besoin. Mais toute règle a son exception. Le magnat de la finance, Othman Benjelloun, est l’un des rares à avoir bafoué les traditions, épousant une amazigh. Mais pas n’importe laquelle : Leïla Meziane, la fille du maréchal Mohamed Meziane, lui-même marié à la Fassie Fadela Amor. “Les familles soussies ont lancé une offensive sur les Fassis dans les années 1960. Depuis, il est moins tabou de s’unir en dehors du cercle”, note Ahmed Aâssid de l’IRCAM (Institut royal de la culture Amazigh). Le ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, se décrit fièrement comme un produit de cette évolution, abandonnant jeu d’alliances tribales et communautarisme. Et d’évoquer ses origines maternelles, fassies, et paternelles, soussies, pour démontrer l'ouverture d'esprit de sa famille. Dans le même sens, son neveu, Mohamed Akhannouch, a épousé la fille de Moulay Taïeb Cherkaoui, récemment nommé premier président de la Cour suprême.

    La journaliste de l’hebdomadaire arabophone Al Ayam, Maria Moukrim, a planché durant un an et demi sur l’imbrication des filiations nationales, dressant une cartographie très détaillée des familles marocaines, publiée il y a quelques mois sur Al Ayam Magazine. “La tâche est sans fin. Plus j’avançais dans mon travail, plus j’identifiais de nouveaux liens de parenté, et plus il était difficile d’arrêter”, plaisante-t-elle. Et de conclure : “Les familles aujourd’hui courtisanes l’étaient, déjà, depuis plusieurs décennies”.

    Petite brouille en haut-lieu
    Comme l’illustre l’expression populaire marocaine relative aux liens éloignés de parenté, “il y a une odeur de chair sur la hache” (Rihat chahma f’chakour). Immanquablement, les babines familiales bavent et les combats de coq explosent. Les alliances ne sont pas éternelles. En 1937, une guerre froide fait imploser le mouvement nationaliste, qui se divise alors entre affidés de Allal El Fassi et partisans de Hassan El Ouazzani. Plusieurs décennies plus tard, la rancœur est toujours présente, comme un atavisme, et culmine lors des élections législatives de 1963 qui voit les deux familles se disputer le siège de la ville de Ouezzane.

    Chaque famille a aussi sa brebis galeuse, repérée par ses absences aux mariages ou enterrements. Abdelmoughit Slimani, l'ex-président de la commune des Roches Noires, embastillé à Salé, garde peu de liens avec sa nièce, mariée au fils de Lalla Malika, tante paternelle de Mohammed VI. Croupissant depuis quelques années à la prison de Kénitra, Hassan Kettani, figure du salafisme marocain, est pratiquement renié par la famille El Fassi. Car, beaucoup l’ignorent, mais il possède un aïeul commun avec le Premier ministre : Abdellah El Fassi, grand vizir du sultan Mohammed V. “Tous les Marocains des classes dirigeantes nationales se connaissent personnellement. Que ces relations soient amicales ou hostiles importe moins que le fait qu’elles existent”, résume Waterbury.

    Un long fleuve pas si tranquille
    Mais, même chez les élites, rien n’est acquis. Au début des années 90, le FMI (Fonds monétaire international) tire la sonnette d’alarme sur l’état financier du pays : les deniers du royaume vont dans les poches de ces petits et grands noms qui tiennent les rênes de l’administration et de l’économie. Hassan II “commande” alors une campagne, dite “d’assainissement” des structures dirigeantes. Exécutée par Driss Basri, la chasse aux sorcières laissera sur le carreau plus d’une famille.

    “Certains industriels, qui ont senti le vent tourner, ont choisi de se reconvertir dans la finance et la spéculation. Au final, seuls les moyens calibres, pas assez entourés, y laissèrent des plumes”. Ceux qui avaient pour habitude de faire cavalier seul retiennent la leçon : “Jouer au loup solitaire ne peut être qu’un rôle temporaire et il faut, tôt ou tard, s’intégrer à un réseau d’alliance, prophétisait John Waterbury des décennies plus tôt. Les alliances sont des investissements multiples et à long terme. Pour parer à toutes les éventualités, il faut miser sur tous les tableaux. Les individus isolés n’ont jamais joué un rôle important dans la société”. La preuve : les dynasties bourgeoises du Maroc qui se sont constituées au 19ème siècle ont réussi à s’inscrire dans la durée.

    L’exemple le plus frappant, encore une fois, reste la lignée El Fassi. “Quand on fréquente des enfants de ministres et de notables, on ne va pas tomber amoureux d’un ouvrier, c’est aussi simple que cela, nous lance ce jeune apparenté à la famille. Ma mère m’a déconseillé de faire des mésalliances, d’épouser une femme beaucoup plus pauvre… ou beaucoup plus riche”.

    En fait, pour reprendre le bon mot d’un entrepreneur soussi, “les jours de l'Aïd, les réunions de la famille El Fassi doivent ressembler à un Conseil de gouvernement”. Et pour cause, en pareilles circonstances, il y a du beau monde à l’affiche : un Premier ministre par-ci, une ministre de la Santé par-là, un ministre des Affaires étrangères, un ministre des Affaires générales et économiques. Dans le civil, ils sont oncles, cousins, gendres… Et l’arbre généalogique étend son feuillage jusque dans la chaîne télévisée Canal+. Ali Baddou, agrégé de philosophie, professeur à Sciences Po et chroniqueur sur la chaîne française n’est autre que le cousin de Yasmina Baddou, ministre de la Santé, et accessoirement petit-fils du directeur du protocole de Mohammed V.

    Au jeu des liens incongrus, la parenté “sûre et certaine” de Driss Benhima, actuel patron de Royal Air Maroc (et fils d’un ministre de l’Intérieur sous Hassan II), avec Jacques Chirac a fait le tour des tables de café. Sauf que dans le “bain de réseau”, aucun tuyau ne relie vraiment le patron de la RAM et l’ancien président français. Passées les frontières, le monde marocain n’est plus si petit.


    Source : Tel Quel
     

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