La Turquie bientôt privée de Facebook et YouTube ?

Discussion dans 'Info du monde' créé par Med Omar, 10 Mars 2014.

  1. Med Omar

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    La Turquie bientôt privée de Facebook et YouTube ?

    Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a menacé d'interdire YouTube et Facebook en Turquie après les élections municipales du 30 mars, dans une mesure qui semble s'inscrire dans la guerre qu'il mène contre son ex-allié, l'érudit Fethullah Gulen, et sa puissante confrérie islamique, accusés d'être à l'origine du scandale de corruption qui secoue son gouvernement depuis décembre dernier.
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    Erdogan avait fait part mercredi dernier de son intention de passer à l'action, avec plusieurs mesures, après les élections municipales, pour mettre hors d'état de nuire le Mouvement Gulen, précisant que la lutte contre cette confrérie, qui revendique des millions d'adeptes et des relais influents dans des domaines aussi sensibles que l'économie, les médias, la police, la justice et le système éducatif, est devenue 'une affaire d'Etat''.

    "Il y a de nouvelles mesures que nous prendrons dans ce domaine après le 30 mars (...) y compris une interdiction (de YouTube et Facebook)", a déclaré le chef du gouvernement sur la chaîne de télévision privée turque ATV.

    Le Premier ministre turc accuse ses anciens alliés gulenistes d'être derrière la diffusion sur Internet des enregistrements audio qui le mettent directement en cause dans des affaires de corruption.

    Soutenu par son entourage, Erdogan a fortement contesté l'authenticité de ces enregistrements et dénoncé un "montage indécent" et une "attaque haineuse" contre sa personne et son pays.

    Ces nouvelles écoutes téléphoniques, dont l'authenticité n'a pas été confirmée de sources indépendantes, ont suscité de vives réactions de l'opposition politique qui a réclamé la démission immédiate du Premier ministre et enflammé la rue dans plusieurs villes où des milliers de personnes sont descendues fin février dernier pour manifester leur colère et demandé eux aussi le départ d'Erdogan.

    Cette nouvelle affaire des 'écoutes téléphoniques'' a éclaté dans le sillage du scandale de corruption à quelque jours des élections municipales, qui se veulent un vrai test pour le Premier ministre et son parti, qui ont été fortement secoué par cette affaire politico-financière sans précédent dans leur histoire.

    Erdogan s'est montré mercredi confiant quant à la victoire de son parti lors de ce scrutin, se disant prêt à quitter la politique si sa formation politique ne le remporte pas, malgré cette affaire de corruption, qui a déjà provoqué la démission de trois ministres et précipité un remaniement ministériel d'envergure qui a concerné près de la moitié des portefeuilles dont les plus importants sont l'Intérieur et la Justice.

    Dans une réponse à cette affaire, le Premier ministre a déclaré une guerre sans merci à la hiérarchie policière et l'appareil judiciaire, accusées d'abriter le noyau dur d'un complot contre son gouvernement décliné par le Mouvement Gulen.

    Selon la presse turque, plus de 6.000 responsables de police ont été limogés ou mutés depuis le début de ce séisme politico-financier. L'appareil judiciaire a fait l'objet aussi de vastes opérations de nettoyage avec des centaines de licenciements et de mutations de magistrats, certains à des niveaux très élevés.


    Le gouvernement AKP s'est attaqué également au volet législatif pour renforcer son emprise sur la justice, l'Internet et les services du renseignement, à travers des lois très controversées, qui ont suscité de vives inquiétudes, aussi bien en Turquie que dans plusieurs capitales étrangères, sur l'avenir démocratique du pays.
    MAP
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