La vérité : 17,2 milliards de dollars et non 9

Discussion dans 'Scooooop' créé par morphin, 7 Avril 2006.

  1. morphin

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    Investissements Émiratis
    La vérité est que huit conventions ont été signées en présence de SM le Roi et seuls sept projets sont identifiés, dont deux à Casablanca, deux à Rabat, deux à Marrakech et un à Tanger. La huitième convention est donc la clé du mystère, puisqu’elle porte sur un investissement de 12 milliards de dollars sur 5 ans de Dubaï Holding, dont 3 milliards de dollars dans quatre des projets en question et 9 milliards de dollars dans d’autres qui sont en cours de repérage. Alors que Emaar, qui n’a rien à voir avec Dubaï Holding, projette d’injecter 5,2 milliards de dollars dans les trois projets restants. Eclairage.



    Abreuvé de chiffres, le lectorat l’a été au point d’avoir une migraine. Pourtant, il n’est pas encore sorti de
    l’auberge, puisque jusqu’ici l’information sur les énormes investissements émiratis au Maroc a été traitée avec une certaine légèreté. Tantôt les gros titres parlent de 9 milliards de dollars, tantôt ils changent pour devenir 12 milliards. Aucune de ces deux informations n’est fausse, mais elles péchent par imprécision. Car en réalité il s’agit d’un investissement cumulé de 17,2 milliards de dollars, dont 12 pour Dubaï Holding et 5,2 pour Emaar. Et ce n’est pas la seule confusion. Un quotidien de la place a même affirmé que Emaar était "le bras des investissements immobiliers internationaux du mastodonte Dubaï Holding", ce qui est bien entendu faux. Les deux groupes se livrent en réalité une concurrence farouche dans leur pays d’origine. L’un, Emaar, est coté à la bourse de Dubaï et fait partie des 50 plus grosses capitalisations de la sous-région devant de nombreuses compagnies pétrolières, les plus grandes du monde. Alors que l’autre, Dubaï Holding, reste d’une discrétion déconcertante, sauf pour annoncer des gros chiffres comme c’est le cas actuellement. D’ailleurs, c’est la forte concurrence que se livrent les deux groupes qui justifie qu’ils ne soient associés dans aucun des projets signés avec l’Etat marocain. Ainsi, Dubaï Holding a choisi de s’allier avec la CDG, alors que Emaar a décidé de faire cavalier seul.
    Pour revenir aux chiffres, joints par La Gazette du Maroc, les responsables de Dubaï Holding maintiennent l’information selon laquelle ils ont effectivement signé un protocole d’accord avec l’Etat marocain. Ledit protocole porte effectivement sur 12 milliards de dirhams. En effet, mercredi au palais royal de Casablanca, SM le Roi a effectivement présidé la cérémonie de signature portant sur 8 conventions d’investissements. Les sept sont clairement identifiées. A Marrakech, il y a les deux projets de l’aménagement-développement de l’Oukaïmeden et de Chrifia. A Rabat, en plus de l’aménagement de la vallée du Bouregreg, la corniche longue de 13 kilomètres sera transformée en pratiquement une toute nouvelle ville. A Casablanca, on compte la fameuse Marina qui sera prise en tenaille entre la mosquée et le port et l’aménagement d’El Hank. La convention concernant Tanger porte sur le projet Tinja. Mais jusqu’ici cela n’en fait que sept. Où est donc passée la huitième convention présidée par SM le Roi en présence, pratiquement, de tout le gouvernement et de la presse nationale. La huitième convention en réalité ne porte pour l’heure sur aucun projet précis et c’est là la clé du mystère. Puisqu’il s’agit d’un engagement pris par Dubaï Holding à investir la rondelette somme de 12 milliards de dollars. Dubaï Holding, actuellement associé à la CDG, s’est engagé à miser 3 milliards de dollars, dans les deux projets de Casablanca, celui de la Vallée du Bouregreg à Rabat et de Chrifia à Marrakech. Donc il lui reste d’importants projets à identifier d’abord et dans lesquels il devra injecter 9 autres milliards de dollars. C’est dire que la machine vient à peine d’être enclenchée, mais selon toute vraisemblance, tout est allé très vite. En effet, selon une source proche de son partenaire la CDG, des visites ont eu lieu sur des sites, histoire de prendre la température. Avant la signature solennelle des conventions, les dirigeants de Dubaï Holding ont en effet fait un tour sur tout le Nord, dans la côte méditerranéenne. La visite n’a laissé aucun endroit au hasard puisqu’elle est allée de la ville de Tanger au site du plan Azur de Saïdia en passant naturellement par Fès, Ifrane. Ils ont d’ores et déjà divisé le Maroc en quatre zones : le Nord-Méditerranée, l’Atlantique, le Centre et le Sud-Oriental. Une seconde visite sera programmée dans moins d’un mois pour s’attaquer à la découverte des potentiels de l’Atlantique. C’est dire donc que les stations Azur auront beaucoup à faire avec les nouveaux concurrents qui se profilent à l’horizon. Ces derniers ont décidé en tout état de cause de mettre la barre assez haut puisque de telles sommes d’argent ne peuvent aboutir qu’à un luxe insolent devant lequel devrait se plier n’importe quel site du plan Azur. A titre d’exemple, les tours jumelles appelées Dubaï Towers Casablanca nécessiteront 600 millions de dollars d’investissement alors que la tour de l’Emirat du Qatar n’en a nécessité que 350 millions et celle d’Istanbul 500 millions. Toutes deux sont érigées par le même Dubaï Holding.
    Pour sa part, Emaar est la première capitalisation boursière au monde dans le secteur de la promotion immobilière. Il a annoncé en 2005 un résultat net de 1,288 milliard de dollars, soit 11,6 milliards de dirhams, alors qu’il a moins de 10 ans d’existence.


    Le coup de maître du Roi
    e Souverain a naturellement pesé de tout son poids pour la venue de ces deux mastodontes de la promotion immobilière.
    En effet, c’est grâce aux
    relations privilégiées SM entre le Roi Mohammed VI et son Altesse Cheikh Mohamed bin Rachid Al Maktoum, vice-président et Premier ministre des Emirats Arabes Unis que ces conventions ont pu être signées. Les responsables du gouvernement censés concrétiser le plan Azur visant à drainer 10 millions de touristes ignoraient jusqu’aux tractations qui étaient menées. En effet, selon Mohamed Abdallah Guragoui, "ces investissements sont menés suite aux consignes du Premier ministre des Emirats Arabes Unis visant à renforcer la coopération arabe, moteur essentiel du développement et de la réussite de toute la région".
    Il semble que Abdelaziz Meziane Belfiqih, désormais spécialiste de l’attraction des investisseurs arabes, ait été le bras de l’action royale dans ce sens. En tout cas, avec de tels investissements, c’est toute la vision 2010 qui se trouve dopée, au grand dam de ceux qui se cachent derrière moult explications.


    La source de la confusion
    n réalité, la presse a fait sa Une sur la base du communiqué diffusé par le cabinet royal. Dans ce dernier, effectivement, il est fait état de manière claire de 9 milliards de dollars d’investissements, dont 1,4 pour l’Oukaïmeden (Marrakech), 1 pour Chrifia (Marrakech), 3,1 pour Saphira (Corniche de Rabat), 2 pour Amwaj (Bouregreg), 1 pour la Marina de Casa et El Hank, et 0,65 pour Tinja. Cela fait exactement 9,15 milliards de dollars. En réalité, le cabinet royal n’a fait mention que des projets dont les maquettes sont prêtes et les travaux devraient être lancés pratiquement au cours du mois d’avril, s’ils ne le sont pas déjà. Cela évite les déconvenues constatées. Après ces fausses promesses dans le projet d’aménagement de la baie de Taghazout avec le groupe saoudien Dallah El Baraka, point de risque permis.
    Cependant, les 12 milliards mentionnés par une partie de la presse ne concernent que les investissements que Dubaï Holding projette de réaliser. Le groupe a ainsi diffusé un communiqué de presse le mentionnant clairement. Emaar, son concurrent, en a également fait de même, annonçant ses 5,2 milliards. La question se pose donc de savoir comment personne n’a fait le cumul. Sans doute habitués à des montants annuels dépassant rarement 35 milliards de dirhams par an, soit moins de 4 milliards de dollars, les observateurs ont préféré ne pas en croire leurs oreilles.




    Le Maroc doit se préparer
    aintenant que le vin est tiré, il reste à le boire. Mais il faut savoir s’y prendre aussi bien au niveau macro-économique que du côté des entreprises. En effet, le Maroc qui reçoit dans ses meilleures années des investissements directs étrangers de l’ordre de 4 milliards de dollars est sur le point d’accueillir en l’espace de 5 ans une manne de plus de 17 milliards de dollars venant de deux investisseurs seulement, soit près de 3 milliards de dollars par an. Si l’on y ajoute la moyenne incompressible de 3 milliards de dollars de la part des investissements divers, cela représente quelque 6 milliards de dollars par an. C’est dire que l’on risque de faire face à une inflation, d’autant qu’il s’agit d’une somme d’argent qui ne correspond guère à une sortie, il sera intégré dans le circuit économique. La majeure partie des fournitures immobilières est disponible localement allant du ciment à l’acier en passant par le second ½uvre que sont l’aluminium, les sanitaires, la peinture, l’électricité, etc. Fathallah Oualalou et Abdelatif Jouahiri auront fort à faire pour contenir la sur-liquidité qui risque d’en découler, s’ajoutant à celle existante.
    Au niveau micro économique, les entreprises doivent faire preuve d’esprit d’anticipation. Ainsi, les cimentiers risquent d’atteindre le plein emploi de leur outil de production. La Sonasid également devra maintenir son plan d’investissement conçu pour anticiper le Mondial 2010 qui a fini par faire faux bond. De même, les entreprises de BTP devront batailler ferme et accélérer leur mise à niveau pour ne pas être écartées. Si l’on jette un coup d’½il sur les maquettes, on se rend vite compte que les projets feront appel à l’artisanat marocain. C’est dire que les "m’alems" du zellige, de la peinture, de la décoration devront penser à constituer au plus vite des entreprises structurées dans les zones de Tanger et Marrakech, c’est en tout cas l’occasion inespérée d’appliquer de façon pratique l’INDH pour enfin des clichés.


    Les détails des projets CASABLANCA
    Des projets ambitieux pour un développement intégré de la métropole
    La Région du Grand Casablanca bénéficie d'un vaste programme de développement concerté, dont l'objectif est d'impulser son économie, de renforcer sa position de principale métropole du pays, tout en améliorant l'environnement urbain et le cadre de vie de ses citoyens. S'inscrivant dans cette vision, CDG Développement et Dubaï International Properties lancent en partenariat deux projets visant à réconcilier Casablanca avec sa façade maritime : le projet de la Marina de Casablanca et le projet Cap El Hank.

    Marina : La ville s’ouvre sur l’Océan
    Situation géographique : Baie de Casablanca, entre le port et la Mosquée Hassan II
    Superficie : 23 hectares
    Consistance du projet : Hôtellerie, Palais des congrès, commerces, bureaux, logements, loisirs, port de plaisance.
    Durée de réalisation : Aménagement (2006-2007), développement (2007-2012)
    Montant de l’investissement : 5 milliards de dirhams
    Partenariat : CDG 70% et Dubaï International Properties 30%

    Casablanca comme on ne l’a jamais imaginée s’apprête à voir le jour. Il s’agit d’un vrai projet structurant avec une vocation multiple allant de l’hôtellerie, aux commerces en passant par les bureaux, les logements et les loisirs. Il a été segmenté en quatre séquences. La limite-est de la zone, appelée secteur "Marina", accueillera un port de plaisance avec ses nombreuses aires de vie. Ce secteur est dédié aux activités de tourisme, d’animation et de loisir. C’est là où se trouveront l’hôtel 5 étoiles et le palais des congrès. Ensuite, vient le secteur "Remblas". Selon les initiateurs du projet, cela permettra de travailler et de vivre au rythme de l’océan. Il se positionne sur le créneau affaires, loisirs et commerces. Il comprend deux tours qui accueilleront un ensemble hôtelier et des bureaux. Un héliport sera aménagé aux deux derniers niveaux afin de servir l’ensemble du complexe et le futur palais des congrès. Toujours en allant vers l’ouest, le secteur "Portes Océanes" aura une vocation touristique et résidentielle. En dernier lieu, il y a le secteur des jardins de la mosquée offrant une touche de spiritualité à l’ensemble.

    Cap El Hank : Une nouvelle baie pour Casablanca
    Situation géographique : Zone entourant le phare d'El Hank
    Superficie : 25 ha
    Consistance du projet : Hôtellerie, commerces, bureaux, logements, loisirs, restauration et équipements culturels
    Durée de réalisation : 5 ans
    Montant d'investissement : 2 milliards de dirhams
    Partenariat CDG Développement : 30% - DIP : 70%

    Le Cap d'El Hank occupe une position stratégique et apparaît comme un lieu d'exception, offrant une vue splendide sur la mosquée Hassan II et renfermant naturellement la grande baie comprise entre ces deux éléments. Le programme projeté, après la libération du terrain, permettra de développer une zone polyvalente : hôtellerie, activités tertiaires, commerces, animations et loisirs.
    Ce lieu se prête également à la création d'un grand repère urbain qui viendra renforcer la composition urbaine de la zone s'étendant de la Mosquée Hassan II à la pointe d'El Hank.


    TANGER Les détails des projets
    TINJA : La Côte d’Azur de l’Atlantique

    Dénomination : Tinja
    Situation géographique : Entre Tanger et Assilah, en tenaille entre l’océan et la forêt
    Superficie : 100 hectares
    Consistance du projet : Résidences touristiques, hôtels, infrastructures de loisirs
    Durée de réalisation : 5 ans
    Montant de l’investissement : 650 millions de dollars
    Promoteur : Emaar

    Nichée entre les côtes et la forêt indigène naturelle, Tinja est un havre de paix et de tranquillité à 20 minutes de Tanger. Ensemble de zones résidentielles et commerciales haut de gamme installées autour de la vibrante marina, Tinja est un projet de développement luxueux sur la côte Atlantique.
    Avec plus de 670 résidences et plus de 600 chambres d’hôtel, ainsi que de nombreuses infrastructures de loisirs, Tinja offre un style de vie très Côte d’Azur avec de magnifiques vues sur la côte. Desservie directement par l’autoroute et située à proximité de l’aéroport Ibn Battouta, Tinja est la porte d’entrée idéale pour découvrir Tanger et le Maroc en général.

    Mar Bassine Ndiaye.La gazette du maroc
    03 Avril 2006
     

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