la ville manque cruellement de vespasiennes

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 22 Mai 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    «Quand je me promène en ville, je suis obligé de me retenir d'uriner et récemment on a découvert que je souffrais d'une complication rénale probablement causée par cette situation», a raconté un jeune homme de 47 ans qui se plaint de l'absence de toilettes publiques à la métropole. Il n'est pas d'ailleurs le seul à se plaindre de cette situation. La plupart des gens que nous avons questionnés sur ce sujet ont déclaré que le Conseil de la ville n'a rien fait pour pallier ce déficit notoire en WC. «Depuis l'Indépendance, aucun nouveau urinoir n'a été construit», s'insurge un vieil homme.

    Pire encore ceux qui existaient au préalable ont été fermés ou laissés à l'abandon. Depuis lors les choses sont devenues très difficiles pour les gens qui éprouvent un besoin d'uriner. La situation est beaucoup plus compliquée pour les femmes qui sont condamnées à se retenir ou de trouver refuge dans les toilettes d'un café.

    Au total, la ville compte cinq à six WC sur l'ensemble de son territoire dont deux uniquement en service. Face à cette situation surréaliste, la population se rabat sur les toilettes des cafés ou tout simplement urine dans les rues. Ce comportement devient de plus en plus une habitude répandue dans la métropole. Les scènes de personnes qui pissent en plein milieu des rues ou contre les arbres sont assez fréquentes.

    Le manque d'un réseau de toilettes publiques pousse la population à faire ses besoins dans la rue, à pisser contre les murs des immeubles ou les arbres.
    Ce comportement incivique entraîne la dégradation de l'environnement de la ville et porte atteinte à l'hygiène publique. Les passants doivent de plus en plus faire attention de ne pas marcher sur les matières fécales et supporter des odeurs infectes de l'urine.

    Ce qui est grave dans cette affaire, c'est la vulgarisation de l'acte d'uriner publiquement qui ne choque presque plus personne. L'acte traduit aussi que les gens n'ont aucun respect pour l'environnement, pour leurs semblables et pour eux-mêmes.

    Aucun responsable communal ne peut s'enorgueillir aujourd'hui de l'état des toilettes publiques de la métropole dont seulement une ou deux sont en service. C'est peu, très peu, pour les quatre millions d'habitants de la capitale économique.

    Ce qui est encore plus grave, c'est l'absence d'une politique allant dans le sens de l'installation de nouveaux WC pour tenir la ville propre.
    Cette situation inquiète les Casablancais qui craignent que les mauvaises habitudes se développent davantage. Les gens comprennent mal comment les gens qui président aux destinées de la ville n'ont pas été interpellés par ce problème, alors que dans leur discours on entend souvent parler d'une volonté de faire de Casablanca une métropole moderne, propre et développée.

    Tant que les responsables ne se décident pas à prendre au sérieux ce problème nous aurons toujours devant les yeux des transcriptions qui appellent les citoyens à ne pas uriner sur les murs et nous aurons également des images qui portent atteinte à la pudeur. En plus du manque des WC, ceux-ci sont également mal répartis sur le territoire. Les cinq ou six vécés existants sont implantés en intégralité à la commune de Sidi Belyout.

    Et ce n'est pas un hasard s'ils sont uniquement là puisque ils ont été construits durant la première moitié du siècle dernier.
    Il ne faut pas s'étonner de constater que les autorités ne traquent pas ces indélicats qui urinent dans la rue.




    Par Abderrahman Ichi
    source: | LE MATIN.ma
     

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