L'agriculture Fortement compromise

Discussion dans 'Info du bled' créé par kochlok03, 31 Janvier 2007.

  1. kochlok03

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    La campagne agricole dépend désormais des cultures printanières et du sauvetage du cheptel

    Bon an, mal an, la contribution de la valeur ajoutée agricole à la formation du Produit Intérieur Brut est d’une extrême importance et conditionne, de ce fait, l’ensemble des autres activités et agrégats économiques. De par les opportunités d’emploi qu’elle procure, l’agriculture emploie plus de 38 % de la population active.


    Toujours est-il que l’agriculture marocaine, en particulier, et le monde rural de manière beaucoup plus globale, reste largement conditionné par le niveau des précipitations.

    Au fait, c’est de la bonne répartition des précipitations pluviométriques, tant temporelle que spatiale, que dépend le sort de toute campagne agricole, celle céréalière surtout.

    C’est vrai qu’au lendemain de l’annonce du plan de sauvegarde du cheptel par le département de l’Agriculture, des précipitations ont gagné plusieurs régions.

    Toujours est-il que ces précipitations, quel que soit leur niveau, arrivent tardivement et leur impact sur le bon déroulement de la campagne céréalière risque d’être relativement mitigé.

    Les agriculteurs qui ont cultivé tardivement leurs terres gardent encore un soupçon d’espoir. Par contre, ceux qui ont préféré semer leurs terres au début de la saison ont complètement perdu tout espoir de rattrapage.

    Aussi, convient-il de préciser à ce niveau que sauver, autant soit peu, la campagne agricole, a pour simples corollaires, une intensification des cultures printanières et un réel sauvetage du cheptel.

    C’est vrai aussi que ces précipitations alimenteront les réserves en eau des barrages à usage agricole, seulement, il faut garder à l’esprit que la majorité des petits fellahs se localisent essentiellement dans les zones bour.

    Ceci, pour dire que malgré les pluies récentes, le monde rural a toujours besoin d’un minimum de solidarité.

    Autrement, et à titre d’exemple, les éleveurs, faute d’alimentation de bétail, seront acculés à céder leur bétail à des prix dérisoires.

    Et eu égard aux proportions qu’ont atteint les prix du foin ou de l’orge dans certaines localités, il va sans dire que les pouvoirs publics se doivent de venir en aide au monde rural. Un monde rural déjà très endetté.

    A défaut de mesures adéquates, procédant d’une logique de sauvetage, il va sans dire que ce sont toutes les conditions socio-économiques des ruraux qui risquent d’être bouleversées.

    Déjà, le couvert végétal des pâturages est très mauvais sur fond d’une conjoncture très difficile, particulièrement au niveau des céréales d’automne.

    Et pour simple rappel, cette conjoncture fait état d’un recul des superficies cultivées estimées à 4 millions d’hectares pour les trois principaux types de céréales (blé dur, blé tendre et orge), soit une réduction de 15% par rapport à la moyenne enregistrée durant la même période sur les cinq dernières années. Pour ces mêmes cultures et suite à la baisse des températures, la situation végétale s’est détériorée au niveau de certaines régions dont, notamment, le Haouz, le Plateau des phosphates, l’Oriental et le Moyen et le Grand Atlas. Face à cette situation qui affecte sérieusement la trésorerie, déjà faible, des petits agriculteurs et conditionne leurs choix et décisions d’investissements, le programme d’action destiné à faire face aux éventuelles répercussions du retard des précipitations, élaboré par le Gouvernement, se doit d’être mis en place.

    Tel que dévoilé par le ministre de l’Agriculture, ce programme va dans le sens d’une intensification des cultures printanières et du sauvetage du secteur de l’élevage, déjà touché par l’augmentation des prix des aliments du bétail.

    Concrètement, ce programme vise particulièrement l’exonération de l’orge d’impôts et taxes douanières, la baisse de 2,5 % des taxes douanières sur les autres aliments de bétail, ainsi que la prise en charge des frais de transport de deux millions de quintaux de ces produits, de mobilisation des camions-citernes et d’acquisition des médicaments et vaccins pour la préservation du cheptel.

    En cas d’évolution défavorable de la campagne agricole, "’il serait nécessaire de mettre en place un vaste programme en vue d’atténuer les effets de la sécheresse, axé sur l’approvisionnement en eau potable des zones rurales touchées, le sauvetage du cheptel, le soutien des agriculteurs et de la population rurale, la protection du domaine forestier, en plus du versement des indemnités d’assurance dans les délais impartis”, avait précisé le ministre de l’Agriculture.

    En attendant que le département de l’Agriculture décline concrètement son programme de sauvetage sur le terrain, il est peut-être grand temps que le Gouvernement donne une réelle portée au projet de décret adopté et portant sur l’exonération des aliments de bétail (orge, maïs et d’autres produits) des taxes d’importation et de la TVA. Il y va de l’intérêt du secteur de l’élevage dans sa globalité.


    source: lopinion
     

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