Lahcen Daoudi : “Je ne suis pas un fqih”

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par @@@, 1 Mai 2010.

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    Antécédents

    1947. Naissance à Foum Oudi, dans la région de Beni Mellal.
    1964. Intègre l’UNFP de Abderrahim Bouabid.
    1971. Obtient un bac libre au lycée Descartes de Rabat.
    1988. Décroche un doctorat d’Etat en France.
    1979. Enseigne l’économie à l’Université de Fès.
    1997. Monte le PJD avec les enfants de la Chabiba Islamiya.
    2002. Député de Fès.
    2003. Elu vice-président de la Première chambre du parlement.


    Le PV

    C’est au siège du parti de la lampe que Lahcen Daoudi nous reçoit. Une ancienne villa nichée dans le quartier huppé des Orangers à Rabat. Devoir d’hospitalité oblige, l’homme nous sert du café du pain fait maison et de l’huile d’olive…dans la pure tradition berbère.
    Ancien refuznik, Lahcen Daoudi est un islamiste pas comme les autres. Il est en tous cas le seul membre dirigeant du PJD qui ne porte pas de barbe ! Présentable et modéré, il incarne au côté de Saâd Eddine El Othmani l’ “aile douce” et le visage présentable du parti de Benkirane. Ce qui le démarque du psy du PJD : son verbe acéré. “Toutes les langues sont bonnes, sauf la langue de bois”, se plaît-il à dire. Bête noire du gouvernement, Lahcen Daoudi est de ces députés qui font le show dans l’hémicycle. C’est un Oualalou des années 2000.


    Smyet bak ?
    Khella Daoudi.

    Smyet mok ?
    Hadda Gennaoui.

    Nimirou d’la carte ?
    C 139 302.

    Monsieur Daoudi, la légende dit que vous étiez marxiste. Vous confirmez ?
    Mais qui ne l’était pas ? Au lycée, on était tous marxistes. J’ai encore la carte de l’UNFP de 1968. J’étais un vrai militant de gauche. J’ai participé à plusieurs grèves et j’ai même mis le feu au lycée… J’étais un casse-cou ! En fait, il se trouve que j’ai grandi dans une famille de militants. Mon père était istiqlalien. J’ai conservé sa carte du parti, datée de 1944. Pratiquement toute ma famille est passée par la suite à l’UNFP et plus tard à l’USFP. Mon cousin a même participé au coup d’Etat de 1971.

    Vous étiez un vrai gaucho alors. Vous fumiez des Casa sport ?
    On ne pouvait pas échapper à la gauche dans les années 1960 et 1970. C’était ça ou l’impérialisme. Il n’y avait pas d’autre alternative. Mais je vais vous décevoir puisque je n’ai jamais bu, jamais fumé. J’ai grandi dans un milieu conservateur. Nous habitions une grande maison qui faisait office de mosquée du village. Les gens faisaient la prière dans ma chambre !

    Vous étiez des notables de Béni Mellal ?
    Mon oncle était caïd avant et après l’indépendance. Ma famille possédait beaucoup de terrains agricoles, mais ça ne faisait pas de nous des gens riches pour autant. A l’époque, ces terrains ne valaient rien.


    Monsieur Daoudi, comment fait-on pour passer du marxisme à l’islamisme ?
    Cela s’est passé en France. J’étudiais l’économie dans une université de gauche. Je me suis mis à fond dans le marxisme tout en développant un esprit critique vis-à-vis de mon environnement. J’ai compris alors que je ne pouvais me retrouver ni dans le socialisme ni dans le libéralisme, car les deux idéologies n’étaient pas forcément parfaites.

    Faute de mieux, vous vous êtes rabattu sur l’islamisme. C’est ça ?
    C’est un peu plus compliqué. J’étais dans une phase de recherche du “moi”. Une période qui avait vu la montée en puissance de l’économie islamique. Je me suis retrouvé dans ce modèle, qui était en phase avec mon identité.

    Et le passage à l’islamisme politique ?
    C’était en 1980. J’ai fait un exposé à l’université de Fès sur l’économie islamique. Dans la salle, il y avait un certaine Aïcha Hajjami, fille d’un grand alem de Fès. Elle en a parlé à son père, qui m’a contacté par la suite. Après une longue discussion, j’ai fini par adhérer à son groupe de prédication, la Da3wa.

    Mais avant de monter le PJD avec Benkirane & co, vous avez bien essayé de créer votre propre parti ?
    En effet. Je me suis présenté aux élections de 1993 en tant que SAP. Mais ça n’a pas pris. J’ai essayé alors de créer le parti Al Wahda wa Tanmiya en 1994. Amine Reggala, aujourd’hui en prison dans le cadre de l’affaire Belliraj, était mon vice-président. Mustapha Moâtassim était aussi de la partie. Mais Driss Basri ne nous a pas donné l’autorisation.

    Vous avez enseigné pendant plus de 25 années à l’Université de Fès, contrôlée dans le temps par la gauche. Ça ne vous mettait pas un peu mal à l’aise ?
    Nous étions en effet une petite minorité. La gauche dominait l’espace universitaire. Je me rappelle que les profs fumaient dans la mosquée pendant le ramadan. C’était gênant. Mais nous avons fini petit à petit par renverser la tendance. J’avais même pris la tête du département économie. C’était une victoire pour moi.

    Votre plus grande victoire reste sans conteste le lancement des produits bancaires halal. On raconte que vous avez même pleuré lorsque cela a été voté au parlement en 2007…
    C’est vrai. J’ai versé des larmes. C’était l’aboutissement d’un combat de plus de 30 ans. J’ai passé toute ma vie à promouvoir les atouts du modèle économique islamique.

    Vous avez milité pour l’augmentation de la taxe sur l’alcool. Alors, heureux ?
    Ecoutez, je ne suis pas un fqih. Je suis économiste. Et si j’ai milité pour le relèvement de cette taxe, c’est pour des raisons purement économiques. Durant ces quatre dernières années, le gouvernement a augmenté les taxes de plusieurs produits de première nécessité, alors que la taxe sur l’alcool n’avait pas bougé depuis 1979. Il fallait bien la toucher, non ?

    Monsieur le député, vous passez pour un grand râleur. C’est une nature ou juste du cinéma ?
    Mais je suis payé pour ça. Si je ne râle pas au parlement, où pourrais-je le faire ?

    On vous voit tout le temps rigoler avec Fouad Ali El Himma dans les couloirs du parlement. C’est votre ennemi “intime” ?
    J’ai de bonnes relations avec Fouad Ali El Himma. Et puis, je n’ai jamais confondu divergence politique et relation personnelle.

    Même avec Hamid Chabat, qui a voulu vous chasser de Fès ?
    Moi aussi je veux le chasser de Fès, mais ce n’est pas un combat de coqs. Chabat est mon concurrent politique. Mais je l’ai soutenu quand il voulait interdire la vente d’alcool à Fès.

    Vous vivez de votre seul salaire de parlementaire ?
    Oui. J’ai quitté l’enseignement pour me consacrer totalement à ma fonction de député. Et j’ai été obligé de vendre les biens hérités de ma famille pour vivre décemment et financer les études de mes enfants.

    Votre femme est française. Avez-vous la nationalité ?
    Je ne l’ai jamais demandée. Et je ne le ferai jamais. Je suis fier de ma nationalité et j’ai un visa de 10 ans. La nationalité française ne me servirait à rien.

    Vous partez toujours en Ardèche pour vos vacances ?
    Cette année, j’y suis allé une semaine pour aider mes beaux-parents à couper du bois. J’ai fendu environ 10 tonnes de bûches. C’est mon hobby préféré.

    Plutôt Wydad ou Raja ?
    Plutôt Raja, mais de Beni Mellal.

    Qu’est-ce qui vous fait courir Monsieur Daoudi ?
    Mes convictions.

    Pas l’ambition de décrocher un maroquin ?
    Jamais. Je n’ai aucune ambition, y compris dans mon parti. Ce que j’aime le plus, c’est être au contact des gens.

    Mais pourquoi faites-vous de la politique alors, si ce n’est pas pour prendre le pouvoir ?
    D’abord, au Maroc, on ne prend pas le pouvoir. On prend le gouvernement !

    Allez, rêvons un peu. Si le PJD arrive premier aux élections en 2012, vous n’allez quand même pas refuser un poste de ministre ?
    Je ne vais pas cracher dans la soupe. Etre ministre est une mission.

    Un ministère d’Etat sans portefeuille vous comblerait ?
    (Rires) Je n’aime pas trop dormir et je suis quelqu’un de très dynamique. Mais sachez que je ne vais jamais batailler pour décrocher un poste. Mes collègues au parti le savent très bien.

    Elton John va se produire dans un mois à Rabat. Vous assisterez à son concert ?
    Non. On n’a pas invité Elton John pour des gens comme moi.






    http://www.telquel-online.com/422/interrogatoire_422.shtml
     
  2. maximo-27

    maximo-27 Ghost

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    meme si le titre un peu abbusif f 7A9 Mr daoudi , merci ba 7asan pour le partage
     

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