L'archevêque de Canterbury contre l'interdiction des signes religieux en Angleterre

Discussion dans 'Scooooop' créé par FoX, 28 Octobre 2006.

  1. FoX

    FoX حديدان آل نهيان Membre du personnel

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    L'archevêque de Canterbury, leader de l'Église anglicane, est entré vendredi à son tour dans le débat sur le voile islamique en cours au Royaume-Uni, pour dénoncer les dangers d'une société laïque qui interdirait tout signe religieux apparent.

    «L'idée d'une société où il n'y aurait aucun signe religieux visible en public, pas de collier avec des croix, de papillotes (mèches de cheveux bouclées des Juifs orthodoxes), de turbans ou de voiles, est politiquement dangereuse», a estimé Mgr Rowan Williams, dans un article publié par le Times.

    Les propos du leader de l'Église anglicane, qui est la première religion en Grande-Bretagne en terme de nombre d'adeptes, interviennent alors que le pays est agité depuis début octobre par un débat sur le voile et plus largement sur son modèle multiculturel.



    Le ministre des relations avec le parlement Jack Straw, puis le premier ministre Tony Blair ont dénoncé le voile comme un signe de la séparation des communautés. Une institutrice de 24 ans, suspendue après avoir refusé d'enlever son niqab (voile intégral ne comportant qu'une fente pour les yeux) devant ses élèves, a cristallisé le débat.

    Une employée de la compagnie aérienne British Airways a également été suspendue pour avoir mis en évidence un pendentif avec une croix. Des voix se sont alors élevées pour suggérer qu'il était temps que le pays s'interroge sur les bienfaits de la laïcité.

    Mais Mgr Williams a défendu le multiculturalisme, système reposant sur le respect de la culture et de la religion de chacun. Jusqu'ici, l'État n'a pas été pas une «source de moralité et de légimité», mais un médiateur entre les différentes communautés britanniques, a-t-il avancé.

    Il ne doit pas maintenant se transformer en «pourvoyeur de licences» décidant quels sont
    les symboles religieux acceptables en public. Un modèle laïque «modifierait notre culture politique plus radicalement que nous l'imaginons», a-t-il estimé.

    En Grande-Bretagne, l'Église anglicane a un caractère officiel. La reine Elizabeth II en est le «gouverneur suprême» et la religion reste présente dans les institutions. Chaque journée au parlement débute ainsi par la lecture de la prière.

    Pour ne pas aviver un débat déjà fort sensible, le gouvernement a renoncé à un amendement sur les écoles confessionnelles publiques. Il est revenu sur son projet, controversé parmi les leaders religieux, d'imposer aux futures écoles confessionnelles qu'elles intègrent 25% d'élèves de religion différente ou athées.

    La Grande-Bretagne compte environ 7.000 écoles confessionnelles - soit un tiers des écoles publiques - essentiellement chrétiennes. Il existe au moins 36 écoles juives, sept musulmanes et deux sikhs. Les musulmans espèrent obtenir le financement de 150 établissements supplémentaires.

    Les Églises anglicane et catholique se sont d'elles-mêmes engagées à respecter ce chiffre de 25%. Le ministre de l'Éducation Alan Johnson a dès lors considéré qu'il n'était plus nécessaire de légiférer.

    Les représentants de toutes les religions ont aussi accepté que les administrateurs des
    écoles confessionnelles auraient désormais pour charge de promouvoir la cohésion entre les communautés.


    Cyberpresse
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    j'aimerais bien avoir l'avis de Bourguiba et Ben Ali là-dessus ...
     

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