L'artisanat doté d'une stratégie en attendant un contrat programme

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 28 Octobre 2005.

  1. Casawia

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    Le gouvernement et les professionnels prévoient une forte hausse des exportations en 2015

    Créer 117.500 emplois, générer 4 milliards de DH de PIB supplémentaire, multiplier par 10 les exportations formelles, doubler le chiffre d'affaires de l'artisanat à contenu culturel, tels sont les objectifs chiffrés à l'horizon 2015 de la nouvelle stratégie nationale de l'artisanat, qui a été présentée avant-hier à Casablanca par le ministre du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Economie sociale, Adil Douiri.

    Pour réaliser ces objectifs, cette stratégie, qui peut être considérée comme une première concrétisation du plan Emergence (rapport Mc Kinsey) et un prélude à un contrat programme qui doit être signé l'année prochaine, selon le ministère du tutelle, entre l'Etat et les professionnels, se propose comme «une vision claire et volontariste et un plan d'action concret pour chaque type d'acteur du secteur».

    Il s'agit en fait, selon M. Douiri, «d'aider à l'émergence et au développement d'un tissu d'acteurs-producteurs de référence et appuyer les mono-artisans urbains et ruraux en terme de production/vente et d'amélioration de leurs conditions de vie». L'Administration sera donc cantonnée dans un rôle de développement et d'encadrement, laissant la gestion du secteur au privé.

    Cette nouvelle organisation de l'Artisanat vise la rupture avec un passé marqué par «une approche d'accompagnement non adossée à une politique de croissance et une demande croissante mais non exploitée», selon le diagnostic qui a précédé l'élaboration de cette stratégie.

    Ainsi, celle-ci prévoit, en premier lieu, de créer de nouveaux acteurs ou de faire grandir certains acteurs-producteurs «qui seront capables de produire en quantité suffisante».
    A ce sujet, la priorité sera donnée à certains réseaux de distribution avec la sélection, par voie d'appel d'offres, d'un nombre restreint d'opérateurs en mesure de répondre à leur demande.

    Selon les responsables du département de l'Artisanat, la sélection se fera en fonction notamment de la solidité financière de l'entreprise, de sa taille, de la qualité de son management et son orientation vers l'export. Par la suite, un contrat tripartite sera signé entre l'Etat, l'acteur et le réseau de distribution. Il précisera les engagements de chaque signataire, à savoir les obligations de résultats chiffrés pour les opérateurs sélectionnés et le soutien à la production et à la commercialisation pour l'Etat à travers des campagnes de marketing et de promotion.

    Pour le démarrage de cet axe de la stratégie, deux filières «porteuses» ont déjà été retenues, «en raison de leur potentiel de croissance et de la présence d'acteurs structurés dans ces filières». Il s'agit de la décoration et de la bijouterie qui verront la création d'un à trois acteurs par filière avec un chiffre d'affaires de 50 à 100 MDH par acteur. Cinq à sept autres filières bénéficieront du même traitement d'ici 2015, devant porter le nombre d'opérateurs à 10 ou 15, avec un chiffre d'affaires de 200 MDH à 300 MDH par acteur.

    Parallèlement, on prévoit l'élargissement du tissu de production. Ainsi, pour répondre à la forte demande en artisanat d'art à contenu culturel, il est nécessaire, selon les concepteurs de ce plan d'action, de pérenniser et d'accroître l'offre en aidant le tissu de PME opérant dans le secteur à se développer et en incitant à la création de nouvelles entités.

    Etant donné que l'Etat, précisent-ils, «faute de budgets et de ressources humaines», ne peut pas faire bénéficier tous les opérateurs des contrats, il «s'engage à encadrer et appuyer les manufactures structurées» pour augmenter leur production. Il s'agira surtout des prestations gratuites ou subventionnées par l'Etat en matière d'aide à la production, à la vente et au financement.

    Le ministère compte également créer une cellule dédiée à l'accueil et à l'orientation des PME. Ces mesures permettraient, estime-t-on, de passer de 60 PME actuellement (avec un chiffre d'affaires global de 510 MDH) à 200 voire 300 PME (avec un CA global de 4 à 5 milliards de DH) et de faire passer le taux d'orientation de la production à l'export de 26% actuellement à 50%.

    De même, «cette dynamique aura une incidence directe» sur le marché du travail avec la création de 37.200 nouveaux emplois dans les dix années à venir.
    En plus d'un tissu de production fort et structuré, la nouvelle vision prévoit une batterie de mesures pour les artisans individuels, urbains et ruraux, dont l'objectif est «d'augmenter la demande des produits artisanaux qui leur est adressée et d'élever leurs revenus et leurs niveaux de vie».


    Pour les mono-artisans urbains, il s'agit notamment de la création «d'espaces de vente innovants» dans des lieux générant un maximum de touristes comme les stations balnéaires prévues par le plan Azur et de la revalorisation des espaces de vente existants. D'autres mesures sont prévues concernant l'accompagnement au niveau de la production, du financement et de la couverture sociale.

    Ces dernières mesures profiteront également aux mono-artisans ruraux qui, en plus, devront bénéficier d'autres formes d'aides comme l'intégration des espaces d'artisanat dans les circuits du tourisme rural, les foires commerciales, les espaces de rencontres, les coopératives…
    Enfin, ce plan d'action prévoit des mesures d'appui transversales, portant sur la formation et sur la promotion, avec la création d'un label national.

    Lahcen Oudoud
    Le Matin
     

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