L'autre piste de Lockerbie, celle de la Syrie et de l'Iran

Discussion dans 'Info du monde' créé par @@@, 21 Août 2009.

  1. @@@

    @@@ Accro

    J'aime reçus:
    252
    Points:
    83
    En renonçant à faire appel, Abdelbaset al-Megrahi a sans doute enterré tout espoir de connaître la vérité sur l'attentat.

    La grâce médicale et le retour en Libye d'Abdelbaset al-Megrahi, l'agent de renseignement libyen condamné à la prison à vie pour l'attentat de Lockerbie, a provoqué la colère de nombre de familles de victimes. « J'ai une boule dans la gorge. J'ai envie de vomir », a dit l'Américaine Norma Malowski, qui a perdu sa fille dans l'explosion du Boeing de la Pan Am en 1988. Mais d'autres parents de victimes n'ont rien trouvé à redire. Le Dr Jim Swire, un Britannique qui a lui aussi perdu sa fille dans l'explosion, a répété pour la centième fois son intime conviction : « Je ne crois pas une seconde que cet homme ait été impliqué dans ce qu'on lui reproche. »

    Le représentant de l'ONU au premier procès, Hans Köchler, est également persuadé que les enquêteurs et les juges de 2001 ont volontairement abandonné la première piste, celle de la Syrie et de l'Iran. Le mobile : après la destruction accidentelle d'un Airbus iranien par un navire de guerre américain, cinq mois avant Lockerbie, l'ayatollah Khomeyni avait promis à l'Amérique « une pluie de sang ». Mais selon les partisans de l'innocence de la Libye, l'Occident avait besoin du soutien actif de Damas et de la neutralité de l'Iran dans la première guerre du Golfe contre Saddam Hussein. L'enquête s'était d'abord dirigée vers un groupe palestinien dissident installé en Syrie, le FPLP-Commandement général. Deux mois avant l'attentat, une cellule de ce mouvement avait été démantelée en Allemagne. La police avait saisi un détonateur à dépression, qui se déclenche quand l'avion atteint son altitude de croisière, un schéma qui correspond à l'explosion du Boeing de la Pan Am.

    Et puis, dix-huit mois après, l'enquête change de direction. Un promeneur retrouve, à 80 km du lieu de l'impact, un lambeau de tee-shirt enroulé autour d'un fragment de retardateur pour détonateur. C'est cette pièce à conviction qui permet de remonter jusqu'à Megrahi. Le retardateur correspond à un modèle vendu par une firme suisse à la Libye. La police estime que Megrahi, officiellement employé de l'escale de Malte de la Libyan airlines, a réglé le retardateur, puis placé la bombe dans une valise enregistrée sur un parcours à étapes : Malte-Francfort sur Libyan, puis Francfort-Londres et Londres-New York sur Pan Am.

    Megrahi est lié à ce voyage complexe par un témoignage : celui d'un commerçant maltais, Tony Gauci, qui le reconnaît comme l'homme qui lui a acheté les vêtements dont les fragments entouraient le débris de retardateur. Mais au fil des ans, le dossier s'effiloche. Le témoignage de Gauci, à la relecture, apparaît vague. Les dates ne correspondent pas. On apprend que la CIA l'aurait rémunéré dans le cadre de la « protection des témoins ».


    Coup de théâtre
    En août 2007, nouveau coup de théâtre. Le concepteur des retardateurs vient spontanément témoigner devant notaire : à l'époque, il a remis directement « à un membre de l'enquête » un exemplaire de cette pièce d'électronique. L'ingénieur, Ulrich Lumpert, avait omis de raconter cet épisode lors du procès de 2001, où il était témoin. Il affirme vouloir maintenant « soulager sa conscience ».


    Ce complot sorti d'un roman d'espionnage pourrait laisser sceptique si la justice écossaise n'y avait ajouté du sien. Juste avant la volte-face de Lumpert, la commission de révision d'Édimbourg autorise Megrahi à faire appel, sur la base d'une « possible erreur judiciaire ». Parmi les attendus, l'un est gardé secret « à cause d'un accord avec un gouvernement étranger ». Il ne sera jamais communiqué à la défense. Toujours en 2007, Tony Blair, premier ministre, signe un mémorandum d'échange de prisonniers avec Mouammar Kadhafi. C'est finalement la grâce médicale, plus rapide, qui sera choisie. Juste après que Megrahi a abandonné son procès en appel. La vérité sur Lockerbie ne sera peut-être jamais connue. Elle ne devrait pas venir de Libye. Accueilli par quelques centaines de porteurs de drapeaux, en l'absence des caméras de la télévision libyenne, Abdelbaset al-Megrahi a été promptement emmené vers une destination inconnue. Barack Obama s'est contenté de réclamer son « assignation à résidence ».


    http://www.lefigaro.fr/internationa...lockerbie-celle-de-la-syrie-et-de-l-iran-.php
     

Partager cette page