Le bilan d'une décennie :2000 - 2009

Discussion dans 'Espagne' créé par simo160, 8 Janvier 2010.

  1. simo160

    simo160 Accro Membre du personnel

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    Alors que la décennie s'achève sur la plus belle des images,

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    Toujours plus vite, toujours plus vite, toujours plus vite. Le nouveau crédo de l’olympisme est arrivé, et avec lui son plus grand bébé, Usain Bolt, une espèce de croisement entre l’humanoïde et l’alien que nombre d’entre nous n’auraient jamais pu imaginer il y a cinq ans, et par la même occasion un personnage de science-fiction pour Coubertin et ses contemporains. Le sport, et en premier lieu Sa Majesté le football, n’a jamais cessé d’être le parfait miroir de l’évolution des sociétés. Car s’il fallait retenir une chose des années 2000, ce n’est pas le 11 septembre qui était censé changer le monde de manière rédhibitoire mais qui en fin de compte n’a été qu’un formidable vecteur d’instrumentalisation patriotique. Ce n’est pas la soudaine prise de conscience des menaces sur l’écologie symbolisée par les gros pétards mouillés qu’ont été les protocoles et autres sommets dont les signataires et participants – et je ne parle même pas des autres – s’en torchent mais d’une force ! Non. C’est le triomphe de la rapidité. A celle de la consommation de biens et services déjà amorcée auparavant s’est rajoutée celle de la culture, prenant elle aussi la forme de produits tangibles ou intangibles, éphémères et jetables. Les bonnes vieilles chansons populaires ressassées de génération en génération ont cédé la place à des successions de tubes si vite entonnés si vite oubliés. J’aurais tout de suite l’air d’un vieux con si je m’adressais à vous en vous évoquant ce fameux temps que les moins de vingt ans si cher au grand Charles, sa formule ayant été usitée jusqu’à la moelle, tombée de la sorte dans la désuétude, que dis-je, l’obsolescence pour prendre un terme plus angliciste et donc plus new era.

    Aussi, faire le bilan des années 2000, même pour un club tel que le F.C. Barcelone qui, bien que drainant des centaines de millions de fans à travers le monde, reste un microcosme, est une tâche qui nous a semblé pour le moins ardue. Des matchs à la pelle, j’en ai consommés, comme vous surement. Soixante-dix par an en moyenne pendant dix ans, dix ans durant lesquels attendre plus de quatre jours pour regarder un match du Barça devient un supplice. Toujours plus de matchs, toujours plus de spectacle, toujours plus de fric pour les autres. Une boulimie permanente alimentée par de l’information en continu, à deux clics de portée de n’importe quel quidam. En dix ans, le footballeur qui tient le haut de l’affiche – adulé et riche forcément, has-been mais visionnaire le Charles –, est avant tout un athlète complet : rapide, endurant, aérien, puissant, avec je ne sais quels compléments alimentaires qu’il ingurgite à longueur de temps pour mieux l’aider à faire passer ses 3000 abdos journaliers. Au diable l’esthète, vive le bourrin. Seul compte le résultat immédiat, le prochain match comme ils disent. Tout va très vite dans le football comme ils disent aussi. Le passé est déjà passé, et les héros d’hier sont cloués au pilori à la moindre baisse de régime. Heureusement, après avoir un temps plongé dans cette tendance, et sans que tout ne soit parfait aujourd’hui, le F.C. Barcelone a passé la seconde moitié de la décennie à restaurer son héritage perdu en privilégiant une certaine stabilité dans son jeu et sa gestion, non sans avoir payé occasionnellement le mécontentement de ces traditionnels et exigeants socios. Heureusement aussi, à côté de l’océan machinmercato.net, footixtruc.com, ont vu le jour quelques havres cybernétiques soucieux de privilégier un minimum la qualité et la crédibilité de l’information face à ce flot constant de rumeurs et d’intoxication médiatique, et on espère bien que ce site fut un de ces havres pour le culé francophone.

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    Quant à moi, ces archives me seront bien utiles pour revenir sur cette décennie pleine et mouvementée, bien que je sois livré à ma mémoire pour faire le reste. Plutôt qu’entamer cette initiative par le sempiternel refrain d’Aznavour, je l’illustre plus volontiers par celui du tube francophone du tout début des années 2000, tube que je croyais à jamais refoulé en moi, mais qui refait inextricablement surface, comme un moyen de stimuler ma mémoire au moment où elle en a justement besoin. Freud, sors de ce corps et laisse place aux Neg’Marrons :



    Le temps passe et passe et passe / Et beaucoup de choses ont changé / Qui aurait pu s'imaginer que le temps se serait si vite écoulé / On fait le bilan, calmement en s’remémorant chaque instant / Parler des histoires d'avant comme si on avait 50 ans

    Ce bilan donc, vous l’attendez tout autant que moi sans quoi vous, produits de votre époque tout autant que moi, n’auriez pas eu la patience d’arriver jusqu’à ces lignes. Et de la patience, il faudra vous en armer puisque c'est une véritable telenovela qui vous attend, avec ses personnages, ses drames, ses rebondissements et son heureux dénouement. Sur le toit du monde, mais il n'en a pas toujours été ainsi. Souvenez-vous...

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