Le Coran au féminin

Discussion dans 'Info du bled' créé par A_mir, 5 Mai 2006.

  1. A_mir

    A_mir les causes perdues...

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    La première promotion de prédicatrices vient d'obtenir le diplôme du Conseil des oulémas de Rabat.

    L'Etat marocain vient de former ses 50 premières prédicatrices, les "mourchidates". Une première au Maghreb, où l'enseignement du Coran était jusqu'alors une affaire d'hommes. Les jeunes femmes auront une fonction d'animation dans les mosquées, les associations, les écoles ou les prisons, mais ne dirigeront pas la prière.

    Une hérésie ? Certainement pas pour Souad, qui explique au magazine marocain Le Journal hebdomadaire : "L'islam insiste sur le droit de la femme. Mais le monde musulman a lâché peu à peu sa religion et ses femmes. Sur ce point et d'autres, le Coran est mal compris." Une vision qui fait également l'unanimité auprès des responsables de la formation dispensée par le ministère des Affaires islamiques au sein du Conseil des oulémas de Rabat. Ici, on enseigne les sciences islamiques mais aussi la communication, l'histoire, la géographie, la sociologie, la psychologie, la gestion, les langues, le droit et même l'histoire du mouvement féministe ; le tout pour pouvoir interpréter le Coran dans son contexte historique.

    Un verset comme "Wali Rijali Alaiyhina daraja" peut-il être traduit par "Les hommes ont un degré de plus que les femmes" et utilisé pour démontrer leur supériorité ? "C'est faux", explique une formatrice à l'hebdomadaire Tel quel. "Il doit être interprété en fonction du contexte d'origine et non d'une façon isolée."


    L'enjeu est clair, rappelle le magazine : lutter contre l'influence islamiste dans les mosquées, conformément à la stratégie de "renouvellement du champ religieux", annoncée par le roi Mohammed VI à la suite des attentats de 2003 à Casablanca. Une volonté de contrôle, selon le politologue Mohammed Layadi, cité par Le Journal hebdomadaire : "C'est toute une politique dont les aspects se déclinent les uns après les autres. On essaie de récupérer les femmes."

    Sandrine Tolotti
    Courrier international (si le lien ne marche pas c'est que l'article serait passé aux archives payantes)
     

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