Le flot des clandestins vers l'Espagne a chuté de 14 % en 2005

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 20 Mai 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

    J'aime reçus:
    145
    Points:
    0
    Le nombre des immigrés clandestins, interceptés le long des côtes espagnoles à bord d'embarcations, a baissé de 14 % durant les premiers mois de l'année en cours par rapport à la même période en 2004. Ces chiffres du ministère espagnol du Travail et des Affaires sociales, annoncés par le bureau de Madrid de l'agence MAP, se veulent un indicateur de l'efficacité du contrôle mené conjointement depuis février 2004 par le Maroc et l'Espagne, aux frontières maritimes.

    Un accord signé entre les deux parties, en novembre 2003, sur la coopération dans la lutte contre l'immigration clandestine, mettait en exercice depuis cette date des patrouilles mixtes de la Gendarmerie Royale et de la Garde civile espagnole sur les côtes marocaines et aux Iles Canaries.

    Dans le cadre de ces missions conjointes, d'une durée de trois jours chacune, deux gendarmes marocains, ne portant aucune arme, accompagnent des éléments de la Garde civile dans l'une des embarcations de ce corps de sécurité espagnol qui patrouillent le long du littoral canarien.

    Une expérience renouvelée au Maroc. Deux gardes civils espagnols, également dépourvus de leurs armes, accompagnent les gendarmes marocains à bord de l'une de leurs embarcations de patrouille dans la zone maritime du Sud.
    Les deux parties coopèrent ainsi à lutter contre les réseaux de l'immigration clandestin. Un travail qui a permis, ces deux derniers jours, d'effectuer un coup de filet dans les milieux et démanteler un réseau de trafic d'êtres humains.

    Un trafic qui fait des centaines de victimes parmi les candidats marocains et ceux d'origine subsaharienne qui tentent de traverser la mer au prix de leur vie. Un échange d'informations sur les points de sortie ou de destination des embarcations et les routes maritimes que les patrons des pateras utilisent lors de leurs opérations est, de fait, prévu dans le cadre de la coopération entamée durant plus d'une année.

    L'expérience prévue initialement sur une période de six mois pendant lesquels, les patrouilles sont alternées entre les côtes marocaines et espagnoles et devait être transposée, en cas de réussite, au nord avec la création de patrouilles au détroit de Gibraltar. Ce qui est le cas aujourd'hui, selon nombre de responsables espagnols.

    Les chiffres du ministère espagnol du travail et des affaires sociales sont, par ailleurs, très parlants. Ils indiquent clairement que de janvier à avril 2005, les autorités espagnoles ont intercepté 121 embarcations au total (contre 148 en 2004) et procédé à l'arrestation de 2.726 personnes à bord, soit 442 personnes de moins que durant la même période de l'année dernière.

    Dans l'archipel des Canaries, la baisse est plus importante (49 %) avec la saisie respectivement de 22 embarcations et l'arrestation de 1.159 personnes contre 94 embarcations et 2.284 détentions en 2004.
    L'Andalousie, proche des côtes marocaines, vient en tête des destinations choisies par les candidats à l'immigration par voie de mer avec un taux d'augmentation de 45 % pour le nombre de pateras saisies et de 78 % pour les arrestations (1.567 personnes).

    La secrétaire d'Etat espagnole chargée de l'Immigration a assuré que ces données confirment les résultats positifs obtenus grâce à la coopération croissante du Maroc en matière de lutte contre l'immigration clandestine.
    Elle a également fait part de la volonté de son gouvernement de renforcer les mesures de détection des pateras, la lutte contre les mafias ainsi que la coopération avec le Maroc Il faut, par ailleurs, rappeler que l'accord conclu en novembre 2003, entre Rabat et Madrid, intervenait à la suite de l'initiative marocaine portant sur une action de contrôle aux frontières. Sa Majesté le Roi Mohammed VI avait donné ses directives, quelques mois auparavant, pour la création de la Direction de la migration et de la surveillance des frontières, ainsi que de l'Observatoire de la migration.

    Deux organismes dont la mission définie était justement de lutter contre les réseaux d'immigration clandestine.

    La coopération maroco-espagnole en matière de lutte contre l'immigration clandestine semble faire des émules. Le 12 août 2004, dans un même élan et dans un contexte analogue, un accord de coopération entre l'Italie et la Libye crée des patrouilles mixtes sur le même modèle. Si elle apparaît, pour certains, comme l'illustration d'une politique européenne de fermeture des frontières, cette politique de contrôle des frontières est sous-tendue par la volonté et l'intérêt qu'éprouvent tous les pays du monde à lutter contre le fléau du terrorisme international.

    Gendarmes ibéro-américains
    Créées dernièrement, des patrouilles mixtes américano-espagnoles patrouillent dans les eaux espagnoles pour traquer les immigrants clandestins. Cette action concertée s'inscrit dans le cadre d'un accord sur la sécurité dans le détroit de Gibraltar, qui comprend, entre autres aspects, les menaces terroristes, le contrôle des embarcations de clandestins, la lutte contre les réseaux des trafiquants des êtres humains et la drogue.


    Les opérations menées conjointement par les marines espagnoles et américaines ne sont qu'un élément supplémentaire dans la panoplie déjà très fournie aussi bien au Maroc qu'en Espagne pour endiguer le flux qui, d'ailleurs, tente de s'écouler par de nombreuses voies. Outreles patrouilles ibéro-américaines, la marine Royale marocaine fait état de manière régulière de l'arraisonnement d'embarcations dans le Détroit, mais aussi plus loin vers l'est, du côté de Nador et Al Hoceïma.


    Par Khadija Ridouane
    Source: LeMatin.ma



    [Fichier joint supprimé par admin]
     

Partager cette page