Le mariage des mineurs reste un vrai souci

Discussion dans 'Info du bled' créé par michele2010, 21 Octobre 2006.

  1. michele2010

    michele2010 Visiteur

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    Encore une fois, le mariage des mineures est discuté au Parlement. Le groupe de la coalition sociale a choisi la première séance orale de cette rentrée parlementaire pour poser cette question qui s'avère d'une plus haute importance. Est-il vrai que le mariage des mineures est en hausse alors que les dispositions du Code de la famille sont claires ? La député Nezha Skalli tient à tirer la sonnette d'alarme en soulignant que le phénomène est inquiétant.



    Mohamed Bouzoubaâ, ministre de la Justice, ne partage pas cet avis. Il pense que ce phénomène reste une exception. " Le législateur a permis le mariage de celles qui n'ont pas encore 18 ans en tant qu'exception. La permission est accordée par le juge de la famille chargé du mariage quand l'intérêt se présente. La permission doit être justifiée", explique le ministre de la Justice.

    En 2005, au niveau de Casablanca, sur un total de 1.122 dossiers de mariage des mineures, quelque 964 demandes ont été acceptées. 318 seulement ont été conclues, soit un taux de 1.19% du total des mariages. " La hausse des demandes de mariage des mineures est due à la période de transition caractérisée par l'entrée en vigueur légale de la moudawana. Par le passé, les citoyens se sont habitués de faire marier leurs enfants à un âge précoce ", estime Mohamed Bouzoubaâ.

    Pour lui, pour que les notions du Code de la famille soient assimilées par tous, il faut de la patience. " Les comportements et les traditions non désirés au niveau des nouvelles dispositions ne peuvent être bannis que progressivement. Les juges sont devenus plus sévères dans l'octroi de la permission des mariages des mineures. "

    Il faut reconnaître que le phénomène commence de plus en plus à perdre de l'ampleur. Il n'empêche que la pratique du mariage précoce demeure encore existante à cause de l'analphabétisme et de la pauvreté.

    Dans les campagnes ainsi que dans certains quartiers des pauvres, le mariage des mineures est monnaie courante. Nombreux sont les parents qui préfèrent que leurs filles se marient avant l'âge de dix-huit ans. Traditions et mentalités obligent ! Ils pensent ainsi assurer l'avenir de leurs filles. 12 % d'entre elles ont le statut de femmes mariées au Maroc.

    Les associations, notamment celles qui défendent les droits de la femme, critiquent l'exception permise par le Code de la famille concernant ce genre de mariage. Les militantes ne comprennent pas sur quelles bases les juges accordent leurs autorisations. Pour lutter contre, la sensibilisation est le meilleur moyen. Le Code de la famille est clair: " l'aptitude au mariage s'acquiert pour l'homme et pour la femme qui jouissent de leurs facultés mentales, à 18 ans". L'homme et la femme sont placés sur un pied d'égalité selon la loi. Or, la pratique est autre. Bon nombre de parents profitent de l'exception quoique la procédure ne soit pas simple.

    Les mariages précoces sont, en effet, soumis à une autorisation préalable du juge. La demande comporte l'intérêt et les raisons des concernés. Le magistrat doit entendre le père et la mère de la mineure pour qu'il s'assure que le mariage ne représente pas un danger pour la fille. D'où l'importance d'une expertise médicale et d'une enquête sociale. Le mariage de la mineure est soumis aussi à l'accord du tuteur légal.

    Toute fraude est punie à la demande de la personne lésée. Celle-ci peut même demander la nullité du mariage et le paiement des dommages et intérêts. Le mariage ne doit plus être considéré comme étant une assurance pour le devenir des mineures. Certes, les choses commencent à changer. Mais, il reste encore du chemin à parcourir.



    le matin
     

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