Le Maroc à l’époque du protectorat français (1912-1956)

Discussion dans 'Scooooop' créé par casabladi, 30 Décembre 2005.

  1. casabladi

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    Août 1912 : El-Hiba marche sur Marrakech à la tête de dix mille rebelles et s’en empare mais il est complètement battu par le colonel Mangin à Sidi Bou Othmane le 6 septembre.

    1914-1918 : À l’exception de la courte période durant laquelle il est ministre de la Guerre dans un gouvernement Briand, Lyautey « tient » le Maroc pendant la première guerre mondiale avec un minimum d’effectifs alors que des dissidences persistent dans plusieurs régions.

    1919 : Les Espagnols s’installent au Cap Blanc, à l’extrémité méridionale du Rio de Oro. Ifni ne sera occupée qu’en 1934, date à laquelle le haut commissaire d’Espagne au Maroc devient également gouverneur général des territoires d’Ifni, du Sahara occidental et du Rio de Oro.

    Juillet 1921 : Désastre espagnol d’Anual où la colonne du général Silvestre est anéantie par les rebelles rifains commandés par Abd el-Krim qui entend former une véritable République confédérée des tribus du Rif, au moment où la France doit compter avec la révolte des Druzes de Syrie et du Liban et alors que Mustapha Kemal montre en Turquie comment un pays musulman peut relever le défi de la modernité et de l’impérialisme européen. À partir de 1924, la guerre s’étend au Maroc français.

    1925 : Alors que le maréchal Pétain et le général Naulin contiennent la poussée des rebelles, Lyautey, pour qui la mission confiée à Pétain apparaît comme un désaveu, donne sa démission et rejoint la France.

    1926: Reddition d’Abd el-Krim.

    1927 : Mort de Moulay Youssef. Son troisième fils, Sidi Mohammed ben Youssef, âgé de dix-huit ans, lui succède sur le trône sous le nom de Mohammed V.

    1930 : Des manifestations éclatent contre le projet français de séparer, sur le plan juridique, Arabes et Berbères, ce qui porterait un coup fatal à l’unité nationale marocaine. Devant l’hostilité du sultan et de l’opinion, le projet est abandonné en 1934.

    1934 : Allal al-Fassi fonde le Comité d’Action Marocain. Le journal nationaliste l’Action du Peuple, créé en 1933 par Mohammed Hassan Ouazzani, est suspendu.

    1935 : Le sultan obtient que le Maroc continue de dépendre, en tant que protectorat, du ministère des Affaires Étrangères et non du ministère de la France d’Outre-mer.

    1937 : Déçus par le Front Populaire, les nationalistes déclenchent une campagne d’agitation dans tout le protectorat. Allal al-Fassi est déporté au Gabon d’où il reviendra pour prendre la tête du mouvement Istiqlal, « Indépendance ».

    1940 : Le sultan est loyal au gouvernement du maréchal Pétain mais refuse, au nom de l’indépendance et de l’unité du pays, d’appliquer au Maroc le statut des juifs promulgué à Vichy.

    7-8 novembre 1942 : Débarquement américain à Casablanca, Safi et Kenitra. Le général Noguès, commandant en chef au Maroc, ayant donné l’ordre de résister, les combats durent deux jours jusqu’à l’ordre de cessez-le-feu lancé depuis Alger par l’amiral Darlan.

    1943 : Conférence d’Anfa, qui répartit notamment les responsabilités entre le général Giraud et le général De Gaulle. Elle est aussi l’occasion pour Roosevelt d’encourager les aspirations indépendantistes. Création du parti Istiqlal, qui réclame l’indépendance dans son Manifeste de janvier 1944.

    1946 : Le résident général Éric Labonne adopte une attitude libérale mais il est remplacé dès 1947 par le général Juin.

    1947 : Séparée du Maroc espagnol, l’Afrique occidentale espagnole est divisée en deux entités administratives distinctes, Ifni et le Sahara, lui-même divisé en deux zones, la Saquia-el-Hamra et le Rio de Oro.


    1951 : Le sultan ne peut obtenir, lors d’un voyage à Paris, la fin du traité de protectorat. Il entame la « grève du sceau » en refusant de signer les décrets présentés à sa signature par l’administration française. Le remplacement du général Juin par le général Guillaume n’arrange pas les relations entre la Résidence et le Palais.

    Août 1953 : Le sultan est exilé en Corse, puis à Madagascar alors que le chérif Mohammed ben Arafa est proclamé à Marrakech « Prince des Croyants ». La France s’appuie sur le pacha de Marrakech, Thamai el-Glaoui, farouchement hostile à l’Istiqlal et aux communistes. Les attentats se multiplient, dont plusieurs contre Ben Arafa que les États étrangers et la Ligue arabe refusent de reconnaître.

    1954 : Le général Lacoste succède au général Guillaume pour un an ; il est remplacé par le libéral Gilbert Grandval qui ne reste que deux mois à son poste, puis par André Dubois.

    1955 : Exilé à Antsirabé, le sultan Mohammed V demeure intraitable et refuse d’abdiquer. En septembre la conférence d’Aix-les-Bains permet cependant d’aboutir à un accord. Ben Arafa abdique en octobre et les négociations s’engagent entre le sultan d’une part, Edgar Faure et Antoine Pinay de l’autre. Elles aboutissent à la déclaration de La-Celle-Saint-Cloud qui admet l’indépendance totale du Maroc. Le sultan pouvait rentrer dans son pays après vingt-sept mois d’exil.

    2 mars 1956. : Le Maroc accède à l’indépendance. Le 7 avril, un accord est signé à Madrid entre Mohammed V et le général Franco, qui met fin à la souveraineté espagnole sur le nord du pays. Le 20 octobre, la zone de Tanger – qui était soumise à un statut international particulier, était elle aussi réintégrée au Maroc.
     

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