Le Maroc donne de ''très nombreux gages'' dans sa volonté d'un ancrage européen

Discussion dans 'Info du bled' créé par Le_Dictateur, 13 Mai 2006.

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    Bruno Dethomas, ambassadeur, Chef de la délégation de la Commission européenne à Rabat

    Le Maroc a donné de «très nombreux gages» dans sa volonté d'un ancrage européen, a affirmé, hier à Casablanca, Bruno Dethomas, ambassadeur, Chef de la délégation de la Commission européenne au Maroc.


    «De la signature de l'accord Open Sky et de la négociation d'un accord de réadmission des migrants illégaux, on peut voir là que le Royaume a donné de très nombreux gages dans sa volonté d'un ancrage européen», a souligné M. Dethomas, lors d'une journée d'étude sur «La citoyenneté européenne dans sa diversité», organisée par «Les Européens dans le Monde».

    M. Dethomas a tenu à préciser qu'il est désormais difficile de compter les domaines où le Royaume s'est voulu à l'avant-garde dans ses relations avec l'UE, qu'il s'agisse de la participation de ses troupes à des opérations militaires européennes (Bosnie Herzégovine), de la coopération dans la lutte contre le terrorisme, du dialogue politique approfondi et la libéralisation des échanges de services et de produits agricoles, ou encore de la participation au projet OPS européen Galileo.

    Après s'être félicité du partenariat Maroc-UE, il a fait remarquer que l'intensité croissante des échanges a été facilitée par une ferme volonté politique du Maroc qui a choisi l'Europe et, avec elle, il a fait le choix de la démocratie, du libéralisme économique, des droits de l'Homme et des standards européens.
    Passant en revue les multiples secteurs de coopération bilatérale, M. Dethomas a rappelé que le Maroc est le premier bénéficiaire du programme MEDA avec plus de 20 % des fonds destinés aux pays méditerranéens.

    «Ainsi, il n'y a pas une seule des grandes réformes structurelles menées par le Royaume (santé, éducation, formation, éradication des bidonvilles, transport, administration, justice, fiscalité, droits de l'Homme, égalité hommes/femmes, mise à niveau des entreprises) qui ne bénéfice d'un appui du budget communautaire», a-t-il dit.

    M. Dethomas, qui a reconnu que la mobilisation de l'UE «n'a pas permis au Maroc de combler, même partiellement, son retard de développement vis-à-vis du nord de la Méditerranée», a affiché la volonté de l'Union de répondre aux attentes du Maroc dans la poursuite de son processus de démocratisation comme dans sa détermination à sortir de la spirale «faible croissance, chômage, pauvreté, migration». Il a, en outre, annoncé que la Commission européenne compte proposer aux Etats membres, avant fin mai courant, à titre de projet pilote, l'établissement dans quelques pays tiers, dont le Maroc, de consulats européens pour examiner les demandes de visa et d'asile.

    Abondant dans le même sens, Simon-Pierre Nothomb, secrétaire général de la fédération européenne des associations nationales d'expatriés «Les Européens dans le Monde», a affirmé que le choix du Maroc pour abriter la première rencontre de cette association en dehors de l'espace européen n'est pas fortuit, soulignant que le Royaume, en général, et Casablanca, en particulier, accueillent une multitude de nationalités, confirmant ainsi son statut de pays hôte et havre de paix et de tolérance.

    En même temps, a ajouté M. Nothomb, également vice-président de l'Union francophone des Belges à l'étranger, beaucoup de Marocains sont installés en Europe et ailleurs et bénéficient de la double nationalité, contribuant largement ainsi à l'enrichissement de leur pays d'origine et des pays d'accueil.


    Enrique Baron Crespo, président de cette association internationale et président de la Commission du Commerce international, a, de même, souligné que cette première rencontre en dehors de l'Europe se tient dans une ville cosmopolite qui accueille une très grande communauté européenne, affirmant qu'avec le Maroc «nous partageons beaucoup de points et avons les mêmes vues, sans oublier le nombre important de Marocains installés en Europe et qui contribuent à l'enrichissement du partenariat bilatéral et à l'approfondissement des rapports mutuels».

    Hassan Abouayoub, ambassadeur itinérant du Maroc, a, pour sa part, évoqué le problème du flux migratoire, faisant remarquer que le Maroc, sur la voie de production d'une valeur ajoutée considérable en plus des chantiers et des réformes lancés par S.M. le Roi, deviendra, s'il ne l'est déjà, un immense pays attractif pour l'immigration non seulement africaine mais probablement asiatique à l'image de ce que connaît l'Europe. Il a en outre souligné que l'évolution de la demande de naturalisation en Europe, particulièrement en France, s'est accrue à partir du moment où le visa a été imposé pour des besoins de sécurité et pour sécuriser la liberté individuelle de circuler.

    Ceci, a-t-il ajouté, a changé complètement l'équation migratoire dans les pays européens, estimant que la gestion par des quotas mènera très probablement au même niveau de crise de négociations que lors de la dérégulation du commerce des marchandises et des services.

    Pour sa part, Aicha Belarbi, ex-ambassadeur du Maroc auprès de l'UE, sociologue et chercheur, a mis en relief la différence entre l'immigration vers les pays du Nord où les migrants sont en quête notamment d'amélioration de leur situation matérielle et celle vers le Sud où ces Européens ne sont pas appelés immigrés mais étrangers puisque ce sont des hommes d'affaires ou des personnes qualifiées qui apportent un savoir-faire.

    Evoquant la région méditerranéenne, l'ancienne diplomate a indiqué que le pourtour a, de tout temps, été un espace de mixage, d'échange, de circulation et une plate-forme de communication entre les peuples qui unit plus qu'elle ne sépare.

    Cette journée d'étude, marquée par la présence de l'ambassadeur d'Espagne à Rabat, du consul général de Belgique à Casablanca, du wali du Grand Casablanca et de plusieurs autres personnalités de différents bords et nationalités, est organisée sous l'égide de la wilaya du Grand Casablanca et de la Commission européenne au Maroc, en collaboration avec l'Institut marocain des relations internationales (IMRI).

    Plusieurs membres de l'association «Les Européens dans le Monde» ont fait le déplacement à Casablanca représentant la France, l'Italie, les Pays-Bas, l'Irlande, la Suède, la Grande-Bretagne, le Luxembourg, l'Espagne, la Pologne et la Belgique.

    MAP
     

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