Le Maroc en passe de gagner le pari de la croissance

Discussion dans 'Scooooop' créé par Med Omar, 14 Janvier 2011.

  1. Med Omar

    Med Omar MoUl DéTaILS-GaRoU PiPaS Membre du personnel

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    Le Maroc en passe de gagner le pari de la croissance

    - Face au chômage, miser sur des réformes structurelles

    - Un PIB assis sur d’importantes réserves de croissance
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    «Quand je me regarde, je me désole; et quand je me compare, je me console». Cet adage peut résumer un peu le sentiment de bien des décideurs au Maroc en observant les troubles sociaux qui secouent la Tunisie et l’Algérie. Le chômage des jeunes et les difficultés des lauréats de l’enseignement supérieur à trouver un emploi, au Maroc, on connaît. Le taux de chômage de cette population, 24%, est deux fois plus élevé que la moyenne nationale qui se situe, selon le HCP, à 9,8%. Par comparaison, le taux de chômage en Tunisie est de 14 points, celui des diplômes, en pointe dans la contestation actuelle, serait bien plus élevé (un diplômé sur deux serait sans emploi selon certaines sources indépendantes).
    Après avoir été tentées par la solution de facilité dans les années 1990 à travers le fameux Conseil national de la jeunesse et de l’avenir (CNJA) par la création artificielle des emplois dans les collectivités locales, les autorités marocaines ont changé de fusil d’épaule. Tout n’est pas certes parfait, mais elles ont eu l’intelligence de miser sur des réformes structurelles (libéralisation, privatisation, mise à niveau de l’infrastructure, etc.) et la mise sur orbite de l’industrie touristique, de loin la plus importante réserve de croissance du pays. Le tourisme a également été la vitrine principale de l’investissement étranger. En une décennie, c’est tout le visage de l’économie qui en a été transformé. Entre 200 et 2009, le produit intérieur brut a augmenté de 50%, charriant dans son sillage de nouvelles classes moyennes urbaines, qui soutiennent la consommation.
    Probablement sous-évalué, selon les experts internationaux, le PIB marocain est beaucoup plus diversifié que celui de l’Algérie basée presque exclusivement sur les exportations d’hydrocarbures. S’il reste encore important, le poids du secteur agricole dans l’économie va en diminuant, et petit à petit, la croissance gagne en autonomie vis-à-vis de l’agriculture. Les services comptent en effet pour 55% dans la structure de la richesse produite annuellement au Maroc. Au contraire du voisin algérien et de la Tunisie, le Maroc peut également s’appuyer sur un tissu de PME et d’entrepreneurs beaucoup plus dense.
    Sur le plan de l’environnement des affaires, les classements internationaux qui nourrissent tant le complexe des chefs d’entreprise marocains à l’égard de la Tunisie, ne reflètent pas la réalité du terrain. Par exemple, il n’est pas possible pour une multinationale de détenir sur place une filiale de distribution; elle doit obligatoirement concéder qu’un opérateur tunisien soit majoritaire dans le capital. Sinon, elle est obligée d’installer une activité industrielle.
    Vu du Maroc, cela signifie par exemple, que les grandes marques d’électroménager présentes via des filiales de distribution (LG, Samsung, Bosch, Whirlpool, etc.) n’auraient pas d’autre choix que de s’associer aux Marocains. Idem dans le domaine des franchises commerciales, un secteur qui a littéralement explosé ces dernières années. La réglementation interdit formellement toute implantation de commerce de franchise en Tunisie. Globalement, il est bien plus facile d’investir au Maroc qu’en Tunisie où il est souvent conseillé d’avoir le parapluie de proches de la famille présidentielle. Dans les dix années à venir, les réserves de croissance se trouvent dans les différents plans sectoriels lancés par le gouvernement, auxquels il faudra ajouter l’industrie des phosphates où le Maroc détient le leadership mondial et les énergies renouvelables. Les plans Maroc Vert, Halieutis, Emergence industrielle, la Vision 2020 du tourisme constituent les principaux gisements de croissance.

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