Le Maroc mal classé en matière d’incitation à l’investissement étranger

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 28 Octobre 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

    J'aime reçus:
    145
    Points:
    0
    Pourquoi nos partenaires étrangers demeurent limités

    Pourquoi les investisseurs étrangers font encore partie d’une assiette qui a du mal à s’élargir ?

    Voilà des questions qui taraudent l’esprit de plus d’un en un moment où, de par la signature de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis, le Maroc devient, pour plusieurs pays, un pays attractif pour les investisseurs car il peut devenir une plate-forme d’accès vers le marché américain.

    Considérée comme un maillon en étroite liaison avec bien d’autres pour composer une chaîne stratégique de l’ouverture économique, la plate-forme n’est qu’une phase « conséquence ». Pour y aboutir, il faut asseoir l’économie nationale sur une thérapeutique saine.


    Le Maroc dispose-t-il de cette base correcte ?

    Plusieurs sont les discours où est soulignée avec fierté l’expression suivante : « Le Maroc est l’un des pays les plus incitatifs en matière d’investissement ».

    Mais le Maroc est-il aussi attractif qu’on le pense ?

    Il est vrai que le Maroc a entrepris la voie d’un certain nombre de réformes et qu’il dispose d’une main d’½uvre bon marché par rapport aux économies qui souhaitent externaliser. Mais ces qualités sont-elles suffisantes pour pouvoir porter jugement de « économie plus attractive » ?

    Certainement ceux et/ou celles qui considèrent l’économie marocaine comme l’une des économies attractives, ont raison dans le sens où leur analyse est menée dans l’absolu tout en considérant l’économie marocaine dans le cadre d’un singlatant.

    Si cette analyse est menée dans le sens relativisé, comparaison faite avec des économies émergentes qui s’engagent dans une guerre sans merci afin de conquérir des parts de marché internationales, une guerre qui utilisera l’ensemble des moyens possibles pour y parvenir, à savoir pression lors des négociations, modification de l’environnement économique, professionnalisation de la mission économique, ... on va comprendre profondément pourquoi les investisseurs étrangers ont de l’appétit dans certains pays plus que dans le nôtre.

    A ce niveau, deux réalités traduisent le retard que doit rattraper le Maroc en matière d’investissements étrangers :

    I- La commission interministérielle des investissements, chargée d’étudier les projets d’investissements de plus de 200 millions, a approuvé, en 2004, 53 projets représentant un investissement global de 16,82 milliards dh. La nationalité des investisseurs laisse entrevoir un certain dynamisme des opérateurs marocains pour ne pas dire que les investisseurs étrangers sont loin de se bousculer au portillon.

    II- Une étude réalisée par la direction des investissements récemment révèle une vérité qui donne froid au dos : Comparaison faite avec 15 pays concurrents, le Maroc est classé parmi les derniers en matière d’incitation à l’investissement étranger.

    D’après cette étude, si les investisseurs étrangers - tels que les grands groupes internationaux - trouvent place en l’élargissant même dans d’autres pays et pas le Maroc, c’est parce que d’abord ces pays proposent un cadre fiscal non seulement incitatif mais qui ouvre l’appétit de plus en plus pour passer la vitesse de l’investissement à un stade supérieur. Nombre de pays tels que la Tunisie, la Jordanie, la Turquie... offrent un cadre fiscal dont l’incitation va de la réduction jusqu’à l’exonération, qui traduit véritablement la volonté de faire mieux en matière d’investissements étrangers. Mais l’incitation à l’investissement étranger est-elle de nature seulement fiscale ?

    Face à de tels résultats, l’Etat marocain veut rendre encore plus intéressantes les mesures incitatives déjà mises en place.

    Encore, il faut noter que les travaux de révision de la charte d’investissement prévus pour cette année, tombent à pic. Entrée en vigueur en 1996, cette dernière avait une durée de vie de dix ans.

    Donc, l’année 2005 sera celle de l’élaboration des changements.

    Quand le Maroc est classé parmi les derniers en matière d’incitation à l’investissement étranger, il y a même urgence pour mener une grande réflexion pour réviser les méthodes et les mesures drainant l’investissement : Une justice plus rapide, un arbitrage plus efficace, des CRI plus indépendants ... + un cadre fiscal généreux.

    Supposons que le Maroc dispose d’un environnement d’investissement, considéré dans le sens de l’analyse comparative, plus incitatif : Fiscalité encourageante, une stratégie globale est assise pour intégrer aussi la notion de développement des infrastructures d’accueil, des facteurs déterminants de l’investissement sont favorables, sont-ils là suffisamment d’éléments pour susciter l’intéressement de l’investisseur étranger ?

    A l’heure où l’image externe d’un pays devient dans ce jeu de concurrence un élément central, le Maroc est, par la force des choses, contraint de revenir sur une approche de communication externe pour faire connaître les atouts et les moyens de production avantageux dans un environnement marocain.

    A ce niveau, il est primordial de rappeler qu’il y a plus que vingt ans, Feu Hassan II avait nommé des conseillers économiques au niveau des ambassades avec une forte volonté de faire connaître les potentialités et les atouts du Maroc à l’étranger. Il s’avère que cette première génération avait du mal à drainer de l’investissement dans notre pays. N’est-il pas temps de se poser la question : Pourquoi cette mission n’a pu être accomplie ?

    La révision réformatrice semble être d’ordre global pour que notre pays ait sa part de gâteau dans les investissements étrangers.

    L'Opinion
     
  2. Friend

    Friend Bannis

    J'aime reçus:
    24
    Points:
    0
    Re : Le Maroc mal classé en matière d’incitation à l’investissement étranger

    En plus des mesures incitatives de la Charte d'investissements, il faudrait peut etre mettre en place davantage de Missions Commerciales à l'etranger pour drainer l'investissement , et decrocher les marchés! Il faudrait en outre que l'opérateur economique marocain se déplace un peu plus souvent à l'etranger et ne pas attendre que l'investisseur vient taper à sa porte!

    Fi Lamane!
     

Partager cette page