Le Maroc réussira-t-il sa «mue»?

Discussion dans 'Info du bled' créé par Le_Dictateur, 5 Mars 2007.

  1. Le_Dictateur

    Le_Dictateur Visiteur

    J'aime reçus:
    85
    Points:
    0
    2007 commence sur les chapeaux de roues. Deux événements majeurs en ce début d’année: le lancement des travaux de la station Taghazout à Agadir et la mise en œuvre de la stratégie du tourisme interne. Pour les MRE, il faudra attendre encore quelques mois.

    Le Maroc se trouve à un tournant de la mise en œuvre de sa stratégie touristique. Plus que trois années nous sépare de l’échéance 2010, celle que s’est fixé le gouvernement marocain pour atteindre le cap des 10 millions de touristes.
    Au-delà du flux de touristes drainés vers la destination Maroc, de nombreuses interrogations persistent quant à la réussite de la politique de concession qui a été entamée en 2001, au moment où le gouvernement a conçu une nouvelle stratégie. Le Maroc a-t-il réussi son plan d’action ? A-t-il obtenu les résultats escomptés? Les chiffres pour 2006 laissent en tout cas croire que oui.


    Les arrivées et les recettes touristiques affichent des hausses notables. +9% pour les arrivées et +26% pour les recettes sur les onze mois de 2006. Cette augmentation sensible signifie-t-elle pour autant que le Maroc accueillera, en 2010, les dix millions que le gouvernement a annoncés ? D’ici là, il faudra drainer quatre millions de touristes supplémentaires. Et disposer des capacités hôtelières suffisantes. Sur ce dernier point, le Royaume a d’importantes lacunes.
    Côté stations balnéaires, les concessionnaires n’ont pas tous honoré leurs programmes. L’an dernier, il manquait 5.000 lits puisque seuls 10.000 des 15.000 projetés ont été créés.


    Le manque de financement serait à l’origine de ces défaillances. Plusieurs établissements bancaires s’intéressent aux fonds d’investissements touristiques pour contribuer à la construction d’établissements hôteliers. Des investisseurs privés combleraient les autres déficits. Les hommes d’affaires dans ce domaine et les grands groupes sont très courtisés à l’international. C’est d’ailleurs pour cela que l’image véhiculée par les médias à l’étranger est un facteur important dans la décision d’investir.

    Les touristes viennent aussi parce qu’ils se sentent en sécurité. Les attentats et les divers événements qui se sont produits ont affecté cette image. Heureusement pas très longtemps car les arrivées de touristes étrangers sont à la hausse. Même parmi les plus coriaces, les British ont fini par apprécier à nouveau le Maroc. Les efforts de promotion ont été très importants. Campganes de communication, multiplication des fréquences.. .

    Mais il faut également attirer des investisseurs. Pour attirer ces derniers, un club avait été créé en marge des dernières assises internationales du tourisme tenues en avril 2006 à Tanger. L’objectif principal de ce club était de rassembler dans une structure des hommes d’affaires potentiels et de transformer leur intérêt en volonté. Il s’agit également de créer un effet d’entraînement c’est-à-dire de permettre aux membres de faire de la promotion.

    Car la concession des stations n’est qu’une première étape du Plan. La construction d’hôtels, leur gestion et, en définitive leur commercialisation sont des maillons de la chaîne tout aussi capitaux. Le business plan prévoit, à terme, un investissement global de 46 milliards de dirhams sur l’ensemble des six stations. Ce qui correspondrait à 110.000 lits (dont 80.000 lits hôteliers). Une fois les hôtels construits, il faudra commercialiser la destination c’est-à-dire remplir les hôtels. C’est là la mission des tour-opérateurs.

    Les plus grands d’entre eux (TUI notamment) sont déjà présents au Maroc et drainent donc une clientèle vers cette destination. Il ne faudra pas s’arrêter là. Des niches restent à exploiter. Tourisme rural, de montagne et autres catégories de clients sont à séduire. Des agences de voyages se créent et se spécialisent dans des créneaux précis. Mais il faudra attendre longtemps pour que cela ait de véritables effets sur le flux touristique. Côté MRE, le gouvernement n’a toujours pas annoncé les mesures pour cette année 2007. On promet toutefois que ce sera pour la prochaine saison.

    Rappelons-nous, l’an dernier, la campagne dédiée à cette population avait été annulée quelques semaines avant les vacances d’été. Motif évoqué : le manque de capacités disponibles dans les destinations touristiques. Il semblerait que les hôteliers n’aient pas voulu suivre. Pourtant, cette cible tendra à être de plus en plus importante au cours des prochaines années.

    Source - Bled.Ma
     

Partager cette page