Le Maroc veut en finir avec la culture de cannabis d’ici 2018

Discussion dans 'Info du bled' créé par Info du bled, 15 Février 2009.

  1. Info du bled

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    L’interpellation d’une centaine de présumés trafiquants, dont des fonctionnaires de sécurité et des militaires, marque un tournant dans la stratégie de lutte anti-drogue. Fil des événements et perspectives.


    Nouveau rebondissement dans la lutte à grande échelle que mène actuellement le Maroc contre le trafic de drogue. Alors que l’opinion publique nationale et internationale suit les évolutions du plus grand coup de filet jamais réalisé dans la lutte anti-drogue, le ministère de l’Intérieur annonce l’avortement d’une opération de trafic de stupéfiants et de contrebande de cigarettes au niveau des frontières Maroco-algérienne. Dans un communiqué, les autorités marocaines indiquent que les trafiquants qui ont franchi clandestinement, durant la nuit du 17 janvier, la ligne de défense à hauteur du lieu dit «Oued Ennamouss», à 50 km au sud de la localité de Foum Zguid, dans la province de Tata, ont été détectés par les radars du 10e Bataillon de surveillance des frontières (BSF) des FAR. Le commandement des FAR a alors actionné une équipe d'intervention pour contrecarrer la tentative d'infiltration, opérée à bord de trois jeeps et une moto, ajoute le communiqué.

    Alertés par des complices, précise le ministère de l'Intérieur, les intrus ont tendu une embuscade à la patrouille dépêchée sur les lieux, en tirant avec des armes de guerre (kalachnikovs) plusieurs dizaines de cartouches, sans faire cependant de victimes. Devant la riposte des militaires marocains, les trafiquants se sont repliés vers l'Algérie. Les investigations entreprises suite à cette affaire, ont conclu à l'implication de huit individus dont un Mauritanien. Quatre d'entre eux ont été arrêtés, alors que les quatre autres, qui ont pu être identifiés, sont activement recherchés, ajoute la même source. Les personnes arrêtées seront présentées devant le Tribunal militaire permanent des FAR dès clôture de la procédure, poursuit le ministère.


    L'enquête a également permis d'établir, sur la base de témoignages concordants, que les trafiquants qui ont franchi la frontière, sont membres du Polisario. Originaires de Rguibat-Chargue, ils sont installés à Tindouf où ils opèrent dans le cadre d'un réseau de trafic de drogue et de contrebande de cigarettes qui s'active entre Tindouf et le Maroc, indique le communiqué du ministère. Il y a lieu de rappeler que le Maroc ainsi que des ONG internationales et des instituts spécialisés n'ont cessé d'attirer l'attention de la communauté internationale sur l'implication des éléments du Polisario dans des activités de trafic et de contrebande de toutes sortes, ainsi que sur les risques de dérive des mercenaires vers l'action terroriste dans la région, conclut le communiqué

    Gigantesque coup de filet

    La Brigade Nationale de la Police Judiciaire poursuit son enquête dans l’affaire du démantèlement du plus important réseau de trafic de drogue vers l’Europe. Cette opération a permis l’interpellation d’environ une centaine de personnes dont notamment «29 éléments de la marine royale, 17gendarmes et 23 éléments des forces auxiliaires et un soldat», indique des sources sécuritaires.

    Les prévenus qui ont été mis en examen au parquet de Casablanca, sont poursuivis pour «implication présumée dans la constitution d'une bande criminelle, trafic international de drogue, corruption et complicité de corruption et vol qualifié», a indiqué un communiqué du parquet. Le même document signale que le juge d'instruction chargé de cette affaire a ordonné «la mise en détention de l'ensemble des suspects, la mise sous scellé et le gel de leurs biens mobiliers et immobiliers, ainsi que de leurs comptes bancaires et ceux de leurs conjoints et de leurs descendants».

    Trente tonnes de cannabis

    On apprend également qu’au cours des dernières années, cette filière a exporté plus de 30 tonnes de cannabis vers l'Europe et plus particulièrement vers la Belgique et les Pays-Bas. Les trafiquants opéraient dans la région de Nador (nord). Les plages désertiques du littoral méditerranéen servaient de point de départ pour l'acheminement de la drogue. A bord de puissants pneumatiques, la drogue traversait la Méditerranée pour le sud de l'Espagne, où des trafiquants la récupéraient et la convoyaient vers la Belgique et les Pays-Bas. Le fil des événements remonte au 13 janvier lorsque le ministère de l'Intérieur avait annoncé le démantèlement d'un « important réseau » de trafic de drogue vers ces deux pays via l'Espagne. Et ce, suite à l'arrestation d'un important narcotrafiquant qui effectuait des expéditions de chira à partir de la région de Nador à destination des côtes espagnoles. Selon des sources judiciaires, le narcotrafiquant neutralisé effectuait ces expéditions pour le compte de commanditaires établis en Espagne, en Belgique, aux Pays-Bas et dans l'enclave occupée de Mellilia.

    ….Et autres 15 tonnes de drogue

    4,5 tonnes de drogue ont été saisies au nord-est du Maroc vendredi dernier, soit la plus grande quantité saisie en 2009. C’est ce qu’ont annoncé les autorités lundi. La quantité saisie était à bord d'une embarcation pneumatique à une vingtaine de kilomètres de Nador, indiquent les autorités marocaines qui font état d'une opération conjointe entre la gendarmerie et la marine. Près de 15 tonnes de drogue ont été saisies au Maroc depuis le début de l'année, relève-t-on.

    Quatre milliards d’euros !

    On estime à 1.200 le nombre de personnes qui ont été arrêtées en 2008 pour trafic international de drogue, dont 50% appartiennent à diverses nationalités (Espagne, France, Italie Pays-Bas et Belgique).

    Les saisies opérées au Maroc, durant cette même année 2008, ont totalisé 110,8 tonnes de haschisch, 33,5kg de cocaïne, 6,2kg d'héroïne et 43.510 unités de psychotropes. Ce qui équivaut à environ quatre milliards d'euros.

    Selon le ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, le Maroc a lancé une opération d'éradication de la culture du cannabis qui est passée en termes de superficies de 135.000 hectares il y a quelques années à 60.000 hectares l'année dernière et devrait se situer à près de 50.000 hectares en 2009. Et d’ajouter que «parallèlement à l'éradication des cultures illicites, les autorités publiques mènent des campagnes de sensibilisation des paysans à la nécessité d'opter pour des cultures alternatives légales et lancent de grands projets de développement générateurs d'emplois, notamment dans les provinces du nord du Royaume». «La coopération contre le trafic de drogue a toujours été présente dans les relations entre le Maroc et l'Espagne. Il est aujourd’hui important de renforcer la coordination entre les services de sécurité marocains et espagnols, sachant que les réseaux mafieux disposent de moyens logistiques importants, comme les embarcations, les aéronefs et les hélicoptères qui traversent facilement le détroit de Gibraltar», précise le département de l’Intérieur.

    0 cannabis en 2018

    La nouvelle stratégie de lutte anti-drogue menée par le Maroc « traduit la volonté d’extirper la culture de cannabis à l'horizon 2018 », indique-t-on. Et qui dit éradication du cannabis dit projets de développement du nord à travers notamment la promotion des cultures alternatives et l’aménagement de la rocade méditerranéenne. Dans ce cadre, les autorités marocaines intensifient les opérations d’éradications. Dans la région de Taounate, par exemple, 2.706 ha sur 2,900 ont été brûlés en août 2008. Selon les experts de l’ONU la production marocaine de cannabis a chuté sensiblement. Elle était de 1.070 tonnes en 2005. Selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), la production d’herbe a fléchi d’environ 8% par rapport à 2004, tandis que celle de résine a baissé de quelque 20% entre 2004 et 2006. Le véritable danger vient plutôt de l’expansion que connaît le trafic international des drogues dures….



    Source : lereporter.ma
     

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