Le ministre de la Justice pointe les faiblesses de son département

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 7 Mars 2006.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    Un ministre socialiste qui décline les réalisations et les projets de son département devant un parterre exclusivement istiqlalien est un fait tellement rare qu'il mérite d'être relevé. En effet, Mohamed Bouzoubaâ, ministre de la Justice, a choisi l'université du Parti de l'Istiqlal pour les études et la formation pour délivrer les contours du projet de réforme qu'il a mis en place dans son département. Ainsi, Mohamed Bouzoubaâ a rappelé que la première chose à laquelle il s'est attelé à son arrivée était de faire un «chek up» complet de la situation de la justice dans le Royaume.

    Ce travail a permis de relever les dysfonctionnements structuraux et les insuffisances dont souffre le secteur de la justice. Dans son exposé, le ministre a dressé un tableau sans concessions des faiblesses du secteur. Dans ce sens, il a souligné l'encombrement de la carte des tribunaux dans le Royaume.

    En effet, 290 institutions judiciaires et plus de 900 tribunaux de communes souffrent d'un manque d'encadrement et de ressources humaines. Ce qui a affaibli le suivi et le contrôle sur ces institutions.

    Parmi les autres tares qui handicapent la justice marocaine, Mohamed Bouzoubaâ a souligné le manque de professionnalisme des cadres et des responsables des tribunaux dû essentiellement à la nature de leur formation.

    Le ministre a fustigé par la même occasion l'enfermement de cette profession sur elle-même. La justice a aussi souffert du manque des moyens puisque ce département n'a bénéficié pendant plusieurs années que de 2 % du budget de l'Etat, ce qui a eu des répercussions sur les postes budgétaires et par là sur les promotions des juges.


    Devant cet état de fait, le ministère de la Justice a établi une "feuille de route" qui vise à relever les défis de l'établissement d'un Etat de droit et de la mise à niveau de la justice marocaine.

    Le programme du ministère repose, selon Mohamed Bouzoubaâ, sur six volets qui sont le renforcement de l'Etat de droit, la moralisation, la formation, la modernisation, la communication, l'ouverture de la justice sur son environnement et la coopération internationale.

    Concernant les institutions pénitentiaires, le ministre de la Justice a mis le doigt sur les efforts visant l'humanisation des prisons notamment par la diminution de l'encombrement au sein des prisons. Il faut rappeler que le Maroc dispose de 58 institutions pénitentiaires qui comptaient en 2005 quelque 50.000 prisonniers.

    En 2005 toujours, les prisons du Royaume ont enregistré deux millions de visiteurs et les prisonniers ont reçu 1 million 400 mille couffins.

    Karim Douichi
    Le Matin
     

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