Le pays du hash ravagé par l’héroïne

Discussion dans 'Info du bled' créé par karawan, 29 Septembre 2006.

  1. karawan

    karawan Visiteur

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    Si le Maroc est le premier pays exportateur du cannabis au monde. Si la «tradition» a toujours voulu que la délinquance soit associée aux joints et au karkoubi, la ville de Tétouan fait depuis quelques années exception.

    La «colombe blanche» vire vers une dépendance presque généralisée à la drogue la plus dure, la plus mortelle : l’héroïne.




    L’endroit est presque sombre. Deux bougies trônant sur deux petites bouteilles de coca, permettent à peine de distinguer les traits de quatre maigres silhouettes assises autour d’une table moisie. Un lourd silence règne quand l’une d’entre elles met sa main dans la poche et en sort deux minuscules paquets de la taille d’une allumette. Soudain, quelqu’un lance d’une voix basse pour ne pas perturber un silence «solennel»: “Alors, c’est de la bonne ?”. La réponse tarde un peu à venir mais elle vient soulager tous les présents : “Oui, elle est bonne !”. Une autre personne se précipite dans le noir vers une autre chambre et ramène un morceau de papier aluminium.

    Elle le divise en deux parties et d’un geste mécanique fabrique une espèce de tablette avec le premier bout tandis qu’une autre personne se saisit du deuxième bout et, à l’aide d’un mince crayon, confectionne un tube. Les deux minuscules paquets sont défaits avec beaucoup de soin et de la poudre blanche et marron est vidée sur la tablette d’aluminium. Une main tremblante s’en saisit et tout en maintenant le tube entre les lèvres, allume un briquet et le met au dessous de la tablette dont le contenu se met rapidement à chauffer. La poudre se transforme en liquide et commence à dégager une fumée qu’on s’active à humer à travers le tube. Une petite goutte se forme et, suivie à la trace par le tube, elle commence à faire des allers-retours sur la latte. Cette dernière passe de main en main et au bout de quelques minutes, le silence cède la place aux rires, aux discussions les plus diverses. On s’embrasse, se tapote le dos, pardonne les impairs, raconte ses rêves, rend hommage aux disparus et on ne blâme plus la vie : Les quatre héroïnomanes ont eu leur dose. Dans cette maison délabrée du quartier “Lichara” (l’un, sinon le quartier le plus chaud du nord du Maroc) l’euphorie durera entre trois et quatre heures.

    Cela fait 12 ans que M.S, propriétaire de la maison, est accro à l’héroïne. Au début des années 90 il résidait en Espagne avec sa femme et ses deux enfants. Il avait réussi, suite à de longues années de dur labeur dans le bâtiment, à s’offrir deux appartements dans sa ville natale : Tétouan. Aujourd’hui, M.S n’a plus rien : l’héroïne a ruiné sa vie. Refoulé d’Espagne, divorcé, il a vendu les deux appartements et s’est installé chez son père agonisant. Après le décès de ce dernier, M.S a vendu tout ce qu’il y avait dans la maison. Il y a deux jours, il a arraché les cadres en bois des portes des chambres et vendu le tout à 120 dhs : l’équivalent de 4 doses (le prix de la dose s’établissant aujourd’hui à Tétouan à 30 dhs). Dans un moment de “lucidité”, M.S donne son avis sur l’ampleur du phénomène. «C’est un véritable fléau» , dit-il, avant d’ajouter «Il me semble que tout le monde dans cette ville est devenu accro à l’héroïne. J’en connais des dizaines, hommes, femmes, jeunes et vieux. Ne vous laissez donc pas berner par les apparences». Un petit tour dans le même quartier (Lichara) permet de recueillir un témoignage étayant partiellement les propos de M.S.

    ImageVéritable enfer

    Agé de 52 ans, A.M est infirmier dans un dispensaire public et il est héroïnomane. Père de trois enfants, A.M n’a “découvert” l’héroïne qu’à l’âge de 50 ans. «Avant, j’étais accro au hasch. Ce dernier me permettait de combattre mon anxiété. Mais il a suffi que je m’essaie une seule fois à l’héroïne pour laisser tomber mes dizaines de joints quotidiens». Et, comme pour tous les héroïnomanes, les premiers moments d’intense plaisir et de sensations paradisiaques vont se convertir, au bout de quelques doses, en un véritable enfer. A.M devient accro et sa consommation devient de plus en plus importante. «Le malheur avec l’héroïne, c’est que jamais on ne s’en lasse. Un toxicomane peut dépenser tout l’argent qu’il a sur lui pour maintenir l’état d’euphorie». Quant aux risques du surdosage appelés aussi overdose, la majorité des héroïnomanes affirment qu’il n’existe que pour ceux d’entre eux qui s’aventurent à s’essayer à l’intraveineuse qui procure un effet immédiat.

    Dans le quartier “Touta”, la majorité des jeunes sont accros à l’héroïne. L’année passée, Y.C, un jeune de 26 ans a été retrouvé mort sous un arbre, une seringue enfoncée dans l’avant-bras. Quelque temps auparavant, un autre jeune du même quartier “Touta”, âgé de 23 ans, a été admis pour infection par une seringue dans l’hôpital public de “Saniet R’mel”. Il souffrira, selon ses amis proches, pendant plus d’un mois sans le moindre suivi médical et finira par mourir dans les conditions les plus inhumaines. A sa mort, son corps pesait 28 kilos. Trois cas de paralysie sont actuellement connus par tous les jeunes de “Touta” mais les autorités, semble-t-il, n’en sont pas avisées. De pareils cas existent aussi dans des quartiers tels Jamaâ Mezouak, Bario Malaga ou Jbel Derssa. Dans ce quartier le vécu quotidien renvoie automatiquement vers les quartiers chauds de “Bogota”. Car à “Jbel Derssa”, les dealers n’éprouvent aucune crainte à se dévoiler au grand jour et vont jusqu’à étaler leurs marchandises sur des tables en plein public aux coins des rues.

    Quant aux patrouilles de la police, quand elles ne sont pas sporadiques et sans aucune efficacité, elles sont aux abonnés absents. Un officier de la Police uudiciaire (P.J) de Tétouan n’essaie pourtant pas de trouver de prétextes : «D’abord Il faut savoir que nos effectifs n’ont aucune formation pour affronter un phénomène pareil. Un héroïnomane en manque peut facilement devenir meurtrier. J’ai moi-même assisté à un toxico qui s’est tranché la gorge avec une lame lorsqu’un policier s’est aventuré à l’accoster. Il ne faut donc pas se voiler la face. Nous avons peur!». Quant à la présence des Groupes urbains de sécurité (GUS), l’officier de la P.J est catégorique : «Les GUS n’ont qu’un pouvoir d’apparât. La plupart des éléments qui les composent sont frustrés et ne s’attaquent qu’aux accros, pauvres et sans force. Quant aux véritables dealers, ils ne sont même pas inquiétés. Pire, ils sont parfois protégés. Soyons clairs, le contrôle doit se faire à la base». La base, c’est la Diwana ou Bab Sebta, la frontière entre le Maroc et l’enclave de Sebta. Chaque jour, des dizaines de milliers de personnes traversent cette zone, généralement à pied.

    Pour la plupart, ce sont des contrebandiers connus par les douaniers et leurs tarifs de passage sont connus. A Bab Sebta, un officier de la douane affirme n’avoir opéré aucune prise d’héroïne depuis 13 mois. Et encore, la prise en question n’était pas le fruit d’un contrôle mais d’un “caftage”. Car il faut dire qu’aucune mesure de sécurité n’est entreprise à Bab Sebta. Les milliers de gros paquets que transportent les porteurs (généralement des femmes) de l’enclave vers Tétouan ne subissent aucun contrôle douanier.

    Absence de contrôle

    Sachant qu’un gramme d’héroïne est réparti en 24 doses, combien un paquet de 50 ou 60 Kilos transporté par un porteur peut éventuellement contenir ?

    Afin de cerner davantage le circuit, il faut se rendre d’abord au quartier “Rosales” de Sebta. Ce dernier est le point de chute de tous les toxicos de l’enclave. Dans ses ruelles étroites, le business est généralement une affaire de famille et, bizarrement, de femmes. Juste à côté du Rosales, un terrain vague surnommé “El Patio” sert de fief pour tous les drogués de la ville de Sebta et surtout des criminels les plus recherchés. En remontant le “Rosales”, le quartier “Pantera” se dévoile avec, lui aussi, ses propres gangs et ses propres dealers. Mais c’est surtout au quartier “Principe” que le commerce d’héroïne fleurit. Ici, des “experts” en matière de chimie font en sorte que la drogue soit coupée avec des dizaines d’autres éléments généralement toxiques sans que le consommateur ne sente la différence. Une dose d’héroïne à Sebta se vend à 2 euros pour être revendue à 30 dhs au Maroc.

    Le jeu en vaut-il la chandelle pour les dealers ? “Certainement”, assure un ancien dealer devenu actuellement accro. «Il faut savoir qu’un paquet (un gramme) contenant 24 papelas (doses) peut être écoulé en même pas dix minutes. Je vous laisse le soin de comparer avec la vente du haschisch et de faire le compte». Ces propos sont confirmés par un officier de la police qui fait savoir que «durant les trois dernières années, on assiste à la multiplication des points noirs dans la ville de Tétouan. On assiste aussi à un phénomène qui est aussi de nature à expliquer cette brusque prolifération de l’héroïne : presque tous les dealers qui, auparavant, vendaient du haschich se sont convertis aujourd’hui au business de l’héroïne».

    Un deuxième circuit de trafic d’héroïne trouve sa base à Nador, la ville la plus proche de l’autre enclave : Melilia. L’héroïne prend la destination de la région de Ketama pour atterrir au douar de Khmiss Issaguen où elle est largement disponible et draine autant de dealers que de toxicomanes. Dans cette région, cette drogue, qui a l’avantage d’être facilement dissimulable, échappe aux contrôles qui sont généralement axés sur le trafic du cannabis.

    Ce même trafic qui, paradoxalement, est parmi les raisons essentielles de la propagation de l’héroïne dans le nord du Maroc. Car il faut savoir que, durant les dernières années, plusieurs barons de cannabis écoulent une partie de leur marchandise en contrepartie de cocaïne et d’héroïne. L’objectif étant d’entretenir et de consolider leurs relations avec les mafias des quatre coins du monde.

    Et pendant ce temps, l’absence totale de contrôle, la grande disponibilité, et donc la chute des prix de l’héroïne, combinés à l’oisiveté et à la frustration dans laquelle baigne la majorité écrasante des jeunes du Nord, font que le phénomène, telle une gangrène, gagne chaque jour du terrain. Aussi, l’inexistence d’associations de sensibilisation et la carence, tant en termes de ressources matérielles qu’humaines dont souffrent les infrastructures de santé font-elles en sorte que l’addiction à l’héroïne est une bombe à retardement qui, et tout semble l’indiquer, va exploser dans un avenir très proche.


    http://www.lejournal-hebdo.com/sommaire/index.php?option=com_content&task=view&id=1305&Itemid=32
     
  2. karawan

    karawan Visiteur

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    Re : Le pays du hash ravagé par l’héroïne

    La meilleur papelas hiya el 9ahwiya oula el ka7la el momo dial el momo.

    Wa kaynine chi islamiyine jaboha men blastha ti bi3o fiha tama

    wa la ina hada mounkar

    on ne c plus quel islam on suit
    Dial la7ya
    dial allah
    dia :(
     
  3. dj abdo

    dj abdo Guest

    Re : Le pays du hash ravagé par l’héroïne

    lah ykharaj had denia 3la kher,lmochkil howa anho taman dyal had labla rali,o nas malkat matakol,bach anahom ytblaw bih,hada fleo kan salto lah 3la hadok lmirikan o jiranhom f lharb 3la lmsalmin, ama droka 3la lamgharba fa hada howa lhaja li kant dima tangol maymkan tra,tantmana yebka tamanha raaaaaaali,bach maygad 3liha had.
    laahoma ltif bina [57v]
     
  4. michele2010

    michele2010 Visiteur

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    Re : Le pays du hash ravagé par l’héroïne

    ta ra lmoskha akhtar haja molaha meskin ghir sallam 3lih... taywali zri9a b ma3na lkalima li chdato tatb9a 3lih tatsali m3ah....iwa lah yeltaf bina
     
  5. karawan

    karawan Visiteur

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    Re : Le pays du hash ravagé par l’héroïne

    Michelle2010 tu sais qui la ramene au blad c'est les islamistes, on ne va pas me contredire car c'est ville est repute de son cartel bien organise, elle fait son trajet de l'iran vers l'afrique du nord en demarent par l'egypte et pourquoi les islamistes, c'est de leur sejour en afganistan, bref on cause trop politique. Les quartiers sites je les ai connu comme touriste et si ils disent qu' un filc ne peut pas appliquer la loi ,ils n'ont pas tord j'assistais a des scenes de psycho vraiement psycho et ces quarties je vous assure que c'est peuple que des islamistes (La7aya). Et n'oubliez pas l'affaire binlouidane et sa generositee vers les islamistes


    ALLAH YI HFAD MEN CHI GUERILLA
     

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