Le petit prince

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par @@@, 29 Mai 2010.

  1. @@@

    @@@ Accro

    J'aime reçus:
    252
    Points:
    83
    [​IMG]


    Moulay El Hassan a sept ans. L’héritier du trône est aujourd’hui devenu une “personnalité publique”. Comment est-il préparé pour devenir le 24ème monarque de la dynastie alaouite ?


    Une famille (presque) ordinaire

    Pour le septième anniversaire du prince Moulay El Hassan, le Palais royal a fait fort en terme de communication. Sur la photo officielle, le prince héritier ne pose pas sagement devant l’objectif du photographe. Il plonge littéralement dans son gâteau d’anniversaire.

    Dans les bras de son père, il tente de souffler ses bougies, sous le regard amusé de sa mère et de sa sœur, les princesses Lalla Salma et Lalla Khadija. Pour l’occasion, Mohammed VI s’est lui aussi débarrassé de son costume officiel, lui préférant un simple T-shirt noir et un jean délavé.

    Selon toute vraisemblance, la photo a été prise dans les jardins de la résidence royale à Rabat qui a abrité les festivités. “Lorsqu’il reçoit dans un cadre privé, Mohammed VI est souvent en tenue décontractée et veille personnellement sur tous les détails, affirme cette source qui a déjà été invitée à la table du monarque. On le sent très proche de sa famille.

    Ce n’est d’ailleurs pas le premier cliché qui le montre ainsi en compagnie de son fils ou de son épouse”. Quelques mois après la naissance du prince héritier, en effet, la (petite) famille royale posait déjà, tout sourire, dans les allées de la résidence de Dar Essalam. De même à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance du royaume, en 2005. Une image de famille (presque) ordinaire que Mohammed VI a sans cesse cultivée depuis son mariage en 2002. “C’est aussi cela le style Mohammed VI.

    Le roi n’a jamais caché son attachement à sa petite famille. Il a même déjà déclaré que c’était essentiel à son équilibre et qu’il s’impliquait personnellement, ainsi que son épouse, dans l’éducation du futur roi du Maroc”, affirme cet observateur. Il faut dire que le style de vie de la famille royale a radicalement changé depuis l’ère Hassan II.

    Mohammed VI préfère l’intimité des résidences privées aux fastes des palais royaux… même si cela n’est pas toujours facile à vivre. N’avait-il pas déclaré à Paris Match que “le soir venu, nous devons parler doucement pour ne pas réveiller le prince héritier” ?


    Autre révolution au sein de la famille royale : la mère de Moulay El Hassan est désormais une personnalité publique. Cela lui permet d’être encore plus présente à ses côtés, y compris lors de cérémonies officielles ou de réceptions privées. Selon des sources internes au Palais, “Lalla Salma n’hésite pas, quand son agenda le lui permet, à aller récupérer ses enfants à l’école au volant de son 4x4 et à s’occuper personnellement d’eux”.

    Le prince héritier aurait-il donc une vie de famille ordinaire ? “Rien n’est ordinaire au sein du Palais royal, affirme cet observateur. Mais l’on peut dire que ses parents sont plus disponibles que ne l’ont été ceux de Mohammed VI par exemple”. En plus, Moulay El Hassan serait également très proche de son oncle, le prince Moulay Rachid qui lui rend souvent visite.


    Un collège sur mesure

    Comme tous les autres membres de la famille royale, le prince Moulay El Hassan fréquente, depuis deux ans maintenant, le fameux collège royal de Rabat. Une institution bientôt septuagénaire qui a vu passer sur ses bancs tous ceux qui font le Maroc d’aujourd’hui.

    La classe de Moulay El Hassan compte cinq élèves, triés sur le volet mais dont on sait très peu de choses finalement. Sur quel critère ont-ils été choisis ? L’accompagneront-ils jusqu’au bac ? Mystère. “Il est encore trop tôt pour répondre à ce genre de questions.

    Je ne crois pas que cela se décide au primaire, répond notre observateur. Fouad Ali El Himma n’a, par exemple, rejoint la classe de Mohammed VI qu’à l’âge de 14 ans. Hassan II avait veillé à entourer son fils d’élèves brillants provenant de toutes les régions du pays. Il n’est pas sûr que Mohammed VI fasse le même choix”.

    Au collège royal, deux équipes s’occupent de la classe de Smit Sidi. La première est composée de professeurs de langues, de maths, d’histoire et d’éducation religieuse. La deuxième est entièrement dédiée à l’encadrement des activités parascolaires du groupe du prince héritier… qui n’a pas encore montré de véritable penchant pour une activité particulière.

    Interrogé sur son intérêt pour la peinture par exemple, il a poliment répondu s’y “intéresser un peu”. Au terme de ses deux premières années d’études, le futur roi du Maroc parle déjà arabe et français, en plus de quelques notions d’anglais et d’espagnol (une langue apparemment chère à sa maman).


    Des apparitions peu anodines

    Depuis quelques années, les apparitions du prince héritier sont de plus en plus fréquentes. “C’est le roi Mohammed VI qui décide de l’associer ou non à des évènements particuliers, explique une source proche du Palais royal. Il le fait d’ailleurs progressivement, de manière à ne pas perturber sa croissance et à l’habituer doucement à son rang de prince héritier”.

    La première sortie publique de Moulay El Hassan date d’ailleurs du 15 février 2004. Il a alors tout juste huit mois. Il assiste, dans les bras de son père, à la réception de l’équipe marocaine de football, finaliste de la CAN 2004 en Tunisie. Il pose au côté d’un grand ami de la famille, le général Housni Benslimane.

    Ce caractère familial semble d’ailleurs être le fil conducteur de toutes les futures apparitions du prince héritier. En novembre 2005, il assiste au cinquantenaire de l’indépendance du royaume à Rabat, entouré de tous les membres de la famille royale qui se laissent joyeusement photographier à ses côtés. En janvier 2008, il a presque cinq ans lorsqu’il accueille, à leur descente d’avion, le roi Abdallah et la reine Rania de Jordanie… réputés très proches de la famille régnante marocaine.

    Quelques mois plus tard, en mars 2008, c’est un autre membre de la grande famille royale (Moulay Taïeb Cherkaoui) que Moulay El Hassan voit promu en tant que premier président de la Cour suprême. Il assiste ainsi à sa première audience officielle, sagement accoudé au fauteuil de son père.

    “Lors de toutes ces réceptions, analyse un politologue, il apparaît que le roi Mohammed VI associe le prince héritier à des événements qui lui tiennent particulièrement à cœur ou pour recevoir des personnalités à qui il voue une certaine affection. La présence du prince héritier est, du coup, perçue comme un cadeau royal, un signe supplémentaire de proximité et de confiance”.

    Moulay El Hassan est ensuite devenu un habitué de certains grands évènements annuels. C’est notamment le cas du Salon de l’agriculture de Meknès et (dans une moindre mesure) le Salon du livre de Casablanca.

    En 2007, le petit prince s’est ainsi longuement baladé dans les allées du salon agricole de la capitale ismaélienne… ignorant superbement les règles du protocole royal. “Le roi et son fils devaient suivre un tracé particulier mais comme tous les enfants de son âge, Moulay El Hassan était attiré par tous ces animaux qui l’entouraient. Il a donc voulu s’en approcher et le roi a parfaitement joué le jeu. Problème : il pleuvait des cordes ce jour-là. Il y avait donc de la boue partout. Les beaux costumes de nos officiels s’en souviennent encore”, rapporte un témoin qui était sur place.

    En 2010, Moulay El Hassan est revenu au Salon de Meknès (mais sans Mohammed VI) et s’y est promené en compagnie de ses copains de classe. Une manière de le préparer à ses premières missions officielles ? Sans doute. Mohammed VI n’avait-il pas représenté son père aux funérailles du président français Georges Pompidou alors qu’il avait tout juste 11 ans ?


    Tu seras roi, mon fils !

    Al Hoceima, le 29 juillet 2009. Mohammed VI s’adresse à la nation à l’occasion de la fête du trône. Mais avant même de commencer, ce discours devient déjà historique. A droite du roi Mohammed VI en effet, un petit bonhomme en costume bleu marine attire l’attention de tout le monde. Le prince héritier assistait ce jour-là à son tout premier discours officiel. Pendant près d’un quart d’heure, il est resté sagement assis sur son siège, montrant de temps à autre quelques signes d’impatience.

    “Contrairement à Hassan II, Mohammed VI puis Moulay Hassan sont nés princes héritiers”, note ce professeur de droit constitutionnel. Au lendemain de l’indépendance en effet, Mohammed V a attendu le 9 juillet 1957 pour proclamer officiellement son fils aîné (28 ans à l’époque) en tant que prince héritier.

    Quelques années plus tard, Hassan II verrouillait définitivement le mode de transmission du trône chez les Alaouites. L’article 20 de la Constitution stipule, en effet, que “la Couronne du Maroc et ses droits constitutionnels sont héréditaires et se transmettent de père en fils aux descendants mâles en ligne directe et par ordre de primogéniture de Sa Majesté le roi Hassan II”.

    L’expression “père de la nation” prend ainsi tout son sens. De son vivant, le roi peut également désigner son successeur parmi ses autres fils mais Hassan II ne s’y est jamais hasardé.

    En tant que prince héritier, Moulay El Hassan devra bientôt commencer à représenter son père lors des évènements locaux et internationaux, voire à effectuer des voyages initiatiques un peu partout dans le monde.

    Mohammed VI avait par exemple effectué sa première “tournée africaine” à l’âge de 17 ans. Et à chaque fois, Hassan II veillait à ce que des militaires, des intellectuels et des responsables politiques de différents bords l’accompagnent durant ces voyages. Le prince héritier est ensuite censé occuper, à partir d’un certain âge, des postes officiels de responsabilités.

    Mohammed VI a par exemple été coordinateur des bureaux et services de l’État-Major général des Forces armées royales avant de devenir général de division en 1994.

    Mohammed VI suivra-t-il le même chemin dans l’éducation de son fils ? Le gardera-t-il dans son ombre ou le poussera-t-il à assumer pleinement ses responsabilités d’héritier du trône ? Réponse dans quelques années.




    http://www.telquel-online.com/424/actu_maroc1_424.shtml
     

Partager cette page