Le poisson marocain de nouveau sur les plats espagnols

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 10 Novembre 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    Le poisson ne fait plus le mauvais plat dans le menu des relations maroco-espagnoles. Le réchauffement des relations bilatérales en matière de pêche était sensible depuis la conclusion récemment d'un nouvel accord de coopération entre le Maroc et l'Union européenne. Maintenant, c’est officiel, les deux parties s’élancent désormais dans une phase de coopération prometteuse. L’échange d’expériences et d’expertise, la coopération scientifique, les échanges commerciaux, autant de domaines qui feraient l’objet d’une stratégie gagnant-gagnant, dit-on aussi bien à Rabat qu’à Madrid.

    Les visites de part et d’autre et les séances de travail qui prennent de plus en plus de l’ampleur, instaurent davantage un climat de confiance et une volonté mutuelle d’aller de l’avant dans ce secteur stratégique pour le développement socio-économique dans les deux pays.
    L’intense activité menée, deux jours durant, par la ministre de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation, Mme Elena Espinosa ainsi que les déclarations données lundi conjointement avec son homologue marocain Mohand Laenser, lors d’un point de presse, prouvent que le temps est à la coopération fructueuse. Le rehaussement du niveau de coopération scientifique et technique est à l’ordre du jour. La mise à niveau du secteur halieutique ne figurait-elle pas dans le cahier revendicatif marocain formulé dans le passé à l’endroit de l’UE?
    Premiers résultats concrets de ces nouveaux vents de synergie qui soufflent, l’entreprise par deux sociétés espagnoles à partir de ce 13 novembre au large du Maroc d’une opération d'évaluation des ressources halieutiques. Et pour que cette brèche ne reste pas orpheline, les deux parties se sont mises d’accord qu’une autre compagnie ibérique procède prochainement, en haute mer, à l'examen de la qualité du poisson et des possibilités de sa commercialisation. Autre point positif, les experts des deux parties devront se pencher sur l’élaboration de projets concernant l'aquaculture, la promotion de la pêche artisanale, la promotion des compétences humaines, le renforcement des infrastructures de pêche et de commercialisation des produits de la mer.
    Un bon prélude, surtout, et il ne faut l’oublier, qu’on revient de très loin.
    Le Maroc, quant à lui, représenté par son Premier ministre Driss Jettou, a relancé certaines de ses aspirations concernant l’échange d’expériences. A l’issue d’une rencontre avec la ministre espagnole, M. Jettou qui a affiché la volonté du Maroc de développer sa technologie et ses techniques en matière de pêche, a fait part de "l'importance de renforcer" la coopération bilatérale notamment en matière de "modernisation des techniques agricoles et de commercialisation des produits de la mer".
    Et dans la même optique, son ministre de l’Agriculture et de la Pêche a fait savoir la volonté de son département de s’inspirer de l'expérience espagnole pour mettre en place un régime d'assurance-agricole au profit des agriculteurs marocains. Ce modèle, qu’il dit, réussi en Espagne contribuera à soutenir les agriculteurs marocains en cas de catastrophes comme la sécheresse ou les inondations.
    Outre la pêche, les deux délégations ont aussi mis l’accent sur le volet agricole, notamment le domaine de l'élevage. Dans ce cadre et vu le contexte actuel dans lequel se déroulent ces entretiens, les deux parties ont focalisé leurs discussions sur la question de la santé animale qui, selon la responsable espagnole, revêt une importance capitale en raison notamment du problème de la grippe aviaire. Aucun cas de grippe aviaire n’a été déclaré dans les deux pays, cependant, la vigilance, la coordination et l'échange d'informations restent de mise, a ajouté Mme Espinosa en substance.
    Voilà un dossier, auparavant conflictuel entre le Maroc et l’Espagne, qui commence à creuser son bonhomme de chemin vers des horizons fructueux au profit des deux pays. Si tout le monde, ou presque, s’accorde à qualifier la coopération bilatérale de "positive et encourageante", c’est qu’on est sur la bonne voie. Tout l’espoir que le même esprit régit les autres dossiers en suspens.

                                                                                           Nouri Zyad
    LIBERATION

     

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