Le pouvoir d’achat des citoyens menacé

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 23 Mai 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    A partir de juin prochain, le tarif du transport public de marchandises sera augmenté de 8 %. Cette décision vient d’être prise, jeudi dernier, par la Fédération du transport relevant de la CGEM, et ce, en réaction à la hausse des prix des carburants intervenue le 16 mai.

    De l’avis des experts économiques, cette hausse des prix du transport de marchandises aura certainement des retombées négatives sur l’économie marocaine. Elle aurait des effets sur les prix surtout de produits alimentaires, ce qui va se répercuter négativement sur le pouvoir d’achat des citoyens, qui est déjà faible.

    Le secteur de transport ne serait pas le seul à être touché par la hausse des prix de carburants. Pour les analystes, face à cette situation, les autres secteurs comme le tertiaire et le secondaire iraient eux- aussi répercuter cette hausse sur les prix de vente. Ce qui se répercuterait négativement sur le panier de la ménagère.

    Le marché de l’emploi serait, lui- aussi, affecté par cette augmentation des prix de carburants. Les prochaines assises sur l’emploi, prévues durant cette année, seront d’ailleurs une occasion pour mettre en place des mesures adéquates pour faire face au chômage surtout des jeunes diplômés.

    C’est dire que la hausse des prix de carburants risque, par la force des choses, de pousser aussi les autres secteurs de l’économie marocaine à la répercuter sur leur prix de vente. Et ce pour un seul argument : ajustement des prix. C’est en tout cas ce qu’a souligné le président de la Fédération de transport : “Cette hausse constitue un ajustement des prix, le transporteur ne peut en aucun cas subventionner les autres secteurs de l’économie. Elle va permettre uniquement au transporteur d’exercer sa profession dans les mêmes conditions qui prévalaient avant cette augmentation, sachant pertinemment que les prix appliqués actuellement sont déjà très bas par rapport à la réalité des coûts et des charges que le transporteur supporte�.

    Et d’ajouter dans le même sillage que la Fédération a l’intention d’engager des discussions avec le ministère du transport sur des mécanismes permanents à mettre en place pour réguler, de façon automatique, les répercussions des prix sur le secteur du transport. Pour lui, des indices font état d’une future hausse du prix du baril du gasoil sur les marchés internationaux, ce qui entraînerait la nécessité de mettre en place ces mécanismes.

    Interrogé sur l’éventualité de la non- application de cette hausse de 8 %, le président de la Fédération du transport a tenu à souligner qu’au moment où “on impose aux transporteurs un surcoût, ils seront certainement tentés de procéder à des surcharges, mettant ainsi en danger le véhicule en circulation, ce qui ne manquera pas de dégrader les infrastructures routières et d’entraîner un surcoût pour la productivité�.

    De même, le transporteur, dans sa lutte pour la survie avec les surcoûts, serait obligé de recourir à l’exercice illégal de la profession avec le non-respect de la réglementation en vigueur et des fuites en avant (la surcharge, les prix bas, les délais de paiement allongés...), ce qui nuirait à la productivité d’un secteur colosse, a mis en garde ce professionnel du secteur.

    Il est à rappeler qu’ à la suite de la flambée des cours de pétrole sur les marchés internationaux, les prix de vente de base des produits pétroliers sont fixés à compter du 16 mai comme suit :

    *Essence super : 9,85 DH le litre, soit une hausse de 50 centimes, +5,3 %.

    *Essence ordinaire : 9,45 DH le litre, soit une hausse de 50 centimes, +5,6 %.

    *Pétrole lampant : 6,46 DH le litre, soit une hausse de 50 centimes, +8,4 %.

    * Gasoil : 6,46 DH le litre, soit une hausse de 50 centimes, +8,4 %.

    *Gasoil 350 : 7,70 DH le litre, soit une hausse de 50 centimes,+ 6,9 %.

    *Fuel industriel : 2.581,00 DH, soit une hausse de 500 DH, +24 %.


    * Butane (bouteille de 12 kg) : 40 DH la bouteille, pas d’augmentation.

    * Butane (bouteille de 3 kg) : 10 DH la bouteille, pas d’augmentation.

    Avec la hausse des prix des carburants, en général, et des tarifs de transport de marchandises, en particulier, c’est le pouvoir d’achat des citoyens qui est menacé.

    A. CHANNAJE
    source: l'opinion
     

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